Le voyage en Australie du PDG de Naval Group Pierre Eric Pommellet a permis d'apaiser les relations franco-australiennes sur le méga-projet de sous-marins, qui étaient troublées ces derniers mois. Et surtout de trouver des solutions pour avancer sur le programme.C'est un déplacement en Australie qui valait vraiment son pesant d'or. Confronté aux rumeurs propagées dans la presse locale par les opposants au projet de sous-marins développés et conçus par Naval Group et Lockheed Martin et aux incertitudes liées à son avancement, le patron du groupe naval tricolore Pierre Eric Pommellet a consenti à investir un mois de son temps pour une visite sur place (6 février au 6 mars environ) afin d'éclaircir et de traiter toutes les zones d'ombre, qui parasitaient la coopération franco-australienne depuis plusieurs semaines : deux semaines de quarantaine à son arrivée en Australie, une semaine de rendez-vous avec l'ensemble des acteurs politiques, militaires et économiques du programme et une semaine de quarantaine à son retour en France. Des rendez-vous, qui selon nos informations, se sont bien passés, notamment avec les politiques nationaux et locaux australiens.
L'objectif majeur de ce long mais indispensable déplacement de Pierre Eric Pommellet en Australie était pour Naval Group de retrouver impérativement une dynamique positive des négociations dans le cadre du programme portant sur le développement et la conception de douze sous-marins, dont le premier doit entrer en service en 2034 et le dernier au début de la décennie 2050. En Australie, le montant du programme est évalué à 50 milliards de dollars australiens (en dollars constants) pour la fabrication de 12 sous-marins (Naval Group) équipés de leur système d'armes (Lockheed Martin) ainsi que pour la construction du chantier naval à Adélaïde par le groupe australien ASC, où seront construits les bâtiments de guerre. Soit actuellement un taux de change de plus de 32 milliards d'euros.
Des accords proches d'être signés
Au final, la visite de Pierre Eric Pommellet a semble-t-il été un succès. Ainsi les deux sujets majeurs qui faisaient l'objet de discussions difficiles depuis plusieurs semaines, sont désormais proches d'un accord contractuel entre Naval Group et Canberra, selon la presse australienne. Ce qui a été confirmé à La Tribune. Si la presse australienne évoque un accord, à Paris, on estime qu'on est proche d'un accord. La différence entre les deux perceptions ? A Paris, on attend la signature de l'accord pour se réjouir enfin, le diable pouvant se cacher dans les détails. Mais, clairement la tendance semble être bien orientée même si la presse australienne a également évoqué fin février une demande du Premier ministre au ministère de la Défense d'étudier une alternative suédoise avec le constructeur Kockums à Naval Group.