La faillite de Suntech, une ombre sur le secteur solaire
Dominique Pialot
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Elle a beau avoir été précédée de signes avant-coureurs, la faillite de Suntech Power n'en a pas moins fait l'effet d'une déflagration. A cela, plusieurs raisons : jusqu'à peu, Suntech n'était rien de moins que le leader mondial du secteur. Mieux, l'emblème de la domination chinoise sur le marché international, accusée d'avoir entraîné ces deux dernières années la chute de nombreuses entreprises occidentales, notamment allemandes et américaines.
Une chute qui suscite les interrogations
La faillite d'une société chinoise, en tant que telle, est d'ailleurs suffisamment rare pour susciter des interrogations, quand on a si souvent vu les autorités voler au secours des acteurs nationaux. Enfin, elle intervient sur un marché - national mais aussi mondial - dont les perspectives, en termes de potentiel de ventes, n'ont jamais été aussi radieuses.
Fondé en 2001 par Shi Zhengrong, surnommé "le Roi soleil", l'homme le plus riche de Chine en 2006, Suntech était coté à la Bourse de New-York depuis 2005 et a régné sur le marché mondial jusqu'en 2011, avant d'être supplanté par son compatriote Yingli. Des investissements massifs lui ont permis de construire une capacité de production de pas moins de 2,4 gigawatts (GW).
Une capacité de production multipliée par 10
Suntech a ainsi largement contribué à la situation de surcapacité dont souffre le marché mondial depuis quelques années. En 2012, la capacité de production globale atteint les 50 gigawatts (GW) quand les nouvelles installations solaires de l'année ne représentent que 31 GW. Avec le soutien massif du gouvernement, en Chine même (80 % de la production mondiale), cette capacité de production a été multipliée par 10 de 2008 à 2012. Avec pour conséquence un effondrement des prix de 75 % sur cette période, et la faillite de dizaines de fabricants occidentaux, dont les plus emblématiques des acteurs allemands et américains.
Doutes sur le secteur aux Etats-Unis
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La chute de l'américain Solyndra à l'automne 2011, qui avait bénéficié de prêts garantis par le département à l'énergie, a fait du bruit outre-Atlantique en jetant le doute sur le bien-fondé du soutien apporté au secteur par l'administration Obama. L'allemand Q-Cells, longtemps leader de l'industrie solaire en Europe, devenu la coqueluche des marchés financiers, a été repris l'année dernière par le conglomérat coréen Hanwha.
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Dominique Pialot
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