Les syndicats d'Astrium écrivent à François Fillon

La filiale spatiale d'EADS cherche à récupérer de la charge de travail sur un contrat estimé à 1,4 milliard d'euros qui doit être attribué au rival d'Astrium, Thales Alenia Space (TAS) associé au groupe allemand OHB Technology. Les syndicats d'Astrium ont écrit au Premier ministre pour exprimer leur "très grande inquiétude".
(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)

A la veille d'une décision sur l'appel d'offre concernant le programme Météosat Troisième Génération (MTG), qui prévoit la construction de six satellites pour 1,4 milliard d'euros, les syndicats d'EADS Astrium, la filiale spatiale du groupe européen EADS, montent au créneau. La CGC, FO et la CFTC ont envoyé un courrier au Premier ministre pour exprimer leur "très grande inquiétude", sachant que ce contrat va être attribué au rival d'Astrium, Thales Alenia Space (TAS) associé au groupe allemand OHB Technology. "Ce projet est absolument vital pour le maintien de l'emploi mais également pour le savoir-faire que notre société met continuellement au service des intérêts français", écrivent-ils à François Fillon.

Il y dénoncent surtout le soutien "quasi officiel" du gouvernement français pour TAS et "en particulier son établissement de Cannes", qui connaît "des difficultés de charge". "Cela étant, la situation de cet établissement ne justifie en aucun cas une prise de position en sa seule faveur, estiment les syndicats. Aider au maintien de l'emploi chez Thales Alenia Space ne doit pas conduire à générer chez Astrium des difficultés de même nature". Traditionnellement, la filiale de Thales et de Finmeccanica a toujours été choisie comme maître d'oeuvre des programmes Météosat. Astrium, qui passe actuellement une mauvaise passe conjoncturelle après la perte cuisante, notamment pour son ego, de Galileo, dont la construction de 14 satellites a été confiée à OHB Technology, "revendique de votre part un partage équitable entre les deux satellitiers français".

Plus grave, les syndicats "s'inquiètent du conflit d'intérêt qui peut naître du fait que le président du CNES, qui participe aux arbitrages entre Thales Alenia Space et Astrium, soit également membre du conseil d'administration de Thales". Pour autant, dans le cas présent, c'est l'Agence spatiale européenne (ESA), qui fait un choix technique et donc sélectionne l'industriel qui a présenté la meilleure offre pour MTG. Ce choix sera ensuite suivi et entériné à la mi-mars lors d'un conseil d'Eumetsat, une organisation intergouvernementale sous la tutelle des ministères des Trasnports (20 pays) et chargée de l'exploitation des satellites météorologiques. Eumetsat a d'ailleurs été étroitement associé à la procédure, à l'occasion d'un conseil d'administration prévu mi-mars. Alors que Astrium veut un redécoupage du programme pour y participer, en faisant le forcing notamment en Allemagne, l'ESA n'aurait pas, selon un observateur interrogé par La Tribune, le mandat pour le faire.

Au vu de la sensibilité du dossier, l'Agence européenne précautionneuse a demandé à une commission indépendante de vérifier si toutes les règles juridiques et techniques dans l'attribution de l'appel d'offre ont bien été suivies. Cette commission doit rendre son verdict mardi soir, voire mercredi matin.

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Commentaires 5
à écrit le 10/03/2010 à 7:55
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L'état ne se fournit pas exclusivement chez EADS ! CE qui pose problème est le soutient d'un gouvernement à une entreprise qui est en concurence directe avec une autre du même pays... Pour ce qui est des économies, on vera à combien reviendront a...

à écrit le 04/03/2010 à 6:43
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Le président du CNES, membre du CA de Thalès, vote également à l'ESA. Cela poste quand même question ? Idem pour Mr Estrosi, attaché à Nice et Cannes...

à écrit le 02/03/2010 à 11:56
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vendre Mandelieu: tout à fait d'accord! PS: c'est justement un établissement de ... TAS (le concurrent d'Astrium) moralité: s'informer avant d'écrire des âneries

à écrit le 01/03/2010 à 9:00
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c'est comme l'A400M! on part à 100 et en final on arrive à 300 avec EADS Pour Galiléo Astrium fait une offre non compétitive et n'est donc pas retenue et maintenant ils viennent pleurer sans vergogne pour qu'en final les contribuables vache à lait fr...

à écrit le 28/02/2010 à 18:33
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Combien coute à l'Etat (au peuple) l'obligation de se fournir exclusivement chez EADS, et.... n'en profite il pas un peu ????? il n'y a pas de petites economies dans ce monde.

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