Quand public et privé s’allient pour financer la transition énergétique

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La carte des 272 projets déjà financés par le fonds Eiffel Energy Transition, qui vient d'être abondé par l'Ademe à hauteur de 40 millions d'euros, bouclant ainsi le tour de table de 200 millions d'euros. Il s'agit avant tout de projets de centrales solaires.
La carte des 272 projets déjà financés par le fonds Eiffel Energy Transition, qui vient d'être abondé par l'Ademe à hauteur de 40 millions d'euros, bouclant ainsi le tour de table de 200 millions d'euros. Il s'agit avant tout de projets de centrales solaires. (Crédits : Eiffel Energy Transition)
L’Etat, via le PIA, investit 40 millions d’euros dans le fonds Eiffel Energy Transition aux côtés de la Banque européenne d’investissement et d’institutionnels, notamment la Maif. Le fonds, qui a rassemblé 200 millions d’euros, soutient des développeurs de projets solaires ou éoliens au moment difficile de la construction, avant la génération de tout revenu.

A la veille du sommet pour le climat One Planet Summit, le 12 décembre prochain (qui ne « sera pas un sommet à pupitre mais un sommet d'actions » a promis le secrétaire d'Etat auprès du ministre d'Etat, de la Transition écologique et solidaire), le gouvernement a voulu montrer un exemple concret d'initiative innovante de financement pour accélérer cette transition. « Les effets du réchauffement climatique sont déjà une réalité, y compris pour nos concitoyens, de Saint-Martin et Saint-Barthélémy après l'ouragan Irma, ou de Nouvelle-Calédonie, comme toutes les îles du Pacifique », a souligné le secrétaire d'Etat jeudi, en recevant au ministère les dirigeants du gérant d'actifs Eiffel Investment Group qui vient de boucler une levée de 200 millions d'euros pour son fonds Eiffel Energy Transition.

L'Etat français, via le Programme d'investissement d'avenir, y injecte 40 millions d'euros, un investissement opéré par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), aux côtés de la Banque européenne d'investissement (BEI), qui avait mis un ticket équivalent. Les autres investisseurs sont dix institutionnels privés, au premier rang desquels l'assureur mutualiste Maif, principal sponsor privé du fonds, aux côtés de la Bred, la Macif, la Matmut, ProBTP, etc.

« Le fonds Eiffel Energy Transition, que l'Ademe vient d'abonder, constitue un levier financier décisif pour le déploiement des énergies renouvelables », a estimé le secrétaire d'Etat.

Effet démultiplicateur

Lancé en mars, le fonds de la société de gestion détenue par l'entrepreneur Jacques Veyrat (ex-Neuf Cegetel, ex-groupe Louis Dreyfus) a déjà engagé en neuf mois 103 millions d'euros dans 272 projets d'énergies renouvelables, pour l'essentiel des centrales photovoltaïques, ainsi que des éoliennes ou de la biomasse, principalement en France. Il intervient très en amont, sous la forme de prêts à court terme (de 6 à 36 mois, de 1 à 40 millions d'euros) pour passer la phase délicate de construction d'un projet, avant que celui-ci génère des revenus et avant que les financements de long terme (bancaires, fonds d'infrastructures) ne prennent le relais.

Il comble ainsi un chaînon manquant dans le financement et permet aux développeurs de projets (une dizaine dont Neoen, Innovent, Générale du Solaire, Cap Vert Energie) de se concentrer sur leurs nouveaux projets. Cette courte maturité des prêts lui permet de « recycler le capital » et de réinvestir les sommes après remboursement, en multipliant par 4 à 5 l'impact soit « 1 milliard d'euros d'investissement », a prédit Fabrice Dumonteil le président d'Eiffel Investment Group.

 « Cet effet multiplicateur est essentiel pour l'accélération de la transition énergétique », a souligné le président de l'Ademe, Bruno Lechevin, par rapport au « monde parfois très prudent de la finance ».

