Capital-investissement : Gimv, « l’Eurazeo belge »

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« L'ADN de Gimv était initialement lié à l'innovation, et c'est toujours notre positionnement », explique Eric de Montgolfier, responsable du bureau parisien de la société belge de capital-investissement.
« L'ADN de Gimv était initialement lié à l'innovation, et c'est toujours notre positionnement », explique Eric de Montgolfier, responsable du bureau parisien de la société belge de capital-investissement. (Crédits : AstraZeneca)
La France est devenue le deuxième pays du portefeuille de cette société de capital-investissement, créée en 1980 par la région flamande et cotée à la Bourse de Bruxelles.

Avec quelque 180 sociétés de gestion en place, le marché français du capital-investissement est pour le moins concurrentiel. Cela n'a pas empêché la société belge de capital-investissement Gimv d'ouvrir un bureau dans l'Hexagone en 2007, à la veille de l'éclatement de la crise des « subprimes » (crédits hypothécaires américains risqués). Huit ans plus tard, Gimv ne regrette pas son incursion sur le marché français. D'abord présente sur le seul créneau du capital-risque, la société joue maintenant dans l'Hexagone toute la gamme du capital-investissement, jusqu'au LBO (Leverage Buy-Out : acquisition par endettement), en passant par le capital-développement.

Avec 179 millions d'euros d'actifs au 30 septembre, la France est devenue le deuxième pays du portefeuille de participations de Gimv, évalué à 908,9 millions, devant les Pays-Bas (129,8 millions), l'Allemagne (109,9 millions), et derrière la Belgique (366,6 millions). Ce pays demeure le vaisseau amiral du groupe, qui y est né il y a 35 ans, à l'initiative de la région flamande. Autre point d'ancrage avec la Belgique : la Bourse de Bruxelles : « Gimv présente la particularité d'être coté en Bourse [depuis 15 ans ; Ndlr], nous sommes l'Eurazeo belge », sourit Eric de Montgolfier, responsable du bureau parisien de Gimv. Ce choix d'une cotation en Bourse, partagé, donc, avec le holding d'investissement émanant de la banque Lazard, permet à Gimv de bénéficier d'un accès permanent au capital.

Une présence de 6 à 7 ans au capital des entreprises

« Comme nous investissons sur nos fonds propres, nous ne sommes pas contraints par la réglementation des fonds classiques, qui doivent investir les capitaux levés (auprès d'investisseurs institutionnels) dans un délai de cinq ans. Nous pouvons donc nous adapter plus facilement au rythme des projets industriels, nous demeurons d'ailleurs actionnaires des entreprises le plus souvent durant 6 ou 7 ans, au lieu de 5 ans pour les fonds classiques », explique Eric de Montgolfier.

Voire...18 ans, dans le cas, certes exceptionnel, d'Inside Secure, Gimv continuant d'accompagner le repositionnement stratégique du spécialiste français de la sécurité embarquée, où il avait investi un premier ticket en 1997, depuis la Belgique, le bureau parisien n'existant pas à l'époque. « La plupart des fonds qui ont réussi en Europe disposent d'équipes locales », assure Eric de Montgolfier. C'est pourquoi le groupe a choisi de poser véritablement ses valises en France à partir de 2007, où il compte dix collaborateurs, comme il l'a fait en Allemagne et aux Pays-Bas. Avec, comme cibles d'investissement, des PME d'une valeur maximale de 125 millions d'euros, dans lesquelles Gimv met des tickets de 5 à 50 millions.

Des prix devenus élevés

Au chapitre des secteurs d'activité, la société de capital-investissement est présente dans la consommation, la santé, les infrastructures, l'industrie, avec à chaque fois un tropisme technologique. « L'ADN de Gimv était initialement lié à l'innovation, et c'est toujours notre positionnement », insiste Eric de Montgolfier. En témoigne la participation de la société au tour de table de 31,3 millions d'euros bouclé en septembre par Biom'up, une startup lyonnaise spécialisées dans les technologies médicales, dite encore « medtech. » Cet investissement est d'ailleurs le seul auquel Gimv a procédé en France, cette année.

« Les prix sont élevés, les transactions s'effectuent sur la base d'un multiple de 8 à 12 fois l'excédent brut d'exploitation. Or toutes les entreprises ne méritent pas de telles valorisations », explique Eric de Montgolfier.

L'heure a donc plutôt été aux désinvestissements, cette année, comme en 2014, afin de profite de conditions de marché favorables. Gimv a par exemple cédé Easyvoyage, l'un des pionniers du voyage en ligne en France, à Webedia (groupe Fimalac). Pour autant, « nous projetons d'investir 200 millions d'euros par an dans nos différentes géographies, ces prochaines années », assure le dirigeant. Une bonne nouvelle pour les PME européennes.

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