"Le secteur des services financiers sera méconnaissable dans cinq ans"

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Qui sera le plus disruptif dans les services financiers dans les cinq ans à venir ? Les startups sont les mieux placées, devant les géants du Net, de la tech et les e-commerçants selon les 1.300 dirigeants du secteur interrogés par le cabinet PwC dans son Global Fintech Report.
Qui sera le plus disruptif dans les services financiers dans les cinq ans à venir ? Les startups sont les mieux placées, devant les géants du Net, de la tech et les e-commerçants selon les 1.300 dirigeants du secteur interrogés par le cabinet PwC dans son "Global Fintech Report". (Crédits : PwC)
Le cabinet PwC a interrogé plus d’un millier de dirigeants du secteur financier : ils sont 88% à craindre une perte de revenus au profit d’acteurs innovants. Et 75% à juger que les startups de la Fintech sont les mieux placées pour bousculer le secteur.

Si la grande majorité des Français ne savent pas ce qu'est la Fintech, cet univers émergent de startups mêlant technologies et finances a déjà « une influence croissante sur les services financiers » et les acteurs historiques du secteur prennent très au sérieux cette menace, selon une étude mondiale du cabinet de conseil et d'audit PwC. Dans le cadre de ce « Global Fintech Report », PwC a interrogé plus de 1.300 dirigeants d'établissements financiers traditionnels de plus de 70 pays : ils sont 88% à craindre une perte de leurs revenus au profit d'une Fintech au cours des cinq ans à venir.

Ces grands acteurs internationaux de la banque, de l'assurance ou de la gestion d'actifs estiment même en moyenne à 24% la part de leur business qui serait menacée, en particulier les prêts personnels et les finances personnelles dans la banque.

Ce sont les startups qui sont considérées comme les mieux placées pour créer la rupture dans le secteur au cours des cinq ans qui viennent, pour 75% des sondés, devant les géants du Net et des réseaux sociaux (55%) ou de l'informatique (50%), les e-commerçants (43%), les opérateurs d'infrastructures financières (41%), loin devant les institutions traditionnelles (28%).

« Le secteur des services financiers sera méconnaissable dans cinq ans. Les innovateurs d'aujourd'hui ne seront pas forcément ceux de demain » prédit PwC. « Les jeunes générations arrivant sur le marché voudront le même niveau de service et d'innovation qu'ils obtiennent des GAFA américains (Google Apple Facebook Amazon) ou des BATX asiatiques (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi). »

Partenariats et écosystème

Cependant, ce n'est pas forcément la guerre entre ces deux mondes. En moyenne, 45% des acteurs historiques interrogés ont déjà noué des partenariats avec des entreprises de la Fintech (contre 32% il y a un an) et 82% envisagent d'accroître cette collaboration dans les trois à cinq ans à venir (et même 90% pour ce qui est des français).

En comparaison, ils sont 77% à vouloir renforcer leurs efforts internes en matière d'innovation.

« La Fintech a évolué de startups voulant battre les acteurs en place à un écosystème plus large de différentes entreprises cherchant dans bien des cas des partenariats. Les startups de la Fintech n'ont pas seulement besoin de capital, il leur faut des clients. En même temps, les acteurs historiques ont besoin de nouvelles approches pour conduire le changement et innover » analyse PwC.

Fintech PwC partenariats

[En rouge, part des acteurs ayant déjà noué des partenariats avec des entreprises de la Fintech, en orange, part des acteurs envisageant d'accroître leur coopération]

De nombreuses startups ont d'ailleurs fait évoluer leur modèle, du business-to-consumer (B2C) au business-to-business (B2B), en d'autres termes en fournissant des services ou des solutions technologiques à des entreprises, notamment des acteurs financiers, plutôt qu'en direct aux consommateurs sous leur marque propre. PwC cite l'exemple des robo-advisors, ces outils de gestion financière automatisée qui sont désormais intégrés dans des plateformes d'acteurs de renom afin de profiter d'une large base de clientèle installée.

Des obstacles bien identifiés apparaissent dans ces collaborations : les différences de culture d'entreprise et de management (pour 55% des Fintech et 40% des institutions), les incertitudes réglementaires (à 48% et 54% respectivement), les questions de sécurité (citées par 58% des grands acteurs et 28% des Fintech).

