Taux négatifs : Draghi au chevet des banques

La bce peut repousser encore la hausse des taux si besoin, dit draghi
Kai Pfaffenbach

La bce peut repousser encore la hausse des taux si besoin, dit draghi
Kai Pfaffenbach
La hausse des taux d'intérêt n'est pas pour demain, mais les banques vont peut-être un peu moins souffrir. Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), a indiqué ce mercredi 27 mars que l'institution pourrait remédier aux effets secondaires indésirables des taux négatifs qui affectent les établissements bancaires.
Les liquidités excédentaires que les banques laissent en sécurité au jour le jour dans les coffres de la BCE subissent un taux de rémunération négatif depuis 2014, fixé à -0,40% depuis mars 2016. Ce "taux de la facilité de dépôt" rapporte de l'argent aux banques centrales, plus de 7 milliards d'euros d'intérêts par an pour la BCE. Pour mémoire, le bénéfice net de la BCE est distribué aux banques centrales nationales de la zone euro (1,5 milliard d'euros en 2018).
Ce commentaire de Mario Draghi a fait bondir en Bourse les valeurs bancaires un peu partout en Europe. Crédit Agricole s'adjuge près de 3,5%, Natixis (BPCE) plus de 3%, Société Générale et BNP Paribas plus de 2%.
Les banques se disent étranglées entre d'une part des taux très bas, qui rognent leur marge d'intérêt lorsqu'elles accordent des prêts aux particuliers ou aux entreprises et rendent leur activité de banque de détail peu rentable, et d'autre part cette "taxe" sur les dépôts, qu'elles ne peuvent répercuter sur leurs clients, au risque de les voir partir à la concurrence.
Aucune mesure précise n'aurait été discutée mais l'objectif serait de rendre une partie de ces intérêts aux banques. L'une des pistes avancées par les banques elles-mêmes serait un taux de dépôt progressif, variable, par palier, à définir, selon l'agence Reuters.
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Mario Draghi a toutefois nuancé en arguant que "la faible rentabilité des banques n'est pas une conséquence inévitable des taux bas".
Le fait que la Banque centrale européenne semble se préoccuper de l'effet de sa politique monétaire sur les établissements de la zone euro s'inscrit aussi dans une séquence : les banques vont devoir faire preuve de patience, la BCE ayant officiellement indiqué le 7 mars dernier qu'elle repoussait le relèvement des taux de six mois, "au moins jusqu'à la fin de 2019". Or, ce mercredi, Mario Draghi a laissé entendre que l'horizon pourrait encore s'éloigner.
Les marchés ont rapidement réagi ce mercredi : les contrats à terme sur l'Euribor, qui reflètent les anticipations des investisseurs en matière de hausse des taux, ont montré une baisse de la probabilité d'une action de la BCE l'an prochain, n'intégrant plus qu'une hausse de 6 points de base d'ici à la fin de 2020, contre près de 20 points il y a deux semaines.
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La semaine dernière, la Fed américaine avait aussi pris de court les marchés en annonçant qu'elle n'envisageait plus de hausse de taux cette année. Un message qui a été pris comme un avertissement sur la croissance et qui a provoqué une inversion de la "courbe des taux" : le rendement des bons du Trésor à 10 ans est passé au-dessous de celui des bons à 3 mois pour la première fois depuis 2007. Un signe habituellement annonciateur de récession.
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