Rolls Royce s'apprête à frapper un grand coup dans le programme A380 face à Engine Alliance, l'autre motoriste du super jumbo d'Airbus, composé de General Electric et Pratt & Whitney qui ont fait cause commune sur ce programme.
Selon nos informations, Emirates, le plus gros client de l'A380 avec 140 appareils commandés (et une soixantaine en exploitation), aurait choisi d'équiper ses 50 derniers A380 commandés en décembre 2013, non pas de moteurs GP-7000 d'Engine Alliance comme cela avait été le cas pour les 90 premiers exemplaires achetés, mais de moteurs Trent 900 du motoriste britannique Rolls Royce. Une annonce sur le sujet est prévue ce vendredi.
L'A380 étant un quadriréacteur, l'accord portera de facto sur 200 moteurs auquel il faudra ajouter une vingtaine moteurs de réserve (il faut en général un moteur de réserve pour 10 moteurs). La valeur de cette commande est de 9,2 milliards de dollars au prix catalogue, maintenance comprise. De quoi rééquilibrer le poids de Rolls Royce face à Engine Alliance dans le programme A380, qui ne dépassait pas jusqu'ici 30% du carnet des commandes. Et de probablement faire du motoriste britannique le seul fournisseur de moteurs de l'A380 à l'avenir.
Plus qu'une question de performance entre les deux moteurs qui sont très proches si l'on combine la consommation de carburant, la masse et la traînée (le GP-7000 est, selon un expert, un peu plus efficace en termes de consommation de carburant mais le Trent 900 est plus léger), le choix d'Emirates apparaît plutôt comme une décision stratégique qui s'inscrit dans le débat plus large de la remotorisation de l'A380 qu'exige la compagnie du Golfe depuis des mois, mais dont ne veut pas entendre parler Airbus pour l'instant en raison de son coût.
Avec choisissant le Trent 900, Emirates tente probablement de convaincre Rolls Royce de concevoir un nouveau moteur pour l'A380, afin de mettre la pression sur Airbus à lancer un A380 Neo que la compagnie de Dubai commandera. Une sorte "d'acompte" en quelque sorte pour récompenser le motoriste le plus enclin à se lancer dans l'aventure Neo. La carotte est de taille. Tim Clark, le directeur d'Emirates, a maintes fois déclaré que la compagnie de Dubaï pourrait acheter jusqu'à 200 A380 Neo si le programme était lancé.
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Selon des sources industrielles, Rolls Royce est en effet plus intéressé pour construire un nouveau moteur qu'Engine Alliance, lequel est plus favorable à une amélioration du moteur existant pour augmenter les performances de l'appareil qui 15 ans après son lancement commercial n'a pas affiché les résultats escomptés.
Pour l'heure, la remotorisation de l'A380 n'est pas à l'ordre du jour a expliqué le PDG d'Airbus, Fabrice Brégier, dans un entretien lundi aux Echos. Ce dernier préfère apporter des modifications au fil de l'eau en commençant par une augmentation du nombre de sièges en classe économique pour afficher une baisse du coût au siège. Emirates n'en a que faire. Sa priorité est au contraire d'augmenter le rayon d'action de l'appareil pour mieux desservir les Etats-Unis.
Reste à voir si un tel accord entre Emirates et Rolls Royce sur l'A380 aura une incidence sur le choix de la motorisation de la future commande de gros porteurs de 300-350 sièges que prévoit Emirates. Début mars, Tim Clark, le PDG du transporteur de Dubai, a évoqué une commande à venir d'A350 ou de B787. Rolls Royce est l'unique motoriste du premier mais se trouve en compétition avec General Electric sur l'avion américain.
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Enfin, certains observateurs ont une lecture différente d'un choix de Rolls Royce par Emirates pour ses 50 A380. Pour eux, un tel choix pourrait s'expliquer par les améliorations (et non les évolutions) dont est capable de mettre en oeuvre Rolls Royce sur le moteur actuel, lesquelles seraient plus importantes que celles d'Engine Alliance. Un point qui semble néanmoins faire débat. Selon une autre source industrielle, les capacités d'amélioration seraient au contraire plus importantes sur le moteur américain.
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