Drone : les Etats-Unis n'ont pas donné leur accord à la "francisation" des Reaper achetés par Paris

 |   |  683  mots
Le Pentagone a notifié un contrat de près de 50 millions de dollars à General Atomics dans le cadre de l'acquisition par la France de deux drones MQ-9 Reaper
Le Pentagone a notifié un contrat de près de 50 millions de dollars à General Atomics dans le cadre de l'acquisition par la France de deux drones MQ-9 Reaper (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Alors que le contrat pour la vente de deux drones MQ-9 Reaper vient d'être notifié à General Atomics par le Pentagone, le Délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon, a révélé que les Etats-Unis n'avaient pas encore donné leur accord à la "francisation" de ces drones.

C'est parti pour les drones américains MQ-9 Reaper dans l'armée de l'air française. Et la France doit maintenant régler l'addition. Car le Pentagone a notifié le 30 septembre une partie du contrat à General Atomics Aeronautical Systems pour un montant de près de 50 millions de dollars (49,8 millions de dollars). Ce qui correspond aux premiers équipements pour l'achat via le programme FMS (Foreign Military Sales) - une vente d'Etat à Etat - de deux drones et d'une station sol par le ministère de la Défense français. Au total, la France devra débourser pour un système de deux drones MQ-9 Reaper un montant maximum de 149 millions de dollars.

"Nous avons passé un contrat FMS unique avec les américains d'un montant maximum de 149 millions de dollars", explique-t-on à La Tribune. Dans sa notification, le Pentagone évoque une demande urgente de la France d'acquérir deux drones. Le programme sera exécuté chez General Atomics à Poway en Californie et devra être achevé "avant le 15 juillet 2015". Pourtant, le délégué général pour l'armement (DGA), Laurent Collet-Billon, a expliqué début octobre aux députés de la commission de la Défense que la France avait "acheté deux drones sur étagère, qui seront déployés avant la fin de l'année au Sahel".

La francisation des Reaper pas encore acceptée par les Etats-Unis

La France a acheté deux drones MQ-9 Reaper mais elle n'est pas encore sure de pourvoir les faire voler en Europe. "Nous avons demandé aux Américains la certification aéronautique permettant aux appareils de fonctionner dans l'espace aérien européen - ce qui les surprend toujours, car l'espace aérien est si étendu aux États-Unis que ses parties civile et militaire peuvent être séparées", a expliqué Laurent Collet-Billon.

Mais surtout, la France n'est pas sure encore de pouvoir "franciser" les drones Reaper, comme elle le souhaite. C'est ce que dit le DGA dans son audition : "nous souhaitons qu'une étude soit conduite sur la francisation ou l'européanisation de capteurs, de moyens de transmission et d'outils de sécurisation des communications ; cette proposition n'a pas encore été acceptée". Pourtant, on avait expliqué à "La Tribune" à très haut niveau au sein de l'armée que cet achat  était conditionné à l'opération de "francisation" des douze drones que la France souhaite acheter. Pour des questions d'autonomie stratégique et ne pas dépendre des Etats-Unis, la France souhaite avoir accès aux "codes sources", les codes informatiques des drones soumis à de strictes règles d'exportation, afin de les modifier.

Vers un club d'utilisateurs formés de pays européens pour le Reaper

La loi de programmation militaire (LPM ) prévoit l'acquisition de douze drones MALE (pour moyenne altitude, longue endurance, soit 24 heures de vol) d'ici à 2019. Le coût total de cet achat - soit le prix d'achat et le coût de leur "francisation" - , est évalué par les services du ministère de la Défense à 670 millions d'euros. Le ministre de la Défense français "devrait prochainement annoncer la création d'un club des utilisateurs de Reaper en Europe, réunissant les Britanniques, les Italiens et peut-être les Allemands", a révélé le DGA..

