Tikehau et Financière Agache donnent le coup d’envoi du plus important SPAC européen

Les deux principaux promoteurs Tikehau Capital et Financière Agache (holding de la famille Arnault), accompagnés par deux banquiers de renom (Jean-Pierre Mustier et Diego Di Giorgi), ont réussi à lever 500 millions d’euros pour le SPAC Pegasus, désormais coté à la Bourse d’Amsterdam. Objectif: trouver une cible, d’ici à deux ans, dans un secteur financier en pleine mutation.

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L'ancien patron d'UniCredit, Jean-Pierre Mustier, sera en charge de trouver l'oiseau rare dans le secteur financier.
L'ancien patron d'UniCredit, Jean-Pierre Mustier, sera en charge de trouver l'oiseau rare dans le secteur financier. (Crédits : Remo Casilli)

Le pari est réussi et largement sursouscrit ! Le SPAC Pegasus, lancé par quatre sponsors de renom, a en effet levé 500 millions d'euros lors d'un placement privé auprès d'investisseurs institutionnels. Ce qui en fait le plus important véhicule de ce genre en Europe.

Le SPAC (Special Purpose Acquisition Company) a pour co-sponsors Tikehau Capital, un groupe de gestion d'actifs alternatifs qui s'est fait un nom dans le monde de la finance en quelques années, Financière Agache, holding de la famille Arnault, et deux banquiers expérimentés, Jean-Pierre Mustier (ex-patron d'UniCredit) et Diego Di Giorgi (ex-Bank of America), ces deux derniers étant dirigeants opérationnels de la structure cotée. La cotation du SPAC a débuté ce jeudi 29 avril sur la place d'Amsterdam, choisie pour son profil plus international au cas où la cible se trouverait au Royaume-Uni ou dans un autre pays.

Deux ans pour sélectionner la cible à acquérir

Objectif assigné à Pegasus? Trouver, d'ici à deux ans, une cible à acquérir dans le secteur financier, soit dans la gestion d'actifs, la banque, la fintech ou bien encore dans l'assurance. Une fois l'opération réalisée, la valorisation du nouvel ensemble coté pourrait doubler, soit autour du milliard d'euros, sachant que les investisseurs initiaux du SPAC n'ont pas forcément vocation à devenir majoritaires.

Pour le choix de la cible, les opportunités ne manquent pas. Dans un univers financier en pleine mutation, notamment technologique, les cartes ne cessent d'être rebattues alors que les fondamentaux restent solides avec une épargne abondante et des besoins croissants de financement des entreprises.

Effet de mode ?

Tikehau Capital, plutôt connu dans l'univers du private equity, aurait-il succombé à un effet de mode sur les SPACs? Les fondateurs de Tikehau Capital s'en défendent:

« Le SPAC représente à nos yeux une extension de notre métier, qui est de collecter de l'épargne pour financer des entreprises. Et nous le faisons toujours dans une logique entrepreneuriale, qui est notre marque de fabrique. C'est peut-être ce qui nous distingue d'une grande majorité de SPAC du marché », avance ainsi à La Tribune, Antoine Flamarion, cofondateur du groupe. Avant de relever « qu'il  existe peu de SPAC dans lesquels les sponsors mettent autant d'argent ! »

Lesquels sponsors se sont engagés à investir plus de 165 millions d'euros, dont 55 millions d'euros lors de l'introduction en Bourse du SPAC (à raison de 25 millions chacun pour Tikehau et Agache) et 100 millions d'euros dans le cadre d'un engagement inconditionnel d'acquisition à terme. De quoi rassurer les investisseurs alors que les excès observés à Wall Street, submergée par une déferlante de SPACs depuis un an, commencent à inquiéter.

L'Europe est cependant loin de ces phénomènes de bulles américaines et le SPAC est davantage encadré, pour mieux protéger l'investisseur.

« Le SPAC, qui existe pourtant depuis 2004, est aussi une technologie qui donne accès aux entreprises privées à la Bourse tout en enlevant, grâce aux sponsors, l'aléa du prix lors d'une première cotation », plaide Mathieu Chabran, cofondateur de Tikehau Capital.

Et d'ailleurs, le groupe de gestion et d'investissement ne compte pas en rester là. « Pegasus est le premier SPAC d'une famille car nous souhaitons décliner ce type de véhicule dans d'autres secteurs d'activité », précise Antoine Flamarion.

Après un démarrage pour le moins timide, le SPAC s'apprête, de toute évidence, à s'installer durablement dans le paysage financier européen.

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Commentaires 2
à écrit le 29/04/2021 à 19:07
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Welcome in the pur délire, on lève des fonds pour acheter un truc on sait pas quoi. J'ai hâte que cet article passe dans presse reader. Notons que ce sont deux ex-patrons.

le 30/04/2021 à 4:29
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Un nouveau lapin, ou c'est le meme qui parle l'anglois ? Welcome to the club...

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