Airbus n'exclut pas de baisser à nouveau la production de l'A380

Fabrice Gliszczynski, à Cancun
Airbus fait le dos rond sur l'A380. Alors que l'avionneur européen a annoncé l'an dernier qu'il baisserait à partir de 2018 la production de son très gros-porteur à 1 avion par mois, il envisage déjà l'éventualité de passer en dessous de ce niveau, soit moins de 12 appareils par an au cours des prochaines années, dans l'hypothèse où l'absence de ventes perdurerait, a indiqué ce lundi, Didier Evrard, directeur général des programmes d'Airbus, lors d'une rencontre avec la presse avec John Leahy, le directeur commercial d'Airbus, en aparté de l'assemblée générale de l'Association internationale du transport aérien (IATA) qui se déroule cette année à Cancun au Mexique. John Leahy en a par ailleurs profité pour déclarer que son bras droit, Kiran Rao, lui succèdera quand il quittera son poste. Selon des proches, le super vendeur d'Airbus devrait tirer sa révérence cette année.
L'hypothèse de baisser éventuellement à nouveau la cadence de production traduit la volonté de l'avionneur de gagner du temps dans l'espoir de pouvoir relancer les ventes au cours de la prochaine décennie. Avec le développement du trafic et une augmentation du nombre d'aéroports congestionnés, l'A380 pourrait retrouver un deuxième souffle à partir du milieu de la prochaine décennie, selon certains experts. A ce moment-là, l'A380 pourrait bénéficier de nouvelles technologies moteurs qui pourraient permettre de remotoriser l'appareil.
Le carnet de commandes de l'A380 court jusqu'à 2022-2023. Pour le remplir, l'avionneur mise énormément sur les nouvelles optimisations qu'il peut apporter à l'avion. Notamment, l'ajout de 80 sièges grâce à de nouveaux aménagements. Des discussions sont en cours avec des compagnies déjà clientes.
Avec un trafic en augmentation continue, Airbus est convaincu que l'A380 a un avenir.
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Les difficultés commerciales de l'A380 interviennent dans un contexte de fort ralentissement des prises de commandes des compagnies aériennes. Pour John Leahy, cette situation pourrait encore durer une ou deux années.
Fabrice Gliszczynski, à Cancun