Hausse des taux longs : les Bourses se réveillent avec la gueule de bois
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Wall Sreet a pris soudainement conscience de la forte remontée des taux longs américains depuis le 1er janvier.
BRENDAN MCDERMID
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Wall Sreet a pris soudainement conscience de la forte remontée des taux longs américains depuis le 1er janvier.
BRENDAN MCDERMID
La publication des minutes (compte rendu), mercredi, de la réunion de décembre de la Fédéral Réserve (Fed) a mis le feu aux Bourses mondiales. La Bourse de Paris s'inscrit ce jeudi en baisse de 1,7% alors que l'indice européen Stoxx 600 accuse un recul de plus de 1,3%. La secousse a été particulièrement violente aux États-Unis avant se stabiliser ce jeudi.
La lecture du compte rendu laissait en effet transparaître une tonalité plus « hawkish » (faucon, priorité à la lutte contre l'inflation) que prévu avec, à la clé, des hausses de taux plus rapides qu'anticipé. Le scénario d'une réduction du bilan de la Fed, et non plus d'un simple tapering (réduction des achats), est même envisagé, compte tenu d'un marché de l'emploi très tendu et du niveau élevé de l'inflation. La grande peur des banquiers centraux est le retour de la fameuse courbe de Phillips qui établit une corrélation négative entre taux de chômage et inflation, qui ne s'est jamais vérifiée depuis près de 20 ans !
Du coup, les anticipations de hausse des taux courts se sont singulièrement durcies ces dernières heures, avec un Libor 3 mois aux Etats-Unis de 1,18% à fin 2022 (et 1,8% fin 2023), ce qui laisse supposer quatre hausses des taux courts cette année, contre trois prévus en fin d'année par le marché (et trois hausses en 2023). Le taux actuel du Libor 3 mois est en effet de 0,22%.
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Mais le mouvement de hausse des taux longs, celui que la Bourse regarde en priorité, a pourtant démarré avant la publication des minutes de la Fed. « La note de la Fed a alerté la Bourse d'un mouvement qui était déjà bien engagé depuis le début de l'année », s'amuse un gérant obligataire. Le mouvement sur les taux a en fait commencé le 1er janvier : le taux à dix ans a ouvert à 1,6% (contre 1,5% au 31 décembre 2021) pour terminer la journée à 1,6%. Il s'établit en milieu de journée jeudi à...1,73%, alors que le seuil du 1,65% est jugé par les opérateurs comme le niveau à surveiller de très près. Autrement dit, en trois séances, le « dix ans » américain a pris 23 points de base. « C'est extrêmement violent », réagit un gérant.