La France numéro 3 mondial durable de la finance verte

 |   |  740  mots
La France talonne les Etats-Unis et la Chine en matière d'émissions d'obligations vertes, loin devant l'Allemagne et les Pays-Bas, selon les données rassemblées par Climate Bonds Initiative et HSBC. Il s'agit ici du total des green bonds émis à date en septembre 2017, en milliards de dollars.
La France talonne les Etats-Unis et la Chine en matière d'émissions d'obligations vertes, loin devant l'Allemagne et les Pays-Bas, selon les données rassemblées par Climate Bonds Initiative et HSBC. Il s'agit ici du total des green bonds émis à date en septembre 2017, en milliards de dollars. (Crédits : CBI HSBC)
Selon la banque HSBC, l'un des premiers arrangeurs mondiaux de green bonds, la France fait partie du trio de tête derrière les Etats-Unis et la Chine. Cette année, elle prend même la première place grâce au méga emprunt souverain.

Même les Britanniques le disent. En matière de green bonds, ces emprunts obligataires destinés à financer des projets participant à la lutte contre le réchauffement climatique, en plein essor depuis quatre ans, la France a un temps d'avance depuis la COP21 et devrait le garder, selon la banque HSBC, l'un des premiers arrangeurs mondiaux d'obligations vertes.

Présentant à la presse ce jeudi une enquête réalisée auprès d'investisseurs et d'entreprises du monde entier sur leurs comportements à l'égard de la finance durable, la banque britannique, qui dispute à Crédit Agricole CIB et JP Morgan la première place sur le marché mondial des green bonds, a souligné la maturité des acteurs privés et publics français dans le domaine, qui se reflètent dans les chiffres. La France est ainsi numéro un en Europe et numéro trois mondial.

« La France est loin devant tout le monde en Europe dans la finance verte. Il y a une conscience élevée dans toute la société de la nécessité d'être durable et responsable, cela se voit dans la rue, sur l'étiquette d'un pot de cosmétique ou la carte d'un restaurant. C'est tout un cercle vertueux qui va de l'Etat à l'opinion publique en passant par les grandes entreprises », a relevé Victoria Clarke, la responsable Green Bonds chez HSBC pour la zone Europe Moyen-Orient Afrique.

Numéro un mondial cette année

Selon les chiffres compilés par HSBC, la France figure dans le top 3 mondial des émissions d'obligations vertes réalisées depuis 2013 (toutes catégories confondues, secteur public, entreprises, institutions financières), avec 13% du total, derrière la Chine (17% des volumes émis) et les États-Unis (14%), mais assez loin devant l'Allemagne (9%) souligne Frédéric Gabizon, le responsable marché primaire obligataire de HSBC France.

Sur l'année 2017, la France est même leader à ce jour avec 17 milliards de dollars émis sur un total de 97,5 milliards, devant la Chine (14,4 milliards, en forte baisse par rapport à l'an dernier) et les États-Unis (6,7 milliards, en repli également). Il y a bien sûr l'impact de l'énorme OAT verte émise en janvier dernier par l'Etat français pour 7 milliards d'euros, le plus gros green bond souverain jamais émis.

Lire aussi : Première obligation verte : la France emprunte 7 milliards d'euros

Si l'on regarde la totalité des green bonds existants, émis depuis 2005 selon les chiffres au 30 juin 2017 du rapport de Climate Bonds Initiative pour HSBC, la France se situe également au troisième rang mondial (32 milliards de dollars), talonnant la Chine, les États-Unis étant numéro un à plus de 40 milliards - les grandes agences supranationales sont en tête si on additionne la Banque européenne d'investissement, la Banque mondiale, la KfW allemande, etc.

Green bonds plus gros émetteurs finance verte

[Les plus gros émetteurs d'obligations vertes à ce jour, montants, catégories et pays: l'Etat français, EDF et Engie dans les 10 premiers. State of the market 2017, Climate Bonds Initiative pour HSBC]

La position de la France se confirme sur longue période et devrait s'avérer durable, car elle compte parmi les plus gros émetteurs corporate d'obligations vertes, notamment avec EDF et Engie, qui ont plusieurs milliards d'euros à leur actif.

Seulement 1,5% du marché obligataire

La tenue d'une journée de la finance climat le 11 décembre et du Sommet Climat organisé par Emmanuel Macron le 12 décembre à Paris, deux ans après la signature de l'Accord de Paris à la COP21, sera probablement l'occasion d'annoncer de nouveaux projets en la matière.