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Commentaires
a écrit le 08/12/2017 à 17:36 :
Le vrai terme est énergie aléatoire. Les centrales photovoltaïques ne devraient être construites qu'à minima, les panneaux doivent être sur les toits. Quant aux éoliennes, c'est le chant du tiroir caisse.
a écrit le 08/12/2017 à 17:22 :
Bon en gros, on a un pays socialiste qui subventionne le privé avec du fric des impots ? ... on est loin du libéralisme, on est dans l'ex URSS. Est-ce bien le role de l'état de s'occuper de tout ça ? Alors pourquoi pas tout nationaliser ?
a écrit le 08/12/2017 à 16:06 :
Rien de bien nouveau, cela fait des années que la Caisse des Dépôts investit et s’investit dans les énergies renouvelables. Malheureusement, on est loin du compte.
Sur les 57 Milliards annoncés pour le grand plan 2018-2022, 20 milliards devraient être consacrés à la transition écologique, comprenant le logement = 9 Milliards, les transports = 4 Milliards, l’énergie = 7 Milliards.
Du rêve à la réalité :
On pourrait déjà faire un bilan pour PIA1 et PIA2 et savoir ce qui a été dépensé pour la transition écologique. Pour rappel, il y 2 ans on avait déjà un retard sur les objectifs de déploiement des énergies renouvelables (on atteindrait 19 % en 2020 au lieu des 23 %, sur lesquels la France c’était engagée).
Malgré l’apport du le plan Junker (http://www.euractiv.fr/section/energie/news/le-retard-de-la-france-s-accentue-dans-les-renouvelables/)?
Il faut dire qu’une partie des investissements publics ont aussi été ré-alloués à d’autres secteurs.
Au final, d’après le dernier rapport de l’Institute for Climate Economics « Panorama des investissements climat en France » (https://www.i4ce.org/wp-core/wp-content/uploads/2017/12/I4CE-Panorama-des-financements-climat-ed2017-r%C3%A9sum%C3%A9-FR-3.pdf), il manquerait entre 20 et 40 milliards d’euros par an pour réaliser les investissements nécessaires à la transition et atteindre les objectifs de la PPE.

Ce n’est peut être pas qu’un problème de financement. Tout le monde semble compter sur les entreprises pour investir, or elles ne s’engageront que s’il existe des moyens de rentabiliser les opérations. Vu la complexité des procédures, les tergiversations Kafkaïennes et parfois les relents de monopole, il va falloir des « preuves d’amour » et des garanties pour les convaincre.
Chacun devrait pouvoir développer les projets simplement, que ce soit au niveau national ou local. On pourrait aussi favoriser les projets coopératifs et dans ce cas c'est peut être aux régions de structurer et d’apporter des garanties aux investissements. Sauf que la décentralisation n'est plus à la mode.
a écrit le 08/12/2017 à 15:54 :
Oui c'est bien mais c'est un système D parce que normalement l'investissement doit être privé, nous ne pouvons donc que déplorer que les actionnaires milliardaires se gavent de dividendes qu'ils vont immédiatement planquer dans des paradis fiscaux (hé oui c'est pour ça tout le cinéma de trump c'est juste pour essayer de récupérer un epu de cette argent qui là où il est anéantie l'économie) au lieu de réinjecter cet argent sous forme d'investissement.

Les possédants ne veulent plus prendre aucun risque, pire ils veulent gagner toujours plus en risquant toujours moins et le tout le plus vite possible.

Ce n'est pas aux états qui sont étranglés financièrement par le manque de rentrée fiscale et par les dettes, qui délaissent leurs écoles, leurs hôpitaux, leurs pauvres pour donner toujours plus d'argent aux plus riches, à investir dans l'économie censée être privée.

Individualisation des gains et socialisation des pertes, il faut quand même soit être totalement stupide soit y avoir intérêts pour ne pas deviner que c'est la sortie de route assurée.

"L’ordre de la dette. Enquête sur les infortunes de l’État et la prospérité du marché" https://www.monde-diplomatique.fr/2017/01/LEDER/57018 (gratuit)
Réponse de le 08/12/2017 à 17:16 :
On vous a reconnu , monsieur le grogneux .: pour info , à fin octobre les recettes fiscales françaises sont en hausse de 10 milliards d'euros sur 1 an .
Alors mettez vous à jour SVP .

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