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Entreprises & FinanceAéronautique & Défense

Budget défense : le coup de gueule de Gwendal Rouillard, député LREM

Photo de Michel Cabirol

Michel Cabirol

Publié le 13 juillet 2017 à 14:30 - Mis à jour le 16 juillet 2017 à 21:11

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

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"Je considère que la proposition du ministère des Finances est inacceptable, carrément inacceptable", a estimé à propos des économies demandées au ministère des Armées, le député la République en Marche du Morbihan, Gwendal.

Un début de fronde au sein de la République en Marche? Les coupes dans le budget de la défense annoncées mardi du ministre des Comptes publics Gérald Darmarin ne passent pas. Vraiment pas. "Je considère que la proposition du ministère des Finances est inacceptable, carrément inacceptable", a estimé à propos des économies demandées au ministère des Armées, le député la République en Marche du Morbihan, Gwendal Rouillard sur la chaîne BFM Business. "On ne peut dire d'un côté qu'on doit protéger nos concitoyens en raison aujourd'hui de l'état de la menace et dans le même temps au premier coup de rabot budgétaire se planquer et assumer ce genre de décisions. Moi je ne l'assumerai pas"...

"Je suis révolté par cette proposition et par le fait que certains au gouvernement ne puissent pas tenir nos engagements, a asséné Gwendal Rouillard. Le président de la République a confirmé l'opération Sentinelle sur le territoire national. Il a confirmé au Mali l'engagement de nos troupes au Sahel et au Levant. De deux choses l'une, soit nous garantissons à nos militaires les moyens de leurs missions et auquel cas la proposition de Bercy doit être recalée et je le demande solennellement ce soir (mercredi soir, ndlr) ; soit nous actons le retrait des troupes françaises et auquel cas on doit l'expliquer, l'assumer".

Et Gwendal Rouillard n'est pas le seul à le penser dans la majorité. A plusieurs reprises les députés de la commission de la défense nationale ont très chaleureusement applaudi le chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers lors de son audition de mercredi, selon plusieurs participants. Un chef de guerre lui-même très remonté. Comme La Tribune l'a écrit dès mercredi matin, le général a exprimé sa colère à propos des coupes budgétaires lors de son audition à la commission de la défense de l'Assemblée nationale : "Je ne me laisserai pas b..... comme cela".

Que va faire Macron?

"Nous souhaitons collectivement (commission de la défense nationale, ndlr) que les engagements d'Emmanuel Macron soient respectés ces prochaines heures", a souhaité Gwendal Rouillard pour lequel "c'est déjà un début de vérité". "En tout cas, je considère que la question de la confiance aujourd'hui est posée. (...) Je le dis avec solennité, force et détermination", a-t-il souligné. Gwendal Rouillard a déjà une première réponse du porte-parole du gouvernement. Le Chef de l'Etat va rappeler jeudi soir lors d'une une réception au ministère des Armées en l'honneur des participants au défilé du 14 Juillet, sa "priorité" accordée au budget des armées, a indiqué jeudi Christophe Castaner, alors les militaires s'inquiètent des 850 millions d'euros d'économies annoncés par Bercy pour 2017. Mais selon lui, il ne va pas changer "d'avis d'ici ce soir".

Emmanuel Macron "aura l'occasion de s'exprimer sur sa priorité (...) qui est de faire en sorte que le budget des armées pendant cette mandature soit en forte augmentation, parce que c'est nécessaire à sa modernisation", a poursuivi le porte-parole du gouvernement. "Dès 2018 il y aura un effort qui sera fait sur ce budget", a affirmé Christophe Castaner.

"Ce qu'il fallait pour le ministre du Budget, c'est trouver 4,5 milliards, excusez-moi du peu, d'économies budgétaires. Tous les ministères y contribuent. Et sur certaines lignes du ministère des Armées, il y a la possibilité de décaler non pas des salaires, non pas la sécurité, non pas les militaires eux-mêmes, mais de décaler quelques commandes, sur du gros matériel par exemple, et c'est pour ça que nous avons identifié ces 850 millions", a expliqué Christophe Castaner.

C'est là où on voit très clairement la limite du raisonnement du gouvernement. D'abord, le ministère des Armées contribue pour 20% des économies, soit la vache à lait la plus productrice de Bercy. Et, enfin, décaler des programmes coûtent en général beaucoup plus cher au final. Étaler le programme de frégates FREMM s'est traduit par un surcoût de 15%, a estimé Philippe Plouvier, directeur associé au Boston Consulting Group. Soit 1 milliard d'euros supplémentaires. "60% des véhicules de l'armée de Terre ne sont pas blindés. Au passage, j'ai une pensée pour les militaires qui sont morts à cause de cette absence de blindage", a par ailleurs expliqué Gwendal Rouillard. Cette décision de Bercy n'a "aucun sens, aucune cohérence".

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"Jusqu'à preuve du contraire, j'avais compris que nous nourrissions une belle ambition pour la France, puissance stratégique d'autant que - je reviens à l'essentiel - c'est l'intérêt de notre propre sécurité", lui a répliqué mercredi en anticipation Gwendal Rouillard.

Les industriels surpris et inquiets

"C'est une surprise", a expliqué sur BFM Business le président du GIFAS, Eric Trappier. Pourquoi ? Le président de la République a annoncé "un effort dans le domaine de la défense" avec une volonté de monter à 2% du PIB en 2025, mais "pour arriver à ces deux milliards de plus par an quand on fait une moyenne, on ne peut pas commencer par une encoche", a estimé le PDG de Dassault Aviation. "Quand on commence à redescendre d'un escalier c'est beaucoup plus difficile de remonter ensuite les marches", a-t-il expliqué. "Faire une encoche maintenant ne parait pas cohérent avec le fait qu'il faut monter les budgets", a-t-il souligné.

"La crainte que l'on peut avoir c'est que cette coupe puisse affecter les équipements, c'est-à-dire soit la recherche et technologie, soit le développement, soit l'acquisition. Ce qui de facto est inquiétant pour la profession", a souligné Eric Trappier. (...) "On peut craindre des décalages de livraisons. On ne peut pas s'arrêter au milieu du gué. On doit avoir des perspectives. Nous industriels, on doit s'engager sur 5, 10, 15, 20, 30, 40 ans et de se dire quand on lance un programme, la France va poursuivre l'effort sur cette période. C'est très important car les coups de manche, ça fatigue le moteur".

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Pour Eric Trappier, le budget de la défense est "une affaire d'ambition". "Soit on a de l'ambition et on s'en donne les moyens et, donc, on réaugmente les budgets de la défense puisque les dividendes de la paix ne sont pas arrivés, le monde est resté instable, plus dangereux", a-t-il expliqué. Il a également rappelé que "la haute technologie se prépare à l'avance" car elle permet de disposer "des équipements les plus adéquats aux mains des forces armées françaises dix à quinze ans plus tard   même si on peut comprendre qu'il faut repasser sous les 3% du déficit - c'est très compréhensible".

Michel Cabirol

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