Les grandes banques au secours de l'Espagne

Les trois premières banques espagnoles, financièrement très solides, vont aider l'Etat à résoudre les difficultés des caisses d'épargne mais aussi des régions.
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Toutes les banques ne vont pas mal en Espagne. Les trois premiers groupes du pays affichent même une belle solidité financière. Et heureusement, car l'Etat ne peut se passer de leur aide.

Santander, BBVA et Caixabank à la rescousse des régions

Fort des audits des consultants Oliver Wyman et Roland Berger, et des analyses du FMI, le Gouvernement de Mariano Rajoy insiste depuis des mois sur la solvabilité des trois principales banques du pays : Santander, BBVA et CaixaBank. Ce, même dans le cadre du pire scénario envisagé par Oliver Wyman pour les stress tests qui seront rendus publics le 28 septembre prochain.

Leur solidité financière va d'abord permettre à l'Etat de porter secours aux régions incapables de rembourser leurs dettes d'ici fin décembre. Le Trésor a ainsi lancé une émission privée de 3 milliards d'euros vendredi à laquelle ont participé, entre autres, les trois premières banques du pays, selon nos informations. Cette émission sera suivie d'une autre, mi-octobre, de 5 milliards d'euros. Ces 8 milliards serviront à l'Etat pour financer une partie du fonds de 18 milliards d'euros destiné à sauver les régions en menace de faillite. L'apport des banques domestiques était indispensable alors que l'appel aux marchés reste risqué.

De fait, ces derniers mois, les banques, fortes, notamment, des liquidités obtenues grâce aux LTRO de la BCE (depuis fin août, elles ont de nouveau accès aux marchés) ont été les principales acheteuses de dette espagnole, alors que les investisseurs étrangers la fuyaient et que, depuis cet été, même les autres investisseurs domestiques lui tournaient le dos à cause des baisses de rating.

 

Les trois banques vont soutenir la création de la "bad bank"

D'après la presse, le Gouvernement compte aussi sur les grandes banques pour l'aider à la mise en place de la fameuse 'bad bank', pilier de la recapitalisation du système bancaire grâce aux 100 milliards d'euros mis à disposition par l'UE. Cette structure de gestion d'actifs (SGA) vers laquelle seront transférés les actifs problématiques, notamment immobiliers, des banques nationalisées, doit en effet être contrôlée à plus de 50% par des investisseurs privés.
Or, comme le soulignait Jeudi Francisco González, président de BBVA, « il faut être très réaliste : le capital international ne va pas entrer ici facilement ». Et d'ajouter : « C'est pourquoi je pense que BBVA et toutes les banques fortes seront ouvertes » à une participation, en tant qu'actionnaires ou via l'apport d'actifs à la structure. Pour l'instant, néanmoins, Santander refuse de se prononcer sur une telle possibilité. Chez BBVA, on précise que la participation de la banque dépendra des conditions qui y seront assorties. Le prix des actifs transférés et l'ampleur de la 'bad bank' devraient être connus la semaine prochaine.

Et racheter les caisses d'épargne en perdition...

Enfin, l'aide des banques les plus solides apparaît indispensable à l'achèvement de la consolidation du secteur. Celle-ci passe notamment par la disparition des entités les plus fragiles, notamment des caisses d'épargne. Gonzalez considère que BBVA ne pourra éviter de participer à ce mouvement en rachetant des entités non viables.
Mais là encore, tout dépendra des conditions de la « résolution ordonnée » de ces établissements. Jusqu'à présent, BBVA (aidée par le Fonds de Garantie des Dépôts) et CaixaBank ont déjà absorbé respectivement Unnim et Banca Cívica. Santander s'est présenté à plusieurs opérations sans succès. Les conditions de l'éventuelle vente des entités nationalisées non viables seront connues en octobre.

 

 


 

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Commentaire 1
à écrit le 24/09/2012 à 13:51
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On peut rêver. Mais cela m'étonnerait que toutes les caisses soient "sauvées"...

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