ArianeGroup lance la production de la première Ariane 6, qui décollera en 2020

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Sur la période 2020-2023, 34 lancements institutionnels ont été identifiés et pourraient être dédiés à Ariane 6 (25) et à Vega C (9)
Sur la période 2020-2023, 34 lancements institutionnels ont été identifiés et pourraient être dédiés à Ariane 6 (25) et à Vega C (9) (Crédits : ESA)
ArianeGroup lance la production de la première Ariane 6 (version 62), qui doit être lancée en juillet 2020.

Un pas de plus vers le décollage d'Ariane 6 en juillet 2020 à Kourou. A l'issue de la revue d'industrialisation baptisée "Maturity Gate 6.2" qui s'est déroulée entre le 15 novembre et le 14 décembre, ArianeGroup, l'Agence spatiale européenne (ESA), le CNES ainsi que des experts indépendants ont pris la décision d'engager la production de la première Ariane 6 (version 62), qui doit être lancée en juillet 2020. "La revue a confirmé que la maturité de l'industrialisation d'Ariane 6 est suffisante pour lancer la production du premier lanceur, conformément aux objectifs du programme", a expliqué ArianeGoup dans un communiqué publié lundi.

"Commencer la production du premier lanceur à peine trois ans après la décision des États membres de l'ESA de démarrer le programme Ariane 6, en décembre 2014, constitue une étape majeure", a expliqué dans le communiqué le PDG d'ArianeGroup, Alain Charmeau.

ArianeGoup dans les temps

Au-delà du débat sur la future compétitivité d'Ariane 6, c'est une bonne nouvelle pour la filière lanceur européenne. ArianeGroup démontre ainsi l'efficacité du processus industriel mis en place pour le développement et la production de ce lanceur. Même si ce lanceur au développement low cost n'est qu'une copie ou presque d'Ariane 5. Le moteur Vulcain va débuter fin 2017, début 2018 une campagne d'essais, a précisé Alain Charmeau lors d'un petit-déjeuner de l'AJPAE ( Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace).

De con côté, le moteur réallumable de l'étage supérieur Vinci doit terminer ses essais au banc début 2018. Enfin, la construction du pas de tir (EL4), sous la maîtrise d'oeuvre du CNES, "avance bien", a précisé Alain Charmeau. Ariane 6 est censée répondre à partir de 2020 à la concurrence, notamment celle de Falcon 9 fabriquée par SpaceX, la société de lancement du milliardaire Elon Musk. Dotée de deux propulseurs, la version Ariane 62, avec une capacité d'emport de 5 tonnes, est destinée aux clients institutionnels. Avec ses quatre propulseurs, Ariane 64 aura une capacité d'emport de 10,5 tonnes et ciblera le marché des satellites commerciaux.

Commercialisation d'Ariane 6

En parallèle, l'ESA prépare la mise en exploitation du lanceur. Toutes les conditions associées à la commercialisation et la production en série des lanceurs Ariane 6 vont être passées en revue dans le détail. La conclusion est attendue en mars 2018. Ce lanceur, qui a obtenu un premier contrat de la commission européenne (Galileo), sera 40% moins cher à produire qu'Ariane 5, qui a réalisé avec succès 82 lancements d'affilée. La transition entre les deux lanceurs s'étalera de 2020 à 2023. En 2018, Ariane 5 doit effectuer sept lancements, dont un pour la mise en orbite de quatre satellites Galileo, a indiqué Alain Charmeau

Le PDG d'ArianeGroup vise notamment une commande institutionnelle groupée, via un accord signé avec la Commission européenne, l'ESA, Eumetsat et différentes agences spatiales nationales (France, Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Suisse et Grande-Bretagne). Avec une commande de ce type, les États pourraient obtenir "des prix plus intéressants" tandis qu'ArianeGroup aurait "une petite visibilité", a-t-il estimé. Comme La Tribune l'a révélée, sur la période 2020-2023, 34 lancements institutionnels ont été identifiés et pourraient être dédiés à Ariane 6 (25) et à Vega C (9). "Confiant", Alain Charmeau espère un accord en mars 2018.

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Commentaires
a écrit le 21/12/2017 à 11:16 :
nous apprécions beaucoup ce programme et attendons toujours la phase de la réalisation d'Ariane6.
meilleures salutations.
a écrit le 20/12/2017 à 11:44 :
C'est une très bonne nouvelle pour l'industrie spatiale en France et en Europe que la fusée Ariane de la version 5 est un successeur pour 2020. Ariane V a été une veritable reussite technologique et commerciale avec je me rappele encore de l'année 1996 ou le tout premier vol V501 à échoué mais c'est bien le seul à avoir échoué le 4 juin 1996 : mais le destin d'Ariane V avec 87 succès a été exceptionnel de longévité et de stabilité : oui nous avons une industrie spatiale performante et une capacité de lancement dans l'espace et pour ISS inégalé. Nos concurrents sont nombreux tels que Américains, Russes, Japonais ou Chinois : oui j'ai une maquette d'Ariane V chez moi en 21 ans j'ai toujours été fier de la capacité d'Ariane V à reussir tous ses lancements : 87 lancements reussis donc un grand bravo à Arianespace. La fusée Ariane VI sera telle moins lourde, plus fiable encore ,reutilisable ? Ce dont je rêve c'est que la France puisse elle même lancer des hommes et des femmes dans l'espace avec le retour d'un projet comme Hermès que j'ai présenté au lycée technique en 1991. Bravo à Ariane V et bonne retraite en 2023.
a écrit le 20/12/2017 à 9:49 :
Comment peut on lancer la production du premier exemplaire de vol alors que la définition détaillée n'est pas finalisée et que la construction des usines est en cours ?
ARIANE 6 un développement low cost ? _ à 3,4 Milliards d'euros sans parler des subventions qu'il faudra mettre en place pour assurer la fin de la production d' ARIANE 5 et la montée en cadence d'ARIANE 6.
en fait, ARIANE 6 est une belle machine à siphonner des financements publics. C'est un lanceur d'attente avant un vrai lanceur low cost Européen qui sera peut être réutilisable. Dommage qu'ARIANE 6 soit si cher à développer
a écrit le 20/12/2017 à 0:15 :
On aurait aimé savoir comment ils ont fait 40% d'économies par rapport à Ariane 5.
a écrit le 19/12/2017 à 15:51 :
Que deviendra Ariane 6 face aux engins réutilisable de l'autre gugusse de Tesla and co. ?
Réponse de le 19/12/2017 à 21:41 :
Elle sera obsolète (en fait elle l'est déjà avant même d'avoir décollé) mais comme pour Ariane 5 les pertes seront épongées via des subventions payées par les contribuables.
Réponse de le 19/12/2017 à 23:31 :
Faites nous profiter de vos lumières, que devrait être Ariane6 selon vous? Bien sûr vous connaissez les comptes de SpaceX.....vous connaissez même sans doute le bilan économique de leurs lanceurs.....Racontez nous tout ça....
Réponse de le 20/12/2017 à 0:39 :
Pour qu'un "réutilisable" soit rentable il lui faut de 15 à 20 par ans que les institutions américaines garantissent au Falcon.Les institutions européennes sont en passe de faire la même chose avec Ariane.Pour l'instant il y a une demande pour Ariane, qui a des avantages que n'a pas le Falcon:ex lancement de petits ou gros satellites.Rassurez vous,si la rentabilité du réutilisable est prouvée,nous sommes prêts,on ne part pas d'une page blanche.Il y a déjà eu une étude commune avec les Russes.

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