«Nous avons distribué 550 millions d’euros de Prêts garantis par l'État à l’ESS», Benoît Catel, DG du Crédit coopératif
Propos recueillis par Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Propos recueillis par Juliette Raynal
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
LA TRIBUNE - Comment le Crédit coopératif s'est-il organisé dans le contexte de la crise sanitaire ?
Benoît Catel - La priorité a été de préserver la santé de nos salariés et de nos clients tout en maintenant ouvert la totalité de nos centres d'affaires (72 pour le Crédit coopératif et une quarantaine pour nos filiales) ainsi que notre siège. Un tiers de nos collaborateurs était présent sur site, un tiers travaillait à distance et un autre tiers n'était pas en activité (arrêt maladie, personnes fragiles ou garde d'enfants).
Nous avons beaucoup fonctionné à distance avec nos clients, mais cela n'a pas toujours été possible, notamment parce que nous comptons quelques 150.000 personnes clientes sous tutelle ou curatelle. Ces clients, qui ont souvent des revenus très modestes, ne disposent pas de carte de paiement et étaient donc obligés de venir aux guichets pour retirer de l'argent. Nous avons alors mis en place des créneaux horaires et des modalités de retrait spécifiques pour garantir la sécurité des clients et de nos collaborateurs.
Certains de nos clients entrepreneurs avaient aussi des dossiers en cours, des urgences à traiter pour lesquelles le recours à nos centres d'affaires étaient nécessaire. En quelques semaines, nous avons transformé nos habitudes et fait preuve de créativité. Toutes les opérations courantes ont été assurées : les prélèvements, les versements de salaires, les paiements sans contact, etc. Ce sont des milliards d'opérations qui ont bien fonctionné. On a tendance à oublier qu'il y a un travail derrière ces opérations car elles sont invisibles, mais tous nos collaborateurs se sont fortement mobilisés.
La majorité des revenus du Crédit coopératif provient des clients de l'Economie sociale et solidaire (ESS). Comment ces structures ont-elles été impactées par la crise sanitaire et le confinement ?
À lire également
Comme d'autres entreprises plus classiques, nos clients ont généralement vu leur modèle économique percuté par une absence, ou une baisse très significative, de leur chiffre d'affaires. Toutefois, les entreprises et associations de l'ESS constituent un tissu très hétérogène. Certaines se sont retrouvées sans activité, comme celles du secteur de la restauration, de la culture ou encore du tourisme. D'autres, au contraire, se sont retrouvées en surchauffe, notamment les structures qui oeuvrent dans le domaine médico-social. Ces dernières ont été très impactées sur le plan sanitaire, mais en termes économiques leur modèle n'a pas été chahuté. La taille des associations est aussi un élément déterminant : les grosses structures savent s'organiser et s'insérer dans les systèmes d'aides déployés par les pouvoirs publics. Les plus petites, elles, se retrouvent davantage dans les angles morts des politiques publiques.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Propos recueillis par Juliette Raynal
Farine d'insectes : Innovafeed lève 51 millions d'euros mais supprime 60 postes
Nucléaire : une nouvelle chaire industrielle pour mieux estimer la durée de vie des centrales
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France
Trump rallume la chaudière du charbon américain avec 700 millions de dollars