Inside Secure, la pionnière des puces sans contact, s'impose une cure d'amaigrissement

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L'équipe d'Inside Secure lors de l'introduction en bourse le 20 février 2012 © Inside Secure
L'équipe d'Inside Secure lors de l'introduction en bourse le 20 février 2012 © Inside Secure (Crédits : IS)
Son entrée en bourse en 2012 avait été saluée comme la plus importante introduction parisienne depuis deux ans. Avec à la clé, la levée de 75 millions d'euros. Fondée en 1994, fruit d'un essaimage de Gemplus, la pionnière du NFC (Near Field Communication, puces sans contact) Inside Secure a annoncé un plan de réorganisation de ses activités qui pourrait entraîner une suppression de postes représentant environ 20 % des effectifs mondiaux.

L'annonce n'est pas passée inaperçue. La société d'Aix-en-Provence, dont l'histoire se confond avec l'épopée de la carte à puce, figure parmi les quatre rares sociétés mondiales en mesure de fournir des puces à très haut niveau de sécurité (elle a fourni en 2011 la moitié des 40 millions de puces livrées). L'acquisition de l'activité de micro-contrôleurs sécurisés d'Atmel, pour 32 millions de dollars fin 2010, lui avait permis de doubler ses effectifs (340 personnes).
L'an dernier, Inside Secure, dont les solutions ont été retenues par les plus grands fabricants de mobiles (Blackberry, Nokia...), avait fait son entrée en bourse et réalisé une augmentation de capital de 75 millions d'euros. Elle prévoyait d'être rentable en fin d'année. Rémy de Tonnac, le président du directoire, qui avait été contraint d'ajourner son introduction, initialement prévue avant l'été 2011, en raison de la dégradation des marchés, se félicitait alors d'avoir choisi la place parisienne, citant les soubresauts que vivait la française Sequans, spécialisée dans les puces 4G, qui avait choisi le New York Stock Exchange et qui perdait depuis de la valeur.
Le Fonds stratégique d'investissement (FSI), déjà actionnaire, avait soutenu cette introduction en Bourse en souscrivant à l'émission primaire de titres, pour conserver une participation de l'ordre de 7,5 % du capital après l'émission.

Performances décevantes

Fin 2012, la société présentait un CA consolidé de 122 millions de dollars, en baisse de 19 % par rapport à 2011, et une perte opérationnelle ajustée de 30,1 millions de dollars, soit le double de sa perte à fin 2011 (- 14,6 millions de dollars). "Des performances décevantes qui pourraient entraîner une suppression de postes représentant environ 20 % des effectifs mondiaux", a annoncé la semaine dernière l'ancien ingénieur de Gemplus. Cette réorganisation devrait coûter 7 millions de dollars au groupe en 2013 et lui permettre de réduire les coûts opérationnels d'environ 13 millions de dollars sur une base annualisée, une fois le projet entièrement mis en ?uvre.
Des résultats liés au recul sur l'ensemble de ses segments de marché. À commencer par sa forte valeur ajoutée : celle de 10 % de son activité Mobile NFC (Near Field Communication, technologie permettant de payer ou d'échanger des informations sans contact depuis son téléphone qui représente 35 % du CA en 2012), qui a souffert "de la baisse des ventes de terminaux mobiles du groupe Blackberry, premier client du groupe, et du report à 2013 de la sortie de la nouvelle génération de smartphones de ce fabricant (Blackberry 10)", précise le communiqué sur les résultats annuels 2012.

Baisse de la demande

Sur la sécurité numérique (38 % du CA 2012), la société accuse également un repli de 23 % par rapport à 2011 en raison de la baisse de la demande de modules sécurisés et la croissance insuffisante des produits dédiés comme la sécurisation des terminaux de télévision payante. Si l'activité des paiements sécurisés (26 % du CA 2012) a connu une forte baisse des ventes au début de l'année, elle s'est ensuite redressée, affichant un CA de 31,8 millions de dollars en 2012 (- 20 % par rapport à 2011).
Le 1er décembre 2012, la société aixoise a finalisé l'acquisition d'Embedded Security Solutions (ESS), un spécialiste de la sécurité apportant une gamme complémentaire de solutions pour les marchés de la téléphonie mobile et des réseaux. Inside Secure a versé 41,6 millions de dollars lors de l'acquisition d'ESS, puis 1,8 millions de dollars de complément de prix en janvier 2013 et pourrait verser jusqu'à 3,4 millions de dollars "si l'ensemble des conditions prévues dans l'accord sont réalisées d'ici le 1er avril 2013". En 2012, ESS a apporté un CA de 0,8 millions de dollars.

Importants frais de R&D

L'exercice 2012 a également été impacté par d'importants frais de recherche et développement (+1,4 % à 33 millions de dollars), surtout sur l'activité NFC, et par une hausse générale des frais, fait valoir l'entreprise qui a donc pris des mesures pour réorganiser. Le groupe (465 personnes en Europe, en Asie et aux États-Unis, avec notamment 200 personnes en France et 80 personnes au Royaume-Uni) a précisé, lors d'une conférence téléphonique en anglais, que cette restructuration pourrait entraîner la suppression de 20 % des postes mondiaux. Les négociations vont commencer avec les représentants des personnels.
Rémy de Tonnac s'est montré plus évasif sur ses perspectives 2013, annonçant que l'objectif de 400 M USD de CA en 2014, formulé lors de son introduction en bourse n'était plus valable, sans autres précisions. Il attend néanmoins beaucoup de ses activités NFC et de sécurité numérique et reste confiant du fait de ses solutions différenciantes. "Nous avons vendu la puce NFC PicoPulse TM en Chine mais nous voyons d'autres marchés émergents potentiels. Tout est étroitement lié au déploiement de la technologie NFC". À fin 2012, Inside Secure disposait d'une trésorerie nette de 59,6 millions de dollars. Après l'annonce des résultats 2012, le cours des actions a chuté de près de 30 %..
 

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