La Fintech Virgil lève des fonds pour séduire les primo-accédants

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Saskia Fiszel et Keyvan Nilforoushan, les deux cofondateurs de la Fintech Virgil, ont précédemment occupé des postes clefs chez Onefinestay, une entreprise rachetée 148 millions d'euros par le groupe Accor.
Saskia Fiszel et Keyvan Nilforoushan, les deux cofondateurs de la Fintech Virgil, ont précédemment occupé des postes clefs chez Onefinestay, une entreprise rachetée 148 millions d'euros par le groupe Accor. (Crédits : Virgil)
Alven Capital, Kima Ventures et le fonds britannique LocalGlobe investissent dans cette startup qui propose de fournir aux jeunes actifs 10% d'apport en fonds propres, en échange de 15% du bien immobilier qu'il souhaitent acheter.

Apporter du capital aux jeunes actifs pour leur permettre de faire l'acquisition de leur premier bien immobilier et devenir, en contrepartie, copropriétaire de ce même bien. Voilà l'approche très originale qu'entend développer la Fintech Virgil. Ce concept inédit en France a déjà séduit une poignée d'investisseurs. La jeune pousse, à cheval sur le secteur immobilier et la finance, a officialisé, ce mardi 26 novembre, un premier tour de table de 2,1 millions d'euros auprès du français Alven Capital (investisseur de la néobanque Qonto), du fonds londonien LocalGlobe (notamment au capital de Robinhood et de Transferwise) et de Kima Ventures, le fonds d'amorçage de Xavier Niel.

Envolée des prix de l'immobilier

Malgré des taux d'intérêt pour les prêts à l'habitat extrêmement bas (le taux moyen s'établissait à 1,27% en septembre dernier selon les données de la Banque de France, un plus bas historique) et une machine à crédits qui tourne à plein régime, Virgil estime qu'un dernier obstacle demeure pour les primo-accédants résidant dans des villes où le marché de l'immobilier s'est envolé : l'apport en capital.

"Pour faire l'acquisition d'un premier bien immobilier, les jeunes actifs n'ont pas besoin de dette supplémentaire mais de fonds propres. Le prix du mètre carré parisien a été multiplié par 2,5 depuis 2000 alors que les revenus disponibles sont restés stables. Seules les personnes dont les parents peuvent fournir un apport financier ont la possibilité de devenir propriétaire d'un bien qui correspond vraiment à leurs souhaits. Certains renoncent à une chambre supplémentaire ou tout simplement à vivre en région parisienne", croit savoir Keyvan Nilforoushan, cofondateur de la Fintech aux côtés de Saskia Fiszel.

Les deux cofondateurs de Virgil n'en sont pas à leur coup d'essai dans l'immobilier. Les deux entrepreneurs occupaient des postes clés au sein de la société britannique Onefinestay, spécialisée dans la location de résidences de luxe couplée à des services d'hôtellerie. En avril 2016, l'entreprise a été rachetée 148 millions d'euros par le groupe hôtelier Accor.

10% d'apport vs 15% de l'appartement

Concrètement, pour 10% d'apport, Virgil détiendra 15% de l'appartement. "L'acquéreur pourra vendre son appartement à tout moment, ou racheter les parts de la Fintech au terme de dix années à compter de son achat", explique la jeune pousse dans un communiqué.

Quel scénario en cas de faillite de la startup ? Virgil explique "avoir pris toutes les précautions pour protéger ses acquéreurs". "Les investissements détenus par Virgil aux côtés des acquéreurs sont isolés dans une structure dédiée, totalement indépendante de l'activité de Virgil", avance la jeune pousse.

Virgil s'engage à apporter jusqu'à 100.000 euros de capital par opération, mais mise sur un apport moyen situé entre 40 et 50.000 euros. Les 2,1 millions d'euros levés doivent permettre de financer ces premiers apports. "Dans un second temps, nous proposerons aux épargnants d'investir dans l'immobilier parisien à travers Virgil", précise Keyvan Nilforoushan.

Outre l'apport financier, la startup entend accompagner les futurs propriétaires tout au long de leurs parcours d'acquisition : de la visite de l'appartement sélectionné "pour s'assurer qu'il ne s'agit pas d'une mauvaise affaire", à l'obtention du crédit en passant par l'étape du notaire. "Une fois que les propriétaires ont les clés de l'appartement, nous disparaissons", indique l'entrepreneur. Si d'un point de vue juridique Virgil aura le statut de copropriétaire, la startup ne participera ni aux charges de copropriété ni à l'acquittement des impôts fonciers.

Accompagnement et éducation financière

L'ensemble de cet accompagnement sera proposé, en apparence, gratuitement mais Virgil prélèvera des frais de dossiers, à hauteur de 2.000 euros, une fois la transaction signée. L'autre source de revenus, sur le plus long terme (les primo-accédants restant en moyenne 6 à 7 ans dans leur logement) est évidemment la revente du bien.

Virgil espère boucler ses premiers financements début 2020 et finaliser 5.000 transactions à l'horizon fin 2021. Son plus grand défi ? Convaincre les particuliers de faire confiance à une jeune société avec si peu d'historique. En parallèle, la Fintech prévoit le lancement d'une newsletter bimensuelle, baptisée Spoon, sur l'éducation financière et la gestion de patrimoine. A plus long terme, elle n'exclut pas de développer des services dans ce domaine.

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Commentaires
a écrit le 27/11/2019 à 8:56 :
IL est évident qu'avec des salaires de plus en plus bas et des conditions de travail de plus en plus chères et une bulle immobilière de plus en plus énorme épargner devient insurmontable empêchant de nombreux salariés de devenir propriétaire.

Maintenant hélas, l'enfer étant pavé de bonnes intentions, cela ne fait qu'un peut plus enfler cette bulle spéculative en train de ravager le secteur immobilier et le pouvoir d'achat à la fois.

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