Airbus a largement devancé Boeing dans la course aux commandes au cours d'un salon aéronautique de Farnborough bien moins actif que celui du Bourget l'an passé, montrant que le cycle commercial tend à se ralentir.
L'avionneur européen, qui a profité de l'engouement pour la plus grande version de la famille A320 remotorisée, a engrangé 279 commandes et engagements d'une valeur totale de 35 milliards de dollars (31 milliards d'euros), dont 197 commandes fermes représentant 26,8 milliards de dollars aux prix catalogue. Boeing a fait état de 182 commandes et engagements, mais 42 d'entre elles étaient déjà comptabilisées et il n'a fait que révéler les noms des clients qui les avaient passées. L'américain a en fait enregistré 19 commandes fermes réellement nouvelles, et plus d'une centaine d'engagements.
Airbus avait terminé le salon du Bourget de juin 2015 avec 421 commandes et engagements d'une valeur de 57 milliards de dollars, contre 331 avions pour Boeing représentant un total de 50,2 milliards de dollars aux prix catalogue
Ces résultats sont très inférieurs à ceux enregistrés au salon du Bourget l'an dernier où les deux avionneurs avaient enregistré à eux deux 107 millards de commandes et d'engagements.
Airbus, qui était arrivé à Farnborough derrière son rival en termes de prises de commandes depuis le début de l'année, repart avec le maillot jaune. L'avionneur européen, qui totalisait 183 commandes fermes fin juin, en compte aujourd'hui 380, tandis que Boeing est passé dans le même temps de 276 à 295 commandes nettes.
Le directeur commercial d'Airbus, John Leahy, a dit ne pas craindre une surchauffe des marchés de l'aéronautique et a rejeté les interrogations soulevées par Boeing sur la qualité du carnet de commandes de son rival européen.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Mais les deux avionneurs ont surtout insisté sur la tendance de fond qui porte le marché à long terme, et la nécessité de livrer leurs appareils au plus vite alors que leurs carnets de commandes (13.000 avions à eux deux) représentent jusqu'à 10 ans d'attente pour les compagnies aériennes. De tels temps d'attente peuvent en effet constituer un obstacle à de nouvelles prises de commandes
Farnborough a également été marqué par la confirmation par Airbus des informations de La Tribune concernant la réduction de la production d'A380 à un exemplaire par mois en 2018.
Si certains experts y voient le signe d'un arrêt du programme à terme, les dirigeants d'Airbus espèrent que ce ralentissement sera temporaire.
Loin des tourments politiques britanniques sur le Brexit, la plupart des acteurs du secteur se sont montrés sereins, mais vigilants, attendant de connaître les nouvelles conditions qui uniront sur le plan commercial la Grande-Bretagne à l'Union européenne.
Boeing suit la situation de très près, a indiqué Randy Tinseth, en soulignant que le Brexit pouvait aussi avoir un effet stimulant pour le transport aérien en Europe, notamment si le Royaume-Uni signait des accords de ciel ouvert avec ses partenaires européens.
À lire également
Sur le plan militaire, l'avion de combat furtif américain F-35, le programme militaire le plus cher de l'histoire avec quelque 400 milliards de dollars investis, a fait sa première sortie en vol mardi.
L’industrie française repasse les 10 % du PIB, mais les usines continuent de fermer
Souveraineté alimentaire et sanitaire : l'État va entrer au capital de l'industriel Eurolysine, menacé par la concurrence chinoise
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Nucléaire : le Blayais finalise son dossier pour accueillir les réacteurs nouvelle génération