Pourquoi le géant SoftBank s'intéresse au réassureur Swiss Re

Softbank
Reuters/Toru Hanai

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Le troisième homme le plus riche du Japon, Masayoshi Son, n'a pas apaisé sa boulimie d'acquisitions et d'investissements. Sa firme SoftBank, opérateur télécom en passe de devenir conglomérat technologico-financier, s'intéresse de près au réassureur Swiss Re dont il pourrait croquer un morceau du capital : Swiss Re, qui avait annoncé début février l'ouverture de "discussions préliminaires" avec le japonais en vue d'un partenariat et d'une prise de participation minoritaire, a indiqué ce mercredi que les discussions se poursuivent et que SoftBank ne devrait pas acquérir plus de 10% de capital. Soit au cours actuel de l'assureur suisse, qui capitalise quelque 34 milliards de francs suisses (près de 29 milliards d'euros), un investissement tout de même approchant les 3 milliards d'euros. L'agence Bloomberg avait évoqué une part de 25%, le Wall Street Journal de près d'un tiers.
Les deux acteurs étudient des terrains de "coopération stratégique potentielle", a indiqué la firme de Zurich, qui a précisé que cette entrée au capital ne se ferait pas par l'émission d'actions nouvelles.
Quel est l'intérêt stratégique pour SoftBank, premier opérateur mobile japonais, qui contrôle aussi le numéro quatre américain du mobile Sprint ? C'est un peu comme si Orange entrait au capital de Scor en France, ce qui ne manquerait pas de déconcerter ses actionnaires.
La firme de Mayasoshi Son s'est engagée dans une vaste diversification : elle a lancé un fonds d'investissement géant dans la technologie, Vision Fund, de 93 milliards de dollars, en partenariat avec l'Arabie saoudite, elle a investi dans l'e-commerce (Flipkart en Inde), les VTC (Uber, Didi Chuxing, Ola et Grab), la voiture autonome ou l'énergie solaire. Elle a même racheté un "hedge fund", Fortress, mis un ticket dans une start-up américaine de l'assurance Lemonade et pris 5% du géant chinois de l'assurance en ligne Zhong An.
Mais quid de la réassurance, activité très pénalisée par une série de catastrophes naturelles ces derniers mois (ouragans Harvey, Irma, Maria, incendies de Californie) ? Les difficultés du secteur ont conduit à une vague d'acquisitions, comme celle de XL en cours par Axa.
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Le solide bilan et les cashflows générés par Swiss Re (premier réassureur mondial devant Munich Re), pourraient intéresser SoftBank, lourdement endetté et noté par les agences en catégorie "junk" (hautement spéculatif). Mais selon le Wall Street Journal, SoftBank envisagerait de commercialiser certains produits d'assurance du groupe suisse auprès des consommateurs, au travers des entreprises dont le japonais est actionnaire, notamment Uber (pour assurer les chauffeurs) ou le spécialiste des lieux de coworking WeWork (pour les startups et autoentrepreneurs). Le groupe japonais pourrait ainsi aider Swiss Re à se transformer et à basculer vers la vente en ligne.
Lors de sa journée consacrée aux investisseurs, Swiss Re a beaucoup insisté sur sa "stratégie tech intégrée à sa stratégie commerciale et ses métiers". Un discours tenu par de nombreux acteurs de l'assurance, à l'heure de la voiture autonome et de l'économie collaborative, de la location à l'usage prenant le pas sur la propriété.
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