Wall Street et les tensions en Ukraine font plonger le CAC 40 sous les 6.800 points

L’Europe n’a pas résisté à la spirale baissière amorcée la semaine dernière à Wall Street, sur fond de resserrement monétaire de la banque centrale américaine et de mauvaises publications d’entreprises. Les Bourses semblent s’ajuster à la fin de l’ère « de l’argent gratuit » des banques centrales et ce sont les classes d’actifs qui en ont le plus profité, comme les valeurs de disruption ou de technologie, qui chutent le plus. A cela, se sont ajoutées les tensions à la frontière de l'Ukraine qui ont également pesé sur les marchés. Explications

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Les Bourses européennes accompagnent la spirale baissière des marchés américains.
Les Bourses européennes accompagnent la spirale baissière des marchés américains. (Crédits : Benoit Tessier)

Bruit de bottes à la frontière de l'Ukraine et une tendance baissière qui se confirme à Wall Street ont fait plonger les Bourses européennes ce lundi. La correction est sévère : le CAC 40 dévisse de 4,4% en pour franchir allègrement à la baisse les 6.800 points.

L'indice phare de Paris a même franchi successivement dans la journée trois seuils, 7.000 points, 6.900 points et enfin 6.800 points. Et ce sont logiquement les valeurs les plus cycliques et les valeurs Tech qui ont le plus souffert, comme Saint-Gobain, Stellantis ou Worldline.

Même ampleur de baisse en Allemagne, en Espagne, et au final, l'indice des 600 plus grosses capitalisations européennes, le Stoxx 600, cède près de 4%. Les places européennes avaient mal débuté la journée alors les signes les plus alarmistes se multiplient sur le front ukrainien mais elles rapidement creusé leurs pertes à l'ouverture des marchés américaines, de nouveau en forte baisse, dans la foulée d'un « vendredi noir ». A mi-séance, le S&P 500 recule de 2,4% et le Nasdaq poursuit sa descente aux enfers (-3%).

Vent de panique à Wall Street

Après une fin d'année 2021 en fanfare, l'heure de la consolidation, maintes fois annoncée l'an dernier, et toujours repoussée (sauf en novembre) est semble-t-il arrivée ? La question que se posent les investisseurs aujourd'hui est simple : sommes-nous, ou non, entrés dans une spirale baissière ? Les indicateurs techniques de marché ne sont guère optimistes. Déjà, le Nasdaq a cassé sa moyenne mobile à 200 jours et accuse une baisse de près de 15% par rapport à son pic de novembre dernier.

Aux Etats-Unis, un petit vent de panique commence à souffler. L'accélération attendue du resserrement monétaire de la Réserve fédérale (quatre hausses de taux anticipées en 2022) et des premières publications de résultats d'entreprises inquiètent et provoquent un flux de vente et des paris - assez traditionnels en début d'année- baissiers assez forts.

Le désamour sur certaines valeurs technologiques, notamment celles qui ne gagnent pas assez d'argent, n'arrangent rien, comme en témoigne le brutal plongeon vendredi de Netflix sur des gains d'abonnés plus faibles que prévu. De quoi alimenter les craintes de « bulles » sur le secteur de la technologie, souvent avancées depuis deux ans.

Ajustement du marché

Pour autant, tous les analystes ne broient pas du noir. Certains voient dans cette consolidation un simple ajustement du marché à la fin de « l'argent gratuit » assuré jusqu'ici par les banques centrales, et la Fed en premier lieu. Chacun sait que les liquidités abondantes injectées par la Fed ont permis de gonfler quelque peu artificiellement quelques classes d'actifs, comme les valeurs technologiques ou bien les SPACs.

Les tensions géopolitiques entre les Etats-Unis et la Chine et le conflit entre l'Ukraine et la Russie donnent également un ton plus pessimiste, qui encourage les prises de profits après une année 2021 exceptionnelle. En revanche, les marchés de taux connaissent une certaine accalmie, avec un bon du Trésor américain à 10 ans qui reste relativement stable autour de 1,7%. Pour une fois donc, ce sont les investisseurs dans les marchés de crédit qui gardent la tête froide et les investisseurs actions qui se font peur.

De fait, cette chute des actions, finalement assez traditionnelle dans la vie des marchés, devrait en revanche déstabiliser les nouveaux actionnaires individuels qui n'ont connu que des mouvements de hausse. Jusqu'ici, ces derniers étaient plutôt un facteur de soutien des indices mais ils pourraient jouer un effet inverse si la tendance baissière devait se poursuivre.

Toutefois, les stratégistes s'accrochent aux fondamentaux de la croissance économique pour espérer un retour à un environnement plus serein.

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Commentaires 7
à écrit le 25/01/2022 à 9:05
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Ce n'est pas le "bruit de bottes en Ukraine " qui peut affoler la Bourse : ce sont les menaces de sanctions économiques qui sont autant de coups tirés dans nos propres pieds... On a bien oublié la vente de sous-marins torpillée par nos "amis "américa...

à écrit le 25/01/2022 à 8:21
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"Tout est bruit pour celui qui a peur" Sophocle.

à écrit le 25/01/2022 à 4:58
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Le maitre du Kremlin, s'amuse a loisir. Expert au poker menteur, il attend et encourage la febrilite des occidentaux incapables d'agir puisqu'ils n'en n'ont pas les moyens. Les USA se mefient de l'ours Russe et ils ont raison. On est loin de l'epoque...

à écrit le 25/01/2022 à 1:39
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Après avoir collecté 13 cercueils américains en Afghanistan, Biden en veut plus en Ukraine pour mieux destabiliser ses "alliés" européens... Ca faisant longtemps qu'un président américain n'avait pas initié de guerre hors de ses frontières pour ...

à écrit le 24/01/2022 à 19:48
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Que pourrais-je faire à mon petit niveau pour rassurer les marchés ? acheter dix pots de nutella ? voter macron ou pécresse ? casser mon livret A et acheter des actions ? faire des prières ? demander à mes collègues de renoncer à la grève et à la h...

le 25/01/2022 à 7:03
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T'embête pas, ils jouent à faire peur... ce sont de grands enfants. Wall street hier finit dans le vert après avoir jouer toute la journée la fin du monde. La 3éme guerre mondiale digérée en moins d'une séance.

le 25/01/2022 à 7:03
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T'embête pas, ils jouent à faire peur... ce sont de grands enfants. Wall street hier finit dans le vert après avoir jouer toute la journée la fin du monde. La 3éme guerre mondiale digérée en moins d'une séance.

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