Assurance: à qui profitera la loi Hamon?

Ivan Best

Ivan Best
Dès que les décrets d'applications seront publiés, à l'automne, la loi Hamon, promulguée le 18 mars, permettra aux consommateurs de résilier leur contrat d'assurance (auto, habitation..) à tout moment, après un délai d'un an incompressible, suivant la signature du contrat. Une plus grande liberté par rapport à la situation actuelle, la résiliation ne pouvant intervenir que lors de l'échéance annuelle, qui n'est pas toujours bien connue.
La Fédération française des sociétés d'assurance, par la voix de son président Bernard Spitz, n'a pas eu de mots assez durs pour condamner cette réforme. « Personne ne l'a réclamée, personne n'en veut c'est l'idée d'un obscur chef de bureau au sein de l'administration », a-t-il eu l'occasion de dire, en substance.
Et de souligner que l'objectif de concurrence accrue, et donc de baisse des prix, assigné à cette réforme par celui qui était ministre de la consommation, Benoît Hamon, ne sera jamais atteint. Bien au contraire : les tarifs pourraient augmenter. L'argument des assureurs est simple : les assurés vont changer plus facilement et rapidement d'assureur, ces derniers vont donc voir leurs coûts de gestion -acquérir un client est synonyme de frais de marketing et de gestion administrative- augmenter. D'où, dans un marché où les marges sont déjà faibles, une hausse, in fine, des tarifs.
Personne ne serait gagnant, à entendre, donc, les représentants officiels de la profession.
Et pourtant, il existe des acteurs du monde l'assurance qui se frottent les mains. Les comparateurs, d'abord, sans surprise. Bien évidemment, avec la possibilité de quitter son assureur à tout moment, au premier mécontentement, la probabilité est élevée de voir le consommateur se diriger vers un comparateur de contrats pour choisir son prochain assureur, avec l'objectif de « payer moins cher ». Cette activité va donc croître et prospérer.
Mais, contrairement, à ce qu'indiquait la FFSA, d'autres acteurs accueillent favorablement la réforme Hamon.
C'est le cas d'assureurs actuellement en forte croissance, notamment les bancassureurs, qui cherchent à gagner des parts de marché. Ainsi, les dirigeants de Société Générale Insurance, la branche assurance de la banque du même nom, qui présentaient ce vendredi leurs résultats pour 2013, se sont félicités de cette évolution. Car ils pourront désormais - dès que la loi Hamon entrera en vigueur- proposer à tout moment à leurs clients bancaires différentes solutions d'assurance, les conseillers clientèle se faisant fort de gérer l'ensemble des aspects administratifs, dont la résiliation de l'ancien assureur.
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« 15% des clients de la Société Générale sont « équipés » en assurance de protection (prévoyance, auto, habitation), nous pensons pouvoir monter à 40%, à terme » soulignent les dirigeants de Société Générale Insurance. Ils sont déjà dans une stratégie de conquête, avec une progression de leur chiffre d'affaires trois fois supérieure au marché, en assurance dommages (auto, habitation).
Cela passe par une stratégie de conquête de parts de marché, bien sûr, l'assurance étant un produit mûr : le parc automobile, par exemple, ne se développe pas, il faut donc conquérir des clients auprès de la concurrence.
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Bref, la loi Hamon est une aubaine pour des assureurs encore petits sur le marché de la protection des personnes, mais qui disposent de force de vente considérable pour accroître leur part de marché.
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