Quand le capital-risque se réinvente en mode plateforme
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Andreessen Horowitz
Reuters
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Sur la route arborée et ensoleillée de Sand Hill Road, entre Palo Alto et Menlo Park, l'artère concentrant le plus grand nombre de fonds de capital-risque au monde, Kleiner Perkins a longtemps fait figure de phare. La firme de venture capital (VC) créée en 1972 était devenue une légende, avec des paris précoces et gagnants sur le navigateur Web Netscape, sur Google, Electronic Arts ou Amazon. Mais le fonds a raté plusieurs virages, la plupart des stars du Web 2.0, et perdu beaucoup d'argent dans les énergies renouvelables. Le magazine Fortune vient même de publier le récit de « la chute de l'empire Kleiner Perkins » dans son édition de mai, la succession mal négociée du milliardaire John Doerr (67 ans) et le départ en septembre de la locomotive du fonds, Mary Meeker, pour créer sa propre boutique. Un déclin symbolisant les difficultés du capital-risque à l'ancienne qui aurait tardé à se transformer, concluent certains acteurs du secteur.
La Silicon Valley s'est entichée depuis quelque temps déjà d'un nouveau modèle : Andreessen Horowitz, raccourci en « a16z », installé à quelques numéros sur Sand Hill Road. Ironie de l'histoire, c'est le fondateur de Netscape, Marc Andreessen, célèbre pour sa prédiction selon laquelle « le logiciel dévore le monde » - qui a créé, avec son ami et collègue Ben Horowitz, cette entreprise de capital risque nouvelle génération en 2009, au lendemain de la crise financière. Leur ambition était de bâtir le fonds qu'ils auraient aimé avoir à leur capital en tant qu'entrepreneurs. Ils ont voulu casser les codes du métier traditionnel de VC, incarné par Kleiner Perkins, où l'essentiel de la création de valeur vient des partners, les associés du fonds pilotant les investissements. Admirés par les entrepreneurs de la tech, ils sont détestés par nombre de leurs pairs.
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S'inspirant plutôt des agences de talents de Hollywood, mais aussi des fabriques de jeunes pousses à succès, accélérateurs et startup studios, Andreessen Horowitz a recruté une armée d'experts opérationnels, qui fournissent gratuitement tout un éventail de services (finance, développement commercial, RH) aux startups dans lesquelles le fonds a investi, afin de les aider à grandir et à réussir beaucoup plus vite. Ce modèle, souvent résumé sous le terme de plateforme (dont l'écosystème numérique raffole), a fait ses preuves : la firme gère 10 milliards de dollars d'actifs dix ans après sa création et a réalisé plusieurs sorties très réussies, comme la vente d'Instagram à Facebook ou celle de GitHub à Microsoft, et l'introduction en Bourse récente de Lyft devrait lui rapporter un retour estimé à dix fois sa mise de 100 millions.