Fintech : la licorne britannique TransferWise double sa valorisation à 3,5 milliards de dollars
Juliette Raynal
Juliette Raynal
La rumeur d'un nouveau tour de table courrait depuis quelques semaines. TransferWise, Fintech britannique spécialiste des transferts d'argent, officialise, ce mercredi 22 mai, une levée de fonds de 292 millions de dollars. Depuis sa création à Londres en 2011 par les Estoniens Taavet Hinrikus et Kristo Käärmann, elle avait déjà levé 397 millions de dollars.
Cette opération est toutefois particulière car il s'agit d'un financement secondaire, de nouveaux actionnaires remplaçant d'anciens au capital.
Parmi les nouveaux investisseurs figurent les fonds américains Lone Pine Capital et Lead Edge Capital (investisseur notamment dans Spotify, Uber ou encore Blablacar) ainsi que le fonds britannique Vitruvian Partners (au capital de Just Eat et de Vestiaire Collective), qui ont mené l'opération. Le prestigieux fonds de la Silicon Valley Andreessen Horowitz et la gestionnaire d'actifs britannique Baillie Gifford, actionnaires historiques de TransferWise, participent également à ce tour de table et certains investissements proviennent de fonds gérés par l'américain BlackRock, leader mondial de la gestion d'actifs. La licorne (entreprise non cotée en Bourse dont la valorisation dépasse un milliard de dollars) compte aussi parmi ses actionnaires le milliardaire britannique Richard Branson et les cofondateurs de PayPal Peter Thiel et Max Levchin.
L'opération valorise l'entreprise 3,5 milliards de dollars. C'est en-dessous des estimations de l'agence Reuters, qui tablait sur une valorisation proche de 4 milliards de dollars. Cela représente toutefois plus du double de sa précédente valorisation, estimée à 1,6 milliard de dollars en novembre 2017, lors de son augmentation de capital de 280 millions de dollars. Il s'agissait alors de la plus importante levée de l'année en Europe dans le domaine des nouveaux entrants de la finance.
Depuis, les méga-tours de tables se succèdent dans le secteur de la Fintech et notamment outre-Manche. Le record est détenu par le spécialiste des prêts aux PME OakNorth, qui a finalisé une levée de fonds de 440 millions de dollars. Plus récemment, la discrète licorne Checkout, concurrente de la solution de paiement Stripe, a levé 230 millions de dollars, « le plus important tour de financement de série A jamais réalisé en Europe par une Fintech », affirmait l'entreprise dans un communiqué.
Comme d'autres startups, à l'image de WorldRemit ou encore Azimo, TransferWise utilise les nouvelles technologies pour réaliser des transferts d'argent internationaux en pratiquant des tarifs souvent inférieurs à ceux des banques classiques et des acteurs traditionnels du secteur. TransferWise se targue ainsi d'être « jusqu'à 8 fois moins cher » que les banques qui « peuvent vous facturer jusqu'à 5 % de frais cachés lorsque vous envoyez de l'argent à l'étranger.» Elle assure faire économiser un milliard de dollars en frais bancaires à ses quelque 5 millions de clients répartis dans le monde.
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La Fintech opère désormais le transfert de 4 milliards de dollars chaque mois. Rentable, elle indique avoir enregistré un bénéfice net de 6,2 millions de livres (environ 7 millions d'euros) sur l'exercice 2018 et un chiffre d'affaires de 118 millions de livres (environ 134 millions d'euros), en hausse de 77% par rapport à l'année précédente. Le Royaume-Uni reste son plus gros marché et représente 15% de son activité. "La France connaît une croissance rapide et constitue notre deuxième marché dans la zone euro", précise Kristo Käärmann.
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TransferWise emploie actuellement plus de 1.600 employés répartis dans 12 bureaux dans le monde et prévoit de recruter 750 personnes au cours des 12 prochains mois. A moyen terme, TransferWise entend nouer davantage de partenariats avec des banques, à l'image de celui contracté avec le groupe BPCE, qui utilise son API pour proposer à ses clients un service de transfert d'argent peu coûteux. La Fintech entend ajouter plus de devises à son offre et étoffer les fonctionnalités de son compte dit "sans frontières", qui lui permet de séduire 10.000 nouvelles entreprises, essentiellement des PME, chaque mois.
Juliette Raynal
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