Airbus met la pression sur Theresa May pour éviter un Brexit dur

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(Crédits : Regis Duvignau)
Airbus nouveau mis en garde sur les conséquences de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, déclarant qu'un Brexit sans accord sur le commerce futur l'obligerait à reconsidérer sa position à long terme dans le pays.

A quelques jours d'un sommet européen à Bruxelles, Airbus met la pression sur la Première ministre britannique Theresa May en assurant qu'il reverrait ses investissements à long terme au Royaume-Unien cas de Brexit sans accord avec l'Union européenne d'ici au 29 mars 2019 date prévue de la sortie du Royaume-Uni de l'UE.. L'inquiétude augmente en effet quant à la progression des discussions alors que Londres n'a pas encore dévoilé sa vision de la future relation avec l'UE après le Brexit. Bruxelles a même conseillé de se préparer à l'absence d'accord.

Un Brexit dur constitue une menace pour Airbus

Le constructeur aéronautique, qui fabrique les ailes de ses avions civils et militaires au Royaume-Uni, estime qu'une sortie du marché unique et l'union douanière brusquement et sans transition en 2019 entraînera une "perturbation et une interruption importantes" de la production britannique.

"En d'autres termes, un scénario sans accord menace directement l'avenir d'Airbus au Royaume-Uni", a déclaré Tom Williams, directeur général adjoint d'Airbus Commercial Aircraft. En conséquence, Airbus accumule les mesures pour réduire les risques, a-t-il déclaré dans le communiqué.

En mars, Tom Williams avait déclaré au personnel dans une vidéo qu'Airbus envisageait la possibilité d'acheter plus de pièces pour constituer un stock de régulation afin de faire face à une éventuelle perturbation de la production lorsque la Grande-Bretagne quittera l'UE.

Airbus représente 15.000 emplois directs et 100.000 indirects

Les enjeux pour Londres sont énormes. Airbus emploie près de 15.000 personnes sur plus de 25 sites dans le pays. Il fait aussi travailler indirectement plus de 100.000 personnes, à travers un réseau de 4.000 fournisseurs et contribue à hauteur de 7,8 milliards de livres à l'activité économique britannique. Au Pays de Galles, où Airbus génère environ 11.700 emplois directs et indirects, le gouvernement régional travailliste a qualifié l'annonce du groupe d'"extrêmement inquiétante".

L'enjeu : le maintien de la production pour le successeur de l'A320

Faisant écho aux appels de Siemens cette semaine, Airbus a déclaré qu'il avait besoin de précisions immédiates sur la manière dont ses opérations devraient être réorganisées. Selon les analystes du secteur, il est peu probable qu'Airbus se retire brusquement du Royaume-Uni en raison de la longueur des délais et des listes d'attente pour ses avions. Mais il pourrait envisager de transférer la production des ailes de sa prochaine génération d'avions monocouloirs (le successeur de l'A320), dont le développement devrait commencer vers le milieu de la prochaine décennie. La production pourrait ainsi être transférée en Allemagne, en Espagne ou encore dans de nouveaux pays fournisseurs comme la Corée du Sud.

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Commentaires
a écrit le 25/06/2018 à 14:17 :
ENDERS organise à travers une habile communication le rapport de force ...as usual
Question : pourquoi la FRANCE ne serait elle pas capable de reprendre cette activité stratégique ?
De mémoire la voilure externe de l'ATR72 en composite est toujours fabriquée en FRANCE ,
la première voilure d'avion d'affaire ( falcon 10 toujours en exploitation ) a été fabriquée en FRANCE .
a moins qu'il faille faire travailler les allemands dont le taux de chomage est moitié moindre que celui de la FRANCE!!
a écrit le 23/06/2018 à 20:09 :
Mais bien sûr, Tom. Et à l'époque du GIE Airbus, on faisait comment?
Réponse de le 25/06/2018 à 14:12 :
A l'époque du GIE, British Aerospace était membre, ce qui n'est plus le cas. Seules la France, l'Allemagne et l'Espagne sont restées dans l'entreprise. Autrement dit Airbus ne doit rien au royaume-uni, alors que le GIE était tenu de se montrer souple avec un des membres de l'alliance.
a écrit le 23/06/2018 à 16:40 :
Evidemment, si Airbus obtenait des subventions ou des aides fiscales importantes de la part du gouvernement britannique, tout irait mieux, on a bien compris... Ce n'est pas forcément tant le Brexit qui est en cause que le rapport de force entre une multinationale et un gouvernement et/ou des collectivités locales. "Tant que je gagne, je joue"...

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