SwissLeaks : le lanceur d’alerte Hervé Falciani ne sera pas extradé

La suisse demande l'extradition de falciani, a l'origine des fuites hsbc
Denis Balibouse

La suisse demande l'extradition de falciani, a l'origine des fuites hsbc
Denis Balibouse
Madrid ne livrera pas Hervé Falciani. Comme en 2013, la demande d'extradition émise par les autorités helvétiques à l'encontre du lanceur d'alerte franco-italien, à l'origine des révélations sur un système d'évasion fiscale organisé par la filiale suisse de HSBC, a été rejetée. Le tribunal de l'Audience nationale, qui a rendu sa décision publique ce mardi 18 septembre, a estimé que la question avait « déjà été tranchée ». Les juges considèrent également que l'« espionnage économique aggravé » pour lequel Hervé Falciani a été condamné à cinq ans de prison en 2015 par le Tribunal pénal fédéral suisse n'existe pas en droit espagnol.
L'homme qui travaillait comme informaticien pour la filiale genevoise du groupe bancaire britannique HSBC, aujourd'hui âgé de 46 ans, a été arrêté le 4 avril dernier, alors qu'il prévoyait de participer à une conférence dans une université madrilène. Le ministère espagnol de l'Intérieur avait agi en application d'un mandat d'arrêt international lancé le 19 mars par la Suisse. Le lendemain, l'ex-employé de la banque avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Pour rappel, Hervé Falciani avait quitté la banque emportant avec lui des documents bancaires confidentiels et avait ainsi permis d'identifier dès 2009 au moins 127.000 comptes non-déclarés appartenant à 79.000 personnes de 180 nationalités. Les données transmises par l'ancien employé de HSBC, qui avait collaboré avec le fisc dans plusieurs pays, avaient notamment conduit à des condamnations et enquêtes fiscales en France, en Espagne, en Argentine ou encore en Grande-Bretagne. Un consortium de plusieurs médias avait révélé que près de 120 milliards de dollars avaient transité par la banque HSBC pour échapper à l'impôt ou pour être blanchis via des sociétés-écrans.
Lors d'un entretien avec la Tribune de Genève, publié ce lundi 17 septembre, Hervé Falciani, qui souhaite être considéré comme un véritable lanceur d'alerte, a évoqué un acharnement de la part de la justice suisse et estime sa condamnation « ridicule ».
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D'après le quotidien suisse, l'homme travaille désormais comme consultant dans le domaine financier et fait de la détection de fraudes. Suite au scandale SwissLeaks, la Suisse et l'Union européenne ont décidé l'année dernière de mettre en place des dispositifs pour mettre fin au secret bancaire.
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