Transfert d'argent : l'UFC charge Western Union, MoneyGram et La Banque Postale

Ant (alibaba) confiant dans le rachat de moneygram
© Heinz-Peter Bader / Reuters

Ant (alibaba) confiant dans le rachat de moneygram
© Heinz-Peter Bader / Reuters
« Une zone de non-droit aux tarifs d'une "cherté immorale" » : l'association UFC-Que Choisir a annoncé ce mardi 27 novembre qu'elle portait plainte contre Western Union et MoneyGram, les leaders mondiaux des transferts d'argent internationaux, auprès du procureur de la République, pour « pratiques commerciales trompeuses. » L'association de défense des consommateurs reproche aux deux groupes américains l'opacité et le niveau trop élevé de leurs tarifs, en particulier des « frais de change cachés », qui s'élèveraient à 110 millions d'euros en 2017 sur un total estimé de 680 millions d'euros de commissions liées aux transferts d'argent depuis la France. Le volume des transferts d'argent en France seraient de 19 milliards d'euros, dont 9 milliards en zone euro (domaine où les frais sont plafonnés).
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[Les transferts d'argent depuis la France par pays de destination. Crédits : UFC]
L'UFC reconnaît que les deux sociétés américaines sont « transparentes sur les frais à l'acte » en revanche, « ni Western Union, ni MoneyGram n'informent lisiblement leurs clients de la perception de frais sur le change. Ils représentent pourtant plus d'un quart du coût de l'ensemble des transactions (26%) » avance l'étude.
Des alternatives existent, notamment des startups de la Fintech comme WorldRemit ou TransferWise, mais elles restent méconnues de la clientèle traditionnelle des services de transfert d'argent.
L'association s'étonne des écarts tarifaires observés, qui peuvent aller du simple au quadruple selon les prestataires.
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[Frais de transferts internationaux selon les prestataires utilisés. Crédits UFC Que Choisir]
L'UFC dénonce un « double jeu de La Banque Postale » qui a son propre service de transfert à un tarif parmi les plus bas mais qui prend une importante marge sur celui de Western Union réalisé en bureau de poste, alors que les populations concernées ont généralement des revenus modestes et que la banque remplit une mission de service public d'inclusion bancaire pour laquelle elle perçoit une aide de l'État.
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Au-delà de sa plainte, l'association demande aux pouvoirs publics un certain nombre de mesures. Notamment l'encadrement des tarifs des opérations de transfert vers les territoires français qui ne disposent pas de la monnaie unique (Nouvelle-Calédonie, Polynésie Française, Wallis et Futuna). Elle préconise également l'harmonisation de l'information du consommateur avant l'initiation d'un transfert d'argent, en prenant en compte tous les frais, y compris de change. L'UFC soulève aussi le problème du refus par les banques d'ouvrir des comptes professionnels à des sociétés de transfert agréées par les superviseurs nationaux et européens, ce qui freine la concurrence.