Le Japon relance l'idée d'un téléphone rouge avec la Chine

latribune.fr

latribune.fr
A la fin de l'été 1963, en plein guerre froide, la Maison-Blanche envoyait son premier message crypté au Kremlin, via le téléphone rouge. Un peu plus de 50 ans plus tard, le Japon souhaiterait que ce canal de discussion se mette en place avec la Chine. Les ministres japonais de la Défense et des Affaires étrangères ont ainsi plaidé ce jeudi à Paris pour l'ouverture d'un "téléphone rouge" entre Tokyo et Pékin.
"Nous avons besoin d'un téléphone rouge pour dialoguer", a déclaré Itsunori Onodera. "Nous en avons parlé à la Chine mais malheureusement ce dialogue n'est pas ouvert, et nous devons le rouvrir."
En 2011, le Japon et la Chine avaient convenu de discuter de l'ouverture d'un téléphone rouge entre responsables militaires pour les urgences maritimes et aériennes. Mais les discussions sont bloquées depuis que Tokyo a décidé d'acheter à leur propriétaire privé les îles Senkaku-Diaoyu en 2012, ce qui avais passablement énervé les dirigeants de l'empire du Milieu pour qui ces îlots relèvent de la souveraineté chinoise.
Un conflit qui ne date pas d'hier qui n'a fait que s'envenimer ces dernières années. Depuis septembre 2012, le ton ne cesse ainsi de monter entre les deux superpuissances, la Chine multipliant les intimidations - en envoyant avions et navires à proximité de ces îles, parfois jusque dans les eaux territoriales - ainsi que des actions moins directes telles que ce passeport mis en circulation fin 2012 et qui incluaient les eaux territoriales que se disputent la Chine et le Japon, mais aussi les Philippines et le Vietnam.
Le 25 novembre dernier, Pékin a établi unilatéralement une zone d'identification aérienne comprenant notamment les îles Senkaku-Diaoyu. Une décision qui avait entrainé une réaction immédiate des Etats-Unis, allié du Japon, qui avait envoyé des B52 survoler la zone afin de bien faire comprendre à Pékin qu'ils ne reconnaissaient en rien cette zone d'identification aérienne.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Et en décembre dernier, les liens entre les deux géants asiatiques se sont encore détériorés après la visite de Shinzo Abe au sanctuaire de Yasukuni. Pour la Chine, ce lieu est en effet le symbole du militarisme expansionniste japonais des années 1930 et 1940. Effectivement, la mise en place d'un téléphone rouge n'aurait sans doute rien de superflu...
À lire également
latribune.fr
Trump rallume la chaudière du charbon américain avec 700 millions de dollars
Micro-réacteurs nucléaires : Antares franchit le cap décisif de la criticité
L’industrie française repasse les 10% du PIB, mais les usines continuent de fermer
Souveraineté alimentaire et sanitaire : l'État monte au capital de l'industriel Eurolysine, menacé par la concurrence chinoise