Les banques de financement et d'investissement vont encore couper 40.000 têtes

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UBS et d'autres banques de financement et d'investissement ont supprimé 15.000 postes, au total, depuis la mi-2011. Copyright Reuters
UBS et d'autres banques de financement et d'investissement ont supprimé 15.000 postes, au total, depuis la mi-2011. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Les activités de marché des banques devraient supprimer 8% de leurs effectifs dans les toutes prochaines années, à l'échelle mondiale, selon le cabinet Roland Berger.

Recrutés en masse et à prix d'or par les grandes banques ces dernières années, les étudiants des grandes écoles d'ingénieurs rêvent-ils encore de travailler dans la finance de marché? Il faut espérer qu'ils caressent d'autres ambitions, sans quoi leur désillusion serait terrible. Car les banques de financement et d'investissement (BFI) devraient supprimer 40.000 postes dans le monde, soit 8% des effectifs du secteur, au cours des toutes prochaines années, selon le cabinet Roland Berger. Et ce, après avoir déjà «coupé» 15.000 têtes depuis la mi-2011, un nombre auquel s'ajoutent 25.000 suppressions de postes annoncées, mais non encore effectives, comme celles récemment dévoilées par la banque suisse UBS.

Des problèmes structurels et conjoncturels

Si Roland Berger dresse des perspectives aussi sombres pour la BFI, c'est parce que ce secteur est confronté depuis l'an dernier à des difficultés conjoncturelles, sur lesquelles se greffera un problème structurel à partir de 2013. Les difficultés conjoncturelles en question, ce sont une crise de la zone euro qui n'en finit pas et une situation macro-économique qui se dégrade partout dans le monde. Quant au problème structurel, il s'agit de la réglementation dite de Bâle III, relative au renforcement des fonds propres des banques, et qui commencera à entrer en vigueur l'an prochain.

Il ne restera plus que 5 BFI mondiales

Or Bâle III affectera tout particulièrement les BFI, très gourmandes en capitaux. Ainsi, la rentabilité des fonds propres des BFI, qui devrait se limiter cette année à 11% en moyenne, loin du standard habituel de 15%, ne serait en réalité que de 8% si les exigences de Bâle III étaient déjà prises en compte, calcule Roland Berger. Résultat, «certains acteurs du secteur devront arrêter des lignes de métiers, réduire drastiquement leur présence à l'international, créer des partenariats», pronostique le cabinet. Selon ce dernier, il ne restera donc plus que cinq acteurs mondiaux de la BFI, au cours des trois ou cinq prochaines années.

30 milliards d'euros générés par les marchés émergents

Ces survivantes seront celles qui auront pris une longueur d'avance en Asie et, plus globalement, dans les pays émergents, qui devraient générer 30 milliards d'euros de revenus supplémentaires pour le secteur de la BFI, d'ici à 2016, selon Roland Berger. De fait, Alain Papiasse, le patron de la BFI de BNP Paribas, a longuement insisté, ce mercredi, lors d'une conférence de presse, sur la nécessité «d'accompagner les clients à l'étranger» et, pour ce faire, «de disposer de licences bancaires à l'international, lesquelles constituent des barrières à l'entrée considérables.»

 

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