Intelligence artificielle et Blockchain en tête

Le rapprochement peut se faire par la technologie elle-même. Les acteurs historiques investissent en priorité dans la mise à jour de leur informatique existante, l'analyse de données, le mobile mais aussi l'intelligence artificielle (IA) : 57% des établissements financiers français prévoient d'investir dans l'IA en 2017 (contre 34% au niveau mondial) et 52% prévoient d'investir dans la robotique (30% en moyenne dans le monde). Selon les chiffres de la plateforme DeNovo de PwC, les startups qui cherchent à intégrer l'intelligence artificielle aux services financiers ont bénéficié de financements de l'ordre d'un milliard de dollars par an au cours des deux dernières années.

La Blockchain est l'autre technologie qui a la cote : 77% des acteurs historiques s'attendent à adopter ce registre numérique décentralisé dans leurs systèmes ou leurs processus d'ici à 2020 (même 80% chez les français). Les usages identifiés seront dans les infrastructures de paiement et de virement et la gestion de l'identité numérique. Le financement des Fintech de la Blockchain dans le monde s'est élevé à 450 millions de dollars en 2016 (en hausse de 79%).

« Nous sommes en train d'assister à l'adoption rapide de la Blockchain par les acteurs de la finance. A la fin de l'année 2016, une grande banque européenne a effectué des paiements instantanés entre deux clients situés dans deux pays différents grâce à la Blockchain [BNP Paribas CIB entre deux clients corporate, ndlr]. Cet exemple souligne les bénéfices de cette technologie de rupture pour les acteurs traditionnels : réduire les coûts et les délais mais aussi supprimer tout risque d'erreur dans la transaction », relève Marie-Line Ricard, associée responsable du Blockchain Lab chez PwC.

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Commentaires
a écrit le 06/04/2017 à 23:26 :
"startups de la Fintech" J'aime bien cet épouvantail de la fin-tecq. La pub est tellement grosse que l'on dirait celles pour l'intelligence artificielle et la smartsiti. D'accord, les innovations avancent bien, mais pour que les actuels gosses lobotomisés deviennent adultes, il faudra du temps. Et nul n'a l'assurance qu'ils seront tous bien lobotomisés au max... Ce n'est pas pour rien que les gouvernements de la planète ont peur de "leur" peuple depuis 2008...
a écrit le 06/04/2017 à 12:41 :
C'est un peu exagéré. Les banques ne changeront pas grand chose.
a écrit le 06/04/2017 à 11:05 :
On peut se passer des services financiers obligatoires qui nous tondent à longueurs d'années pour des gens de plus en plus riches. On pourrait avoir un compte universel informatisé avec notre carte d'identité Nationale , Chaque compte serait crée en Préfecture comme les immatriculations et ne permettrait plus les achats sans provisionnement. Un nouveau modèle financier avec plus de liberté . Pour les crédits et bien effectivement les services financiers seront tout le temps là et feront leur boulot comme d'habitude et cela changera tout .
a écrit le 06/04/2017 à 8:43 :
"réduire les coûts et les délais mais aussi supprimer tout risque d'erreur dans la transaction »"

Après avoir avalé la fintech, la finance internationale avale la blockchain qui de ce fait n'a plus aucun intérêt elle aussi.

"88% à craindre une perte de revenus au profit d’acteurs innovants"

C'est la peur qui motive ces gens là on ne peut donc définitivement pas utiliser ce paramètre comme baromètre avec eux, ils ont tellement peur de ne pas tout posséder...
Réponse de le 06/04/2017 à 17:23 :
Contrairement à ce que pense les médias, ce ne sont pas les Fintech en mode startup qui vont révolutionner la Finance. Je pense qu'il faut regarder les GAFA américains (Google Apple Facebook Amazon) ou des BATX asiatiques (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) qui ont les capitaux nécessaires, et l'expérience client pour changer les choses...
Réponse de le 07/04/2017 à 9:15 :
Quand vous voyez les nouveaux milliardaires du net, il est quand même difficile d'investir un quelconque espoir en eux.

Les nouveaux milliardaires sont comme les anciens, plus on possède et plus on est possédé c'est comme ça.

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