Au-delà de cette opération, trois industriels - Dassault Aviation, l'italien Finmeccanica et EADS Cassidian - ont déclaré être disposés à s'unir pour élaborer un drone MALE européen à plus longue échéance de façon à pouvoir créer une filière industrielle européenne sur ce marché. "Je dois rencontrer leurs représentants dans le courant du mois d'octobre, a précisé Laurent Collet-Billon. Nous nous sommes également entretenus la semaine dernière (la semaine du 23 septembre, ndlr) de ce sujet avec M. Beemelmans, secrétaire d'État au ministère allemand de la Défense, chargé de l'équipement. La question que nous devons résoudre réside dans l'articulation entre ce que l'on veut intégrer du drone américain et ce que l'on veut développer dans un drone européen : la dimension financière la tranchera".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 24/10/2013 à 10:14 :
Le même scénario c'est déjà produit avec le contrat de modernisation en cours de la flotte AWACS Française MLU (Mid Life Update).
A la signature, c'est l'appel des sirènes, tout est beau, la France aura accès à toutes les informations.
Après malheureusement c'est une autre histoire qui visiblement se répète grâce à la compétence de notre DGA et à la vision très court terme de nos gouvernants.
a écrit le 17/10/2013 à 9:13 :
L'Europe, capable de développer des bijoux de technologie comme le concorde et l'airbus et pas en mesure de faire aboutir un projet de construction drones ? Allons donc !
a écrit le 17/10/2013 à 9:13 :
L'Europe, capable de développer des bijoux de technologie comme le concorde et l'airbus et pas en mesure de faire aboutir un projet de construction drones ? Allons donc !
Réponse de le 17/10/2013 à 10:10 :
Le scénario de ce qui s'est passé fort probablement, les militaires ont monté un dossier pour recevoir les drones, mais ce dossier est resté dans un tiroir de quelque ministre il y a dix ans, le prochain ministre qui a ouvert le tiroir la tout de suite remis au fond, puisque le ministre concerné ne comprenais rien comme aussi c'est conseillé énarques, que ce serait mieux appelé les courtisans, cela explique notre retard d'une guerre, on est toujours dans le royaume...... des cons qui nous gouverne
Réponse de le 17/10/2013 à 10:28 :
Concorde et Airbus, c'est du civil, les drones MALE sont en principe militaires. D'autre part, les défis dans un drone MALE, se trouvent dans le système (navigation autonome ou télécommandée, communication avion-sol, etc) et moins dans le vecteur càd l'avion lui-même).
Réponse de le 17/10/2013 à 11:01 :
Il y a bien des drônes en developpement mais ils seront pas opérationnels avant 2015-2020 je penses que nos industriels et peut être nos militaires n ont pas vraiment cru aux drones du coup ils nous en faut pour faire la liason avec la prochaine génération qui celle ci devrait être francaise ou tout au moins européenne
a écrit le 16/10/2013 à 23:10 :
"les Etats-Unis n'ont pas donné leur accord à la "francisation" des Reaper ". Sans déconner ??? Qui l'eu cru ?
a écrit le 16/10/2013 à 22:57 :
Je vous propose de jeter un coup d'?il sur un système dont la DGA ne veut même pas prononcer le nom : patroller de Sagem groupe SAFRAN. Un drone MALE léger bien français qui fait 80% de ce que fait un Reaper. Techno française, industriel français, emplois français. Bizarre que personne des hautes sphères ne veuille en parler. C'est tellement mieux d'acheter américain ou israélien.
Réponse de le 17/10/2013 à 4:22 :
Peut etre que le 20% restant est ce qui est crucial: Capacite d'emport d'arme et de tirer bien sur ???
a écrit le 16/10/2013 à 22:01 :
Avoir accès au code source !!! avec les américains n'y pensez même pas !! d'ailleurs je ne suis même pas étonné qu'un technocrate français ait pu poser la question !!!
a écrit le 16/10/2013 à 21:40 :
Est on obligé d'acheter américain ??? Une simple recherche sur la toile, me dit que: un petit pays d?Europe sous développé, qui ne sait faire que copier, qui n'a aucune industrie de hautes technologies fabrique des drones !!!
