La Caisse d’Epargne mise sur des banquiers indépendants pour ne pas fermer d'agences en milieu rural

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(Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
La Caisse d’Epargne Bretagne - Pays de Loire compte tester dans trois agences un statut de “banquier entrepreneur” afin d’expérimenter un modèle de distribution moins coûteux pour maintenir des agences dans les territoires ruraux. Une première en France. Les syndicats évoquent, eux, un “tsunami” et craignent une "ubérisation" du secteur bancaire.

La Caisse d'Epargne s'apprête à briser un tabou en recourant à des travailleurs indépendants. Une première en France. Dans un document que se sont procurés plusieurs médias, la banque membre du groupe BPCE, explique vouloir tester le modèle de conseiller indépendant local, baptisé CIL, après avoir obtenu l'aval du régulateur.

Le projet d'expérimentation est né au sein de la Caisse d'Epargne Bretagne - Pays de Loire (CEBPL), qui espère voir les tests "débuter au plus tard au mois de septembre prochain dans trois agences, dont la localisation n'a pas encore été déterminée", indique, à La Tribune, Christophe Pinault, président du directoire de la Caisse d'Epargne Bretagne - Pays de Loire.

"Nous disposons d'un réseau d'un peu plus de 400 agences sur ces deux régions, dont la moitié fonctionnent avec moins de trois collaborateurs. Proposer et conserver un certain niveau de services aux clients en milieu rural devient compliqué. Le recours à ce statut est un moyen d'éviter de fermer des agences. Nous n'avons pas prévu de fermeture dans les mois à venir, mais c'est une question qui pourrait être amenée à se poser demain", explique-t-il.

Concrètement, à la tête d'une société anonyme par actions simplifiée (SAS), le conseiller indépendant local aura pour mission de gérer un portefeuille de clientèle existant et de le développer. L'idée, explique la Caisse d'Epargne, est "d'animer un fonds de commerce, qui reste néanmoins la propriété de la banque".

Expérimenter un modèle de distribution moins coûteux

L'établissement ne cache pas son ambition de vouloir générer des économies.

"Ce statut nous permet d'expérimenter un modèle de distribution variabilisé. Dans un modèle classique, les coûts sont fixes. Dans celui que nous envisageons, les charges sont variables. Nous ne sommes plus preneurs du bail, ni employeurs", explique Christophe Pinault.

La CEBPL explique vouloir proposer ces nouveaux postes à des collaborateurs en interne qui expriment "un besoin de sédentarité et qui connaissent parfaitement le territoire". Un moyen pour l'établissement de faire face à un turn over élevé. "Nous avons de jeunes collaborateurs très mobiles, qui souhaitent changer de poste au bout de 18 mois. Il y a donc un turn over qui n'est pas de nature à développer une relation qualitative avec les clients", reconnaît Christophe Pinault, qui précise avoir déjà reçu de nombreuses candidatures en interne.

"Ubérisation" et dérives craintes par les syndicats

Les syndicats, eux, redoutent des dérives et craignent une "ubérisation" du secteur bancaire. Interrogé par l'AFP, Frédéric Guyonnet, président du Syndicat national de la banque et du crédit (SNB), premier syndicat du secteur, a dénoncé un "tsunami". Il craint notamment de voir arriver des "vendeurs", plus que des conseillers, incités à placer le maximum de produits financiers auprès de leurs clients. "C'est la première fois en France et en Europe, seule la Belgique a ce genre de modèle", a-t-il affirmé.

La rémunération de ces banquiers entrepreneurs reposera bien sur les commissions issues des ventes, "mais ne sera pas uniquement basée sur les volumes", promet le dirigeant, qui s'engage à donner un maximum d'informations pour rassurer les salariés. "Il s'agit d'une expérience. Le modèle est évolutif et réversible. S'il faut abandonner, nous réembaucherons ces banquiers indépendants", ajoute-t-il.

Avec AFP

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Commentaires
a écrit le 19/02/2020 à 12:54 :
"Nous avons de jeunes collaborateurs très mobiles, qui souhaitent changer de poste au bout de 18 mois." : et là, personne ne se pose de questions ? Personne pour analyser le problème ? 'Faudrait peut-être commencer par là, non ?
Réponse de le 19/02/2020 à 13:10 :
+1
Qui plus est, cette mobilité est IMPOSEE par les banques, pour faire tourner les portefeuilles des conseillers, éviter une trop grande "complicité" avec les clients...
Il est donc fallacieux pour les banques de s'en plaindre ensuite....
a écrit le 19/02/2020 à 8:52 :
"Les syndicats évoquent, eux, un “tsunami” et craignent une "ubérisation" du secteur bancaire"

LEs conditions de travail se sont nettement dégradées au niveau des salariés des banques, ils ont foutu quoi encore pendant ce temps les syndicats ?
a écrit le 19/02/2020 à 6:32 :
Mieux vaut tenter ce genre de modèle que de fermer ... qui se rend encore dans son agence ? Quasiment personne sauf les anciens ...après la banque se met à faire du uber ce qui n’est pas une garantie sur le long terme ...

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