Airbus repart de Farnborough avec le maillot jaune dans la course aux commandes d'avions

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(Crédits : © Regis Duvignau / Reuters)
Avec 197 commandes fermes enregistrées au salon aéronautique britannique, contre 19 pour Boeing, l'avionneur européen a rattrapé le retard qu'il accusait depuis le début de l'année et dépassé son rival américain en termes de prises de commandes. Pour autant, l'enjeu des deux géants est d'accélérer la production.

Airbus a largement devancé Boeing dans la course aux commandes au cours d'un salon aéronautique de Farnborough bien moins actif que celui du Bourget l'an passé, montrant que le cycle commercial tend à se ralentir.

Airbus gagne la bataille d'Angleterre...

L'avionneur européen, qui a profité de l'engouement pour la plus grande version de la famille A320 remotorisée, a engrangé 279 commandes et engagements d'une valeur totale de 35 milliards de dollars (31 milliards d'euros), dont 197 commandes fermes représentant 26,8 milliards de dollars aux prix catalogue. Boeing a fait état de 182 commandes et engagements, mais 42 d'entre elles étaient déjà comptabilisées et il n'a fait que révéler les noms des clients qui les avaient passées. L'américain a en fait enregistré 19 commandes fermes réellement nouvelles, et plus d'une centaine d'engagements.

Airbus avait terminé le salon du Bourget de juin 2015 avec 421 commandes et engagements d'une valeur de 57 milliards de dollars, contre 331 avions pour Boeing représentant un total de 50,2 milliards de dollars aux prix catalogue

Ces résultats sont très inférieurs à ceux enregistrés au salon du Bourget l'an dernier où les deux avionneurs avaient enregistré à eux deux 107 millards de commandes et d'engagements.

...et double Boeing

Airbus, qui était arrivé à Farnborough derrière son rival en termes de prises de commandes depuis le début de l'année, repart avec le maillot jaune. L'avionneur européen, qui totalisait 183 commandes fermes fin juin, en compte aujourd'hui 380, tandis que Boeing est passé dans le même temps de 276 à 295 commandes nettes.

Le directeur commercial d'Airbus, John Leahy, a dit ne pas craindre une surchauffe des marchés de l'aéronautique et a rejeté les interrogations soulevées par Boeing sur la qualité du carnet de commandes de son rival européen.

 Mais les deux avionneurs ont surtout insisté sur la tendance de fond qui porte le marché à long terme, et la nécessité de livrer leurs appareils au plus vite alors que leurs carnets de commandes (13.000 avions à eux deux) représentent jusqu'à 10 ans d'attente pour les compagnies aériennes. De tels temps d'attente peuvent en effet constituer un obstacle à de nouvelles prises de commandes

"Ce ne sont pas les commandes qui comptent, ce sont les livraisons", a reconnu John Leahy, alors que l'industrie double de taille tous les 15 ans. Même son de cloche chez Boeing. "Ce « business » repose sur les livraisons", a indiqué Randy Tinseth, le directeur marketing du géant américain.

 Coup dur pour l'A380

Farnborough a également été marqué par la confirmation par Airbus des informations de La Tribune concernant la réduction de la production d'A380 à un exemplaire par mois en 2018.

Si certains experts y voient le signe d'un arrêt du programme à terme, les dirigeants d'Airbus espèrent que ce ralentissement sera temporaire.

"Nous sommes tous plutôt optimistes quant aux perspectives à long terme pour l'A380 et j'espère que cela ne durera qu'un an ou deux", a déclaré mercredi le PDG d'Airbus Group, Tom Enders.

Loin des tourments politiques britanniques sur le Brexit, la plupart des acteurs du secteur se sont montrés sereins, mais vigilants, attendant de connaître les nouvelles conditions qui uniront sur le plan commercial la Grande-Bretagne à l'Union européenne.

Boeing suit la situation de très près, a indiqué Randy Tinseth, en soulignant que le Brexit pouvait aussi avoir un effet stimulant pour le transport aérien en Europe, notamment si le Royaume-Uni signait des accords de ciel ouvert avec ses partenaires européens.

Sur le plan militaire, l'avion de combat furtif américain F-35, le programme militaire le plus cher de l'histoire avec quelque 400 milliards de dollars investis, a fait sa première sortie en vol mardi.

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Commentaires
a écrit le 17/07/2016 à 11:38 :
toujours moins de commande pour boeng mais eux livre plus d'avion
chercher l'erreur
le mensonge est en France a premiere parole des responsables
industriel et politiques
rien que des.promesses

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