« Il y a énormément plus de demande des investisseurs, beaucoup plus que d'offres. Un emprunt vert ne présente plus de surcoût qu'un emprunt obligataire classique, son coût peut même être inférieur », a observé Frédéric Gabizon, de HSBC France.

Cependant, il faut arriver à trouver des projets d'ampleur à financer (efficacité énergétique, énergies renouvelables, etc) pour justifier un green bond conformes aux standards et suffisamment liquide pour intéresser les investisseurs (d'une taille d'au moins 500 millions d'euros), ce qui n'est pas si simple.

« Si la croissance est exponentielle, avec des volumes qui ont doublé l'an dernier, les green bonds ne représentent encore que 1,5% du total du marché obligataire », a nuancé Victoria Clarke. « Les prévisions pour cette année vont de 90 à 200 milliards, j'anticipe 130 milliards sur l'ensemble de l'année 2017, contre 96 milliards l'an dernier. Je pense que dans les dix ans qui viennent, la part des green bonds pourrait grimper à 5% ou 10% du marché », a-t-elle prédit.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/10/2017 à 18:27 :
finance verte mdr
a écrit le 20/10/2017 à 12:42 :
Et les casseroles d'HSBC, y'aurait pas moyen de les recycler en durable?
:>))
a écrit le 20/10/2017 à 10:53 :
Tout dépend ce que l’on entend par la finance verte, chaque pays ayant ses priorités.
Détail dans le document HSBC cité en référence (voir PDF), sur le total de 825 Milliards :
- 61 % sont investis dans les transports, dont le plus important 229 Milliards China railway
- 19 % dans l’énergie, dont la part la plus importante (27%) en Hydroélectricité
- 20 % dans divers secteurs.

Effet de mode ou réelle mobilisation ?
Souvent des OAT standard feraient très bien l’affaire et seraient peut être même financées à meilleur compte.
Si l’on prend l’exemple de l’OAT verte 2039, 1.741%. Enorme succès, pour 7 Milliards levés la demande était de 23 Milliards. Le taux était intéressant dans le contexte actuel, l’OAT 20 ans doit être à 1.4 %.

My OAT is green, l’essentiel est dans les engagements et objectifs : http://www.aft.gouv.fr/documents/%7BC3BAF1F0-F068-4305-821D-B8B2BF4F9AF6%7D/publication/attachments/25558.PDF
On y apprend de nouveaux adjectifs et que dans certains domaines la France est rémédiative, parfois un peu plus de proactivité ne serait pas superflue.

Quand à l’affectation des fonds et la répartition des dépenses vertes éligibles :
-33 % fonctionnement
- 33 % dépenses fiscales
- 27 % dépenses d’intervention
- 7% dépenses d’investissement !!!
Je présume que la R&D est dans les 7 %. ? Moi j’aurais fait tout l’inverse mais bon, c’est une obligation souveraine d’Etat et il en fait ce qu’il veut.
http://www2.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2017-01-03_-_SR_-MS_DP_greenbonds.pdf
a écrit le 20/10/2017 à 8:58 :
Production de déchets de l'industrie par an par habitant: 14 tonnes.

L'écologie c'est l'économie c'est moins et mieux consommer or notre société marchande qui fabrique de plus en plus d'objets jetables va dans la direction opposée.

Tant que la destruction de la planète et de son humanité rapporteront 20% par an à l'actionnaire milliardaire celui-ci investira sur la destruction de la planète.
Réponse de le 22/10/2017 à 7:44 :
Productions de déchets par an par salarié de l'industrie: 14 tonnes.

Vous parlez industrie ...
Pourriez vous me dire combien un tourneur fraiseur sur machine UGV ( usinage grande vitesse ) produit de déchet dans les 220 jours ouvrables de l'année ?
63 kilos par jours ...
Pourquoi pas , ça semble raisonnable ...

Étant donné que c'est un des plus " polluant " bien que ces déchets soient recyclés a 100% , l'industrie n'est pas constitué que de tourneurs fraiseurs sur UGV .

Ou avez vous trouvé que celui qui travaille dans l'industrie produit 63 kilos de déchet par jour ?

Je travaille sur un site de production de 1000 personnes , ce qui a vos yeux devrait produire 14 millions de tonnes de déchet par an ou si vous préférez 63 tonnes de déchets par jours et j'ai le regret de vous annoncer que nos 4 bennes de déchets ( 10 a 20 tonnes chacune ) sont vidée une fois par mois .
Soit 80 tonnes / 20 jours ...
4 kilos par salarié par jour donc 880 kilos ans -

Je pense que vos sources ne sont pas fiables .

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :