Paiement sans contact : quand les jeunes pousses passent à l'attaque

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Skimm dr
Skimm dr (Crédits : Skimm dr)
L'application Skimm transforme les smartphones en portefeuille électronique. La startup éponyme vise en priorité un public étudiant et ne recule pas face à des concurrents comme Google.

A vos marques, prêt... Skimmez ! Skimm est une application disponible gratuitement sur l'iTunes Store ainsi que sur Google Play permettant de payer en magasin, sur internet, ou de transférer de l'argent à ses proches... Tout cela par l'intermédiaire de son smartphone.
Elle est accessible à tous, quelque soit la banque de l'utilisateur ou son opérateur téléphonique. Après avoir renseigné ses coordonnées bancaires, le client finalise son paiement en scannant un QR code, autrement dit un code barre en deux dimensions, généré automatiquement par le système de Skimm pour chaque transaction. Technologie pour laquelle la société a déposé deux brevets.

Objectif : 20 000 utilisateurs actifs pour 200 commerçants d'ici à la fin 2012

Lancée en Février 2012, la startup fédère d'ores et déjà 3000 « skimmeurs », les utilisateurs actifs de l'application, qui peuvent s'en servir auprès de 30 commerçants en région parisienne. Parmi lesquels, des restaurateurs franchisés tels que Subway ou Lina's. Et en sept mois, l'application a généré un volume de transactions de 140 000 euros.
D'ici à la fin de l'année, la société espère atteindre un volume de transactions de 150 000 euros par mois, pour toucher 20 000 « skimmeurs » dans un réseau de 200 commerçants.
La société est d'ailleurs en discussion avec les franchiseurs (Subway notamment) pour rendre le paiement via Skimm disponible dans tous les restaurants de la capitale. Une extension à la province est prévue pour 2013, et même à l'étranger à l'horizon 2014.

Les étudiants en ligne de mire

Fondée sur les bancs de Sciences Po Paris en mai 2011, la startup veut d'abord parler à ses homologues étudiants. « Depuis février 2012, Skimm s'est associée à une dizaine d'universités en région parisienne, dont Sciences Po, Assas, et Jussieu. A la rentrée, nous aurons 15 universités partenaires, y compris la Sorbonne. A cette occasion, nous annonçons que l'application pour iPhone a été complètement revue » précise Valentin Lautier, co-fondateur et directeur général de Skimm.

Si la société s'intéresse tant à la communauté étudiante, c'est parce qu'elle pense avoir trouvé chaussure à son pied... Tout d'abord, les universités et les campus d'écoles constituent des écosystèmes en eux-mêmes (avec leurs associations, soirées et commerces de proximité). La cible y est donc facilement atteignable.
Mais le combat n'est pas gagné... Un sondage IFOP de Janvier 2012 indique que 64% des français restent réservés à l'égard du paiement sans contact. Néanmoins, à l'heure de la génération Y, les jeunes sont souvent moins réticents à l'usage des nouvelles technologies.

Les rémunérations proviennent des commerçants

La société se rémunère essentiellement grâce à une commission à la charge du commerçant, l'application restant totalement gratuite pour le particulier. Ainsi, le commerçant se voit soit facturer un pourcentage sur chaque transaction, variant entre 0,3 et 3 %, soit souscrire à un forfait, allant de 50 à 150 euros par an. Mais grâce aux offres de réduction, il peut fidéliser sa clientèle.
Le modèle fait fortement penser à S-Money, l'application développée par le groupe BPCE (Banque Populaire Caisse d'Epargne) dont le lancement est prévu au début 2013. Ou plutôt « c'est S-Money qui rappelle précisément Skimm et pas l'inverse » se targue Valentin Lautier.

Un combat de « David » contre « des Goliaths »

La startup a pour l'instant un chiffre d'affaires assez négligeable, mais l'application n'a vu le jour qu'en Février dernier. Juste avant, 300 000 euros avait été levés auprès de business angels. Skimm avait auparavant reçu le soutien de l'incubateur de Sciences Po et d'Oséo. Aujourd'hui, le capital de la startup se chiffre à 358 000 euros, sachant qu'au départ, les fondateurs avaient réuni 51 000 euros environ grâce à des prêts étudiants. Skimm a également fait partie de la seconde édition du camping, organisé par le ministère des finances, où elle a pu présenter son idée à des représentants de Google ou de Facebook.

De potentiels concurrents pour la jeune pousse, qui ne se démonte pas... Valentin Lautier qualifie même Skimm d'un « David » contre des « Goliaths », qui se multiplient.
Et de poursuivre : « Skimm a un avantage stratégique en étant une petite startup car nous disposons ainsi d'une plus grande flexibilité. BPCE, par exemple, a travaillé trois ou quatre ans sur l'application S-Money, quand nous avons mis un peu moins d'un an à développer Skimm ».

 

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Commentaires
a écrit le 22/08/2012 à 16:35 :
150 000? de flux par mois est un objectif a atteindre d'ici décembre 2012, pas un rythme de croisière à terme.
Ceci étant, nous construisons aujourd'hui un business model qui sera amené à se distancer de la commission pour se concentrer sur d'autres pistes a plus forte valeur pour notre réseau accepteur.
a écrit le 22/08/2012 à 16:09 :
150 000 ? de flux par mois x 3% de commission x 12 mois = 54 000 ? de CA par an.
Un business model basé sur de la commission est-il viable?
Avez vous d'autres pistes de revenus?
a écrit le 22/08/2012 à 13:32 :
il faut avoir 1 smartphone , sinon c' est malin , allez les jeunes...

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