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Espace : les prochains satellites de télécoms militaires européens seront privés...

Michel Cabirol

Publié le 20 décembre 2012 à 08:01

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Le lanceur Ariane 5 a mis mercerdi soir sur orbite le quatrième satellite britannique de télécoms militaires sécurisés Skynet 5D. Un programme réalisé dans le cadre d'un Partenariat Public Privé (PPP) réussi dont la maîtrise d'oeuvre avait été confiée en 2003 à Astrium.

C'est l'exemple d'un Partenariat Public Privé (PPP) particulièrement réussi. Le programme britannique de satellites de télécoms militaires sécurisés Skynet 5, confié en 2003 à Paradigm (groupe Astrium) jusqu'en 2022 (initialement jusqu'en 2020), est passé de deux satellites dans le contrat initial à quatre. Très rapdiement, le ministère de la Défense britannique (MoD) demandait de nouvelles capacités, ce qui a entraîné en 2005 la signature entre la filiale d'Astrium et le MoD portant sur la construction d'un troisième satellite, puis d'un quatrième en 2010 (avec une extension de la concession jusqu'en 2022). Ce mercredi, Ariane 5 va mettre en orbite le quatrième Skynet 5, le "5D", réalisé par Astrium Satellites (groupe EADS).

Pour Paradigm, qui exploite déjà trois satellites de la famille Skynet 5 au profit du MoD et de clients tiers selon les capacités excédentaires, le succès a  immédiatement été au rendez-vous dès 2007 avec le premier lancement de Skynet 5A. "Nous avons été capables de vendre toute la capacité excédentaire des satellites", explique-t-on au sein d'Astrium. Grâce à ce PPP, Paradigm fournit actuellement des services de télécoms militaires par satellite (milsatcom) à l'OTAN, aux Etats-Unis, à la Belgique, au Canada, à l'Allemagne, aux Pays-Bas, au Portugal et même... à la France. "Nous allons avoir quatre satellites en l'air", se réjouit-on chez Astrium. "La lancement de ce quatrième satellite militaire sécurisé Skynet 5 marque une nouvelle étape décisive dans ce programme novateur et unique au monde (...) et va renforcer notre capacité de services", a estimé le nouveau patron d'Astrium Services, Evert Dudok, cité dans un communiqué publié le 14 décembre.

Vers une mutualisation des capacités européennes

Le 13 décembre dernier, 26 pays membres de l'Agence européenne de défense (AED) ont indiqué qu'ils allaient  "systématiquement" passer en revue leurs programmes en vue de favoriser dans le cadre d'une code de bonne conduite la nouvelle tendance à la mode dans la défense, le pooling and sharing (union et partage) des capacité de défense dans leurs prochains achats, selon le site Spacenews.com. Notamment en matière de programme de télécoms militaires de nouvelle génération en Europe.

Astrium Services a récemment signé un accord-cadre de trois ans avec l'AED avec pour objectif de fournir au meilleur prix des communications non sécurisées aux armées de cinq pays (France, Italie, Pologne, Roumanie et Royaume-Uni). Un petit test qui permettra de passer à la vitesse supérieure très prochainement. Car les cinq pays européens, qui disposent déjà de leur propre infrastructure de télécoms militaires - France, Italie, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie et Espagne -, doivent décider de systèmes de nouvelle génération entre 2017 et 2025. Certains doivent même le faire dans les deux ans pour éviter des interruptions de service. Des études multiples, y compris une de l'AED, ont conclu que des gouvernements européens pourraient économiser des centaines de millions d'euros s'il existait une coordination des achats de services de télécoms militaires.

Et en France ?

En France, les mentalités commencent à changer. "Pour les satellites, en matière de télécommunications, nous sommes dans une problématique de renouvellement, a récemment expliqué le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud. Les Britanniques ont l'expérience de l'externalisation puisqu'ils ont déjà renouvelé une fois leurs satellites et sont en train de négocier leur troisième contrat. Donc, on sait par expérience que l'externalisation coûte moins cher. C'est en conséquence une voie sur laquelle il convient de s'engager". Chez les industriels, on reste prudent. "C'est facile d'avoir aujourd'hui ce discours car le temps des décisions est encore très, très loin, explique-t-on. Il faut qu'à la DGA il y ait un gros changement de mentalité. Il faut qu'elle fasse sa révolution car l'organisation et l'exploitation d'un PPP va changer la vie de la DGA".

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  • A vendre, deux satellites de télécommunications militaires

Pourtant, en mai dernier, le ministère de la Défense abandonnait l'opération Nectar. Dans un courrier adressé à Astrium et Thales Alenia Space, la Direction générale de l'armement (DGA) avait décidé de "classer sans suite la procédure relative à l'opération de cession de l'usufruit des satellites Syracuse et à l'acquisition de services de communications spatiales". De quoi parle-t-on ? De la vente dans le cadre de PPP des deux satellites de télécoms militaires (programme Syracuse III) exploités actuellement par l'armée de l'air à un groupe privé, qui lui se rémunérera ensuite en vendant les communications spatiales au ministère de la Défense et à des clients tiers. "On sentait bien qu'il y avait des raisons non exprimées - notamment un changement radical de mentalité - alors que l'argument officiel était de dire que l'on avait pas le temps", analyse-t-on chez les industriels. Et de rappeler que les Britanniques ont mis dix ans environ à lancer ce PPP dans les télécoms militaires. "Ils ont commencé à y réfléchir à la fin des années 80 pour signer le 24 octobre 2003. La France a encore de la marge...

Michel Cabirol

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