Ce pays c'est l?Italie avec un drone de surveillance (FALCO et FALCO evo produit par Selex ES, groupe finmeccanica) , mais comment est ce possible que nous nous sommes endormi a ce point, comment Dassault et Thales sont passé au travers de cette technologie ? cette affaire me rappelle étrangement un autre fleuron francais, qui lutte pour sa SURVIE, je veux bien sur parler d'Alcatel !!!
Beaucoup de questions reste en suspend, n?empêche tant qu'a faire, j'aurais souhaité que l?état français regarde d'un peu plus du coté de nos frontières et pas forcement a plus de 8000 km !!!! (NSA et tout le toutime)
Bref la désindustrialisation française bat son plein !! Mais que fait Montbourg!!!
Réponse de le 16/10/2013 à 22:43 :
On a assez de produit Italien, les pizzaiolo sont bon mais pas leur mécano. Ils ont du mal avec les normes. Du tout Français serait mieux, on a le savoir faire et malgré cela on préfère allez voir chez les autres et en prime le gouvernement reproche aux entreprises de délocaliser. Et la que font ils? La même chose...
a écrit le 16/10/2013 à 21:28 :
Est on obligé d'acheter américain ??? Une simple recherche sur la toile, me dit que: un petit pays d?Europe sous développé, qui ne sait faire que copier, qui n'a aucune industrie de hautes technologies fabrique des drones !!!
Ce pays c'est l?Italie avec un drone de surveillance (FALCO et FALCO evo produit par Selex ES, groupe finmeccanica) , mais comment est ce possible que nous nous sommes endormi a ce point, comment Dassault et Thales sont passé au travers de cette technologie ? cette affaire me rappelle étrangement un autre fleuron francais, qui lutte pour sa SURVIE, je veux bien sur parler d'Alcatel !!!
Beaucoup de questions reste en suspend, n?empêche tant qu'a faire, j'aurais souhaité que l?état français regarde d'un peu plus du coté de nos frontières et pas forcement a plus de 8000 km !!!! (NSA et tout le toutime)
Bref la désindustrialisation française bat son plein !! Mais que fait Montbourg!!!
Réponse de le 16/10/2013 à 22:14 :
@ ah... : la même simple recherche nous éclaire sur le fait que le Falco est un drone bien plus petit et léger qu'un Reaper. Tandis que ce dernier à une endurance de 24h (voire plus), le Falco est donné entre 8 et 14h. Il se rapproche alors un peu du Watchkeeper développé par... Thales! Vous allez certes me dire que la plateforme de base est israélienne (Hermes 450), mais Thales n'est pas un plateformiste. Quant au Falco Evo, il est encore en développement, donc pas disponible pour le besoin immédiat de l'armée de l'air. Dans tous les cas, ces drones plus légers ne visent pas les mêmes missions que les "grands" drones Male (qui volent plus vite, plus haut, plus loin et plus longtemps), pour lesquels aucun programme européen n'a effectivement été lancé. Je suis d'accord, c'est dommage qu'aucun programme n'ait été lancé plus tôt. La faute à un manque d'ambition criant de l'Europe dans la défense, qui s'exprime par des budgets insuffisants pour le développement de ces nouvelles capacités. C'est un choix.
a écrit le 16/10/2013 à 20:32 :
de la francisation de ces drones payés 10 fois leur prix. USA voleurs !!!
Réponse de le 16/10/2013 à 21:39 :
J'ai oublié un mot : REMBOURSEZ !!!
a écrit le 16/10/2013 à 19:44 :
Piaggio fait voler un drone. Ah oui, font aussi des scotters et c' est italien...
a écrit le 16/10/2013 à 19:39 :
Juillet 2015.....un léger contretemps ! pour le Mali, c' est maintenant que les militaires en ont besoin. Aqmi peut
dormir tranquille .
a écrit le 16/10/2013 à 16:37 :
Le temps ne fait rien à l'affaire, quand on est con...on est con!
Réponse de le 16/10/2013 à 20:54 :
Oui Brassens avait raison...hélas nos pauvres socialos n'écoutent pas assez Brassens et écoutent beaucoup trop nos "amis" américains qui se frottent les mains tandis que Dassault pleure de voir les commandes de Rafale franco-français se réduire encore afin de financer des emplois aux USA !
a écrit le 16/10/2013 à 13:44 :
"on avait expliqué" ... ça, c'est de la sureté d'info comme je n'en connais guère.. Même ma concierge est plus fiable en bruits de couloirs...
Réponse de le 16/10/2013 à 15:54 :
