Christine Lagarde et Mario Draghi lors de la cérémonie d'échange de la cloche du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, lundi 28 octobre 2019, à Francfort.
BCE
Christine Lagarde succède ce 1er novembre au « sauveur de l’euro » à la tête de la BCE. La politique de « Super Mario », taux bas et injection massive de liquidités, a évité la déflation mais produit des effets secondaires.
Un pot de départ très VIP. À sa cérémonie d'adieux, Angela Merkel, Emmanuel Macron et Sergio Mattarella, le président italien, se sont succédé à la tribune au siège de la Banque centrale européenne, à Francfort, lundi 28 octobre, pour rendre hommage à Mario Draghi. « Vous avez sauvé l'Europe du naufrage », a déclaré le président français. « Bien plus qu'un mandat réussi, vous nous léguez le flambeau de l'humanisme européen. En sauvant l'euro, c'est la protection de l'Europe et de ses citoyens que vous avez assurée » a-t-il ajouté.
Cependant, à l'heure où Christine Lagarde prend officiellement la tête de l'institution, ce vendredi 1er novembre, le bilan du mandat de l'homme qui n'a pas relevé une seule fois les taux d'intérêt en huit ans ne fait pas l'unanimité.
« La BCE et Draghi ont sauvé la zone euro, mais à quel prix ? Nous avons maintenant trop de banques et d'entreprises « zombies » en Europe, habituées à l'argent bon marché, et cela va peser sur la croissance future » estime ainsi Jim Leaviss, responsable obligataire chez M&G Investments.
Les taux d'intérêt historiquement bas ont enrayé le risque de déflation mais ils ont produit des effets secondaires, nourrissant des bulles sur des actifs comme l'immobilier, minant la rentabilité des banques, rognant le rendement des épargnants.
« Quel est le bilan de Mario Draghi ? Énorme, comme celui de la BCE » ironise Frédéric Rollin, stratégiste macro senior chez Pictet Asset Management.
Il fait référence à la taille du bilan de l'Eurosystème (la BCE et les banques centrales nationales), qui a quasiment doublé au cours de son mandat, à 4.700 milliards d'euros, plus que celui de la Fed, sous l'effet du « quantitative easing » (QE ou assouplissement quantitatif), le programme d'achats massifs d'actifs.
[Évolution du bilan de l'Eurosystème en millions d'euros : en violet les titres émis en euro, principalement dans le cadre du programme d'achats d'actifs. Crédit : BCE]
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