EADS, le vent du changement se lève
Michel Cabirol
Michel Cabirol
Une page se tourne chez EADS avec l'arrivée de Tom Enders, qui prend au mois de mai prochain le manche du groupe européen avec une petite bande de dirigeants « quadras et quinquas » français, dont notamment Marwan Lahoud (numéro deux d'EADS) et Fabrice Brégier (PDG d'Airbus) mais aussi Thierry Baril (futur directeur des ressources humaines d'Airbus et d'EADS). Le patron du groupe éponyme, Arnaud Lagardèrerave;re, qui dans son interview vendredi au « Figaro » ne cite pas une seule fois Louis Gallois contrairement à tous les autres, complète la nouvelle équipe. Interrogé, il s'oppose à la fusion entre EADS et sa principale filiale Airbus, qui a généré l'an dernier 95 % des prises de commandes du groupe. Ce qui éloigne le groupe de l'objectif de la « Vision 2020 », chère à Louis Gallois, de rééquilibrer les chiffres d'affaires Airbus et non-Airbus. Soudée pour prendre le pouvoir conformément à ce que prévoyait l'accord franco-allemand entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en juillet 2007, cette nouvelle équipe de direction le restera-t-elle dans la gestion au quotidien d'un groupe très complexe et qui reste très politique au grand dam de Tom Enders ? Les premiers dossiers traités seront déterminants. Les nominations de Thierry Baril et d'Harald Wilhelm qui va devenir directeur financier (Chief Financial Officer) d'EADS, tout en conservant ses fonctions actuelles de CFO d'Airbus, ont été le fruit d'une décision validée par Tom Enders et Fabrice Brégier.
« Comme dans un chenil »
En revanche, le devenir du siège à Paris et de tout ou partie de ses salariés (environ 300 personnes) reste en suspens. Car on prête à Tom Enders la volonté de rester basé à Toulouse. Ce qui fait planer un vent d'inquiétudes au 37 boulevard de Montmorency, qui pourrait être même vendu. « C'est comme dans un chenil, quand les chiens sont inquiets, ils urinent partout pour délimiter leur territoire, c'est la même chose chez nous », explique-t-on à « La Tribune » pour décrire l'ambiance actuelle au siège. Une partie des effectifs pourraient être redistribués à Toulouse et sur le site parisien, rue Laurent Pichat.
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Si Tom Enders confirmait cette décision, on grincerait aussi des dents à Toulouse. Car Fabrice Brégier se verrait imposer la présence du futur patron d'EADS, qui n'est pas de nature à rester inactif. Les relations des deux hommes, qui s'entendent bien aujourd'hui, pourraient être alors mises à l'épreuve.
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