Cher Yvan, Appelez moi au téléphone et j'écouterai vos conseils avisés en matière de journalisme mais c'est peut-être mieux de vous "planquer" derrière au pseudo, non ? Bien à vous Michel Cabirol
Réponse de le 16/10/2013 à 19:29 :
Non de dieu, me CACHER, je n'en reviens pas. VOYEZ que même si je me permets de souvent essayer de lancer des blagues vaseuses sur La Tribune, j'essaie TOUJOURS de faire du CONSTRUCTIF AVEC DES SOURCES FIABLES CAR AVEC MINIMUM DEUX SOURCES DIFFERENTES. Filez-moi votre fil, il faut que nous nous expliquions de façon tout aussi contradictoire que constructive.
Réponse de le 16/10/2013 à 19:32 :
C'est clair que votre remarque est franchement... limite. et surtout absolument non-constructive.
Réponse de le 16/10/2013 à 20:23 :
Voici dans un premier temps mon mail : mcabirol@latribune.fr. Bien à vous cher Yvan. Michel Cabirol
a écrit le 16/10/2013 à 11:12 :
la NSA a sans doute déjà installé un backdoor dessus
Réponse de le 16/10/2013 à 19:49 :
C'est juste dommage qu'ils soient idiot. Ils avaient juste a autorisé ce que les français demandaient et transmettent les infos par leurs satellite espions... Mais bon les armées française sont tellement dépendante qu'ils passeront via les réseaux sans fils mondiaux ça leur coutera rien.
a écrit le 16/10/2013 à 11:12 :
Si on ne peut pas "franciser" les drones, je ne vois pas l'intérêt de cet achat.
Réponse de le 16/10/2013 à 17:06 :
on n a pas le choix , les drones sont devenus incontournables , on est encore en retard d une guerre !
Réponse de le 16/10/2013 à 21:30 :
@ tahiti6
d'autre choix existe il suffit de s'en donné la peine !!! et européen qui plus est !!
Réponse de le 16/10/2013 à 22:46 :
Même "franciser" les américain introduiront un ver pour nous espionner. C'est dans leur nature. Et "franciser" est faisable on a la mains d??uvre et le savoir faire!
a écrit le 16/10/2013 à 9:21 :
Bonjour, On m'explique à demi mot, qu'en France (voir l'Europe) on est incapable de faire voler un "modèle réduit" pendant 24H...A moins qu'il y ai pour quelques initiés ,encore une histoire de gros sous.
a écrit le 16/10/2013 à 8:51 :
150 millions pour deux drones, c'est moi ou c'est bien cher?
Réponse de le 16/10/2013 à 9:50 :
Si ce n'est que pour les deux drones oui c'est cher. Avec les stations au sol ça semble plus raisonnable.
Réponse de le 16/10/2013 à 13:47 :
Attendez, les gars. S'il faut, en plus, remplacer TOUTE l?électronique du bouzin (ce qui est obligatoire sinon tu es obligé de décortiquer les circuits US) , là, le coût, je ne vous explique pas...
Réponse de le 16/10/2013 à 13:49 :
Notez, j'ai entendu dire par ma concierge (je suis plus fiable que La Tribune) que ça tournait sous windows, leur machin. Comme le dreamliner. Vous dire les risques...
Réponse de le 16/10/2013 à 17:43 :
@icietla : Bonjour. Il est précisé qu'il s'agit de 149 millions de dollars "maximum". Il me semble que cela est lié aux autorisations d'exportations, dont le montant doit être précisée. Les montants sont donc 'margés' afin de ne pas exiger de recommencer le processus si le montant augmente. Par ailleurs, il ne faut pas oublier les "à-côté" de ces contrats : formation, pièces-détachés, support, etc. Donc le contrat inclut davantage que "juste" 2 drones.
a écrit le 16/10/2013 à 8:06 :
Laissons tomber les Reaper, poussons le Telemos.
Réponse de le 16/10/2013 à 19:50 :
Autant en créer un cent pour cent français. Au moins on contrôlera ses possibilités.
Réponse de le 16/10/2013 à 20:55 :
helas sans le GPS americain le drone seul est trop limite.
Réponse de le 16/10/2013 à 22:50 :
el le projet gps européen est tombé a l'eau? De plus il existe de très bon gps embarqué ou créer une liaison de données crypté corrigeant la trajectoire du drone en temps réel est pas si dur a créer, elle existe déjà vu que le drone transfert ces données.
Réponse de le 17/10/2013 à 4:13 :
Avec du cent pour cent francais, on en prendrait encore pour 10 ans. Poussons ce qui existe deja a 80%. Quand au GPS europeen, on s'en passera. Utilisons la navigation inertielle, domaine dans lequel les francais sont tres forts.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :