Airbus plonge dans le rouge mais se dit prêt pour traverser la crise
Mathieu Rabechault, AFP

Airbus reduit sa production d'a350, perte superieure aux attentes au 2e trimestre
Stephane Mahe
Mathieu Rabechault, AFP

Airbus reduit sa production d'a350, perte superieure aux attentes au 2e trimestre
Stephane Mahe
L'effondrement du trafic aérien a fait plonger Airbus dans le rouge au premier semestre, reflétant la division par deux de ses livraisons d'avions, mais l'avionneur s'estime désormais en ordre de bataille pour traverser la crise provoquée par le coronavirus.
L'avionneur européen a subi une perte nette de 1,9 milliard d'euros sur les six premiers mois de l'année, à l'image des 2,4 milliards de dollars de perte son rival américain Boeing, englué dans la crise du 737 MAX mais qui peut davantage s'appuyer sur ses activités de défense.
Airbus, qui a enregistré 298 commandes nettes au premier semestre, a livré 196 avions sur la période. Les compagnies aériennes, mises à genoux par l'effondrement du trafic, cherchent à repousser leurs livraisons ou sont dans l'incapacité de les réceptionner en raison des fermetures de frontières.
Le deuxième trimestre a été particulièrement compliqué avec 74 avions livrés, contre 20 pour Boeing.
Au total, environ 145 avions n'ont pu être livrés au cours du semestre, en raison de l'épidémie, détaille l'avionneur européen.
Or les livraisons sont un indicateur fiable de la rentabilité dans l'aéronautique, principalement parce que les clients paient la majeure partie de la facture au moment où ils prennent possession des avions.
Le chiffre d'affaires s'en ressent: à 18,5 milliards d'euros, il a baissé de 39% sur le semestre, de 48% pour la seule division Avions commerciaux, à 12,5 milliards d'euros.
Conséquence, l'avionneur européen enregistre une perte opérationnelle de 1,6 milliard d'euros, pâtissant notamment d'une charge de 332 millions d'euros liée à la fin du programme du gros-porteur A380 en 2021. Le groupe a en outre enregistré 900 millions d'euros de charges sur son résultat opérationnel à cause du Covid-19.
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Sa trésorerie a fondu de 12,4 milliards d'euros, dont 3,6 milliards pour le paiement d'amendes en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis à l'issue d'un accord conclu en janvier dans des affaires de corruption. "Notre ambition est de ne pas consommer de liquidités" au second semestre, avance Guillaume Faury.
Pour s'adapter à une reprise du trafic aérien qui ne devrait retrouver son niveau de 2019 qu'entre 2023 et 2025, l'avionneur a baissé ses cadences de production de 40% par rapport à ce qu'il prévoyait avant-crise, avec 40 Airbus A320 produits par mois (contre 60 en 2019), 4 A220 et 2 A330. L'avionneur effectue toutefois "un petit ajustement de la cadence de production de l'A350 de 6 à 5 appareils par mois".
Airbus produisait avant-crise 9 à 10 long-courriers A350 par mois, ce qui lui permettait d'atteindre l'équilibre sur ce programme.
Et malgré l'appel de responsables locaux mercredi à maintenir le projet d'ouverture d'une nouvelle ligne d'assemblage pour l'A321 à Toulouse, Airbus maintient le gel du projet.
"Nous ne pouvons pas investir dans une nouvelle installation de production alors que [...] nous n'avons pas l'activité pour la remplir", justifie l'avionneur.
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Pour s'adapter à la crise, Airbus taille dans les dépenses d'investissements, revoit les dépenses de R&D à la baisse tout en "préservant les projets stratégiques" et a annoncé la suppression de 15.000 postes dans le monde, soit 11% de ses effectifs, dont 5.000 en France.
Il estime la provision nécessaire pour financer ces mesures sociales entre 1,2 et 1,6 milliard d'euros.
En raison d'une "visibilité limitée", notamment sur la reprise des livraisons, le groupe renonce à émettre des prévisions pour 2020.
Mathieu Rabechault, AFP
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