Comment la France veut éviter le crash de la filière lanceur européenne

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Le pas de tir d'Ariane 6 (ELA-4)
Le pas de tir d'Ariane 6 (ELA-4) (Crédits : CNES)
Le document du gouvernement français envoyé à la Commission européenne est une bombe, qui pourrait s'intituler "Ariane 6, ou la chronique d'un fiasco annoncé". Car rien ne va plus pour la filière lanceur européenne. Ariane 6 et Vega C sont hors sujet sur le plan commercial. La France veut au plus vite une nouvelle génération de lanceurs réutilisables et modulaires dotés d'une propulsion liquide à très bas coût. Elle souhaite également réformer le retour géographique, qui plombe la performance de l'industrie des lanceurs.

C'est le dossier le plus important de Philippe Baptiste, qui a été nommé officiellement ce mercredi en conseil des ministres président du CNES, et du nouveau directeur général de l'Agence spatiale européenne, Josef Aschbacher. Un dossier majeur pour la France et son industrie à la fois civile et militaire (dissuasion) mais aussi pour l'Europe si elles souhaitent conserver un accès autonome à l'espace. Un dossier d'une complexité folle car il est impossible à traiter uniquement sous l'angle de la performance industrielle dans un cadre européen beaucoup trop contraint en raison du retour géographique, qui sera  responsable en partie de l'échec annoncé des lanceurs européens (Ariane 6 et Vega C) sur le marché commercial.

C'est également le constat que l'Europe et la France se sont complètement fourvoyées dans les choix techniques du programme Ariane 6 dès 2014, puis en 2017, en raison d'une mauvaise appréciation du marché des lanceurs à l'horizon 2020 et d'un manque d'audace sur le plan technologique. Personne ne l'avouera publiquement. Résultat, Elon Musk et SpaceX savent que leurs plus féroces concurrents ne seront pas européens. C'est ce qui ressort d'un document du Secrétariat général des affaires européennes (SGAE), qui a répondu au questionnaire de la Commission européenne (Secteur marché intérieur, industrie, recherche et innovation numérique ou MINUM) sur ce que pourrait être la politique lanceurs de l'Europe au-delà de l'horizon 2025. Un document issu d'une réflexion entre industriels de la filière lanceurs et les ministères de tutelle, et dont La Tribune a eu accès.

La réutilisation est pertinente... finalement

La France estime aujourd'hui dans ce document du SGAE que "pour ne pas être définitivement distancée face à la concurrence - en particulier américaine -, l'Europe doit impérativement accélérer son effort d'innovation pour maîtriser deux technologies clef pour les lanceurs : la propulsion liquide à bas coût et la réutilisation qui permettront de développer une nouvelle gamme de lanceurs européens basés sur la simplification et la modularité". En 2014, puis en 2017, ces choix, dont la propulsion LOX/méthane, avaient été pourtant écartés. Mais, selon ce document, des études montrent que la réutilisation "reste pertinente même à faible cadence (autour de 6 lancements par an)". Soit un peu plus que les seuls besoins institutionnels actuels. Jusqu'ici, les responsables industriels et étatiques martelaient à qui voulait l'entendre que la réutilisation n'était pertinente que pour des lanceurs ayant de fortes cadences. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.

Quel avenir au final pour Ariane 6 et Vega C ? Ils ont le mérite d'exister car personne ne prendra la responsabilité d'arrêter les deux programmes proches de l'envol. Résultat, les deux lanceurs "porteront l'indépendance européenne d'accès à l'espace pendant au moins la prochaine décennie", estime la France. Ni plus, ni moins. Le lanceur lourd européen n'a pas encore effectué son vol inaugural (en 2022 ?) qu'il est déjà quasiment mort sur le plan commercial. Pourquoi ? "Le modèle européen, qui reposait depuis les premiers succès d'Ariane sur un partage à 2/3 de missions commerciales et 1/3 de missions institutionnelles est aujourd'hui profondément remis en cause par les succès de SpaceX, qui est fortement soutenu par les agences américaines et qui a réussi le pari de la réutilisation", explique la France dans ce document.

En outre, le marché institutionnel européen apparait durablement devoir reposer sur la  décennie 2020/2030 "sur 3-4 lancements par an dans la gamme Ariane 6 et 2-3 pour la gamme Vega C dans l'état actuel des programmes décidés". Pourtant, environ 80% des lancements spatiaux au  niveau mondial sont des missions institutionnelles. Mais pas en Europe visiblement. Un constat très déprimant pour les deux lanceurs européens : "ces cadences excluent la possibilité d'entretenir plusieurs filières européennes de services de lancement dans chacune de ces deux gammes", explique la France. Voire même plus : "l'UE n'a aucune chance de rester une grande puissance spatiale au niveau mondial en se basant uniquement sur ses besoins institutionnels".

Enfin, ce qui faisait la force de la filière européenne, à travers les succès commerciaux de la société de commercialisation des lanceurs européens Arianespace, à savoir vendre des lancements Ariane 5 et Vega sur le marché commercial, est devenue "une vulnérabilité du modèle européen". L'UE doit donc développer sur son marché intérieur une demande privée en systèmes orbitaux et, par la suite, des services de lancements. Un défi immense.

Refonte du retour géographique

La France veut réformer le principe du retour géographique. Ce n'est pas nouveau. La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Frédérique Vidal avait expliqué en juin 2019 dans une interview accordée à La Tribune que "la France porte cette volonté de faire évoluer le juste retour géographique sur investissement. Principalement nous devons repenser l'industrialisation des lanceurs Ariane pour une raison simple : ce marché est désormais le cadre d'une véritable compétition internationale". Ce dossier devait être porté à la conférence ministérielle de l'ESA fin 2019. En vain.

La France revient donc à la charge pour réformer le retour géographique. "La recherche de gain de compétitivité supplémentaire passe par une refonte de l'obligation de strict retour géographique, qui est un frein pour une organisation industrielle", explique la France dans le document du SGAE. D'ailleurs, le nouveau président du CNES Philippe Baptiste a estimé lors de son audition au Sénat qu'il fallait se poser "la question du retour géographique", notamment sur l'organisation industrielle de la production d'un lanceur. "Il faut qu'on puisse réfléchir pour aller vers des choses plus intelligentes et peut-être plus souples que les règles qui sont aujourd'hui en place, a expliqué Philippe Baptiste. C'est sans doute un enjeu majeur". Selon un grand patron du secteur, le retour géographique ne favorise pas la réduction des coûts des sous-traitants des maîtres d'oeuvre de la filière, qui sont choisis non pas sur leurs performances industrielles mais sur leur origine géographique.

Dans sa réponse à la question de la commission européenne sur le retour géographique, le SGAE rappelle que "le retour géographique a mathématiquement un impact négatif sur l'optimisation de la production. Cet impact peut toutefois être grandement minimisé si la répartition géographique coïncide avec un allotissement technique rationnel, selon une logique de centres d'excellence concentrant les activités d'une même nature technique. C'est l'approche qui a été mise en œuvre, de façon incomplète, sur Ariane 6".

Au-delà du retour géographique, la faible cadence de lancements ne permet pas non plus d'amortir le niveau important des coûts fixes (développement et industriels). Tout comme la fragmentation de la chaine de production de la filière lanceur favorisé par le retour géographique. "Cette dispersion est une faiblesse en regard des minces marchés accessibles aux lanceurs européens, rendant à notre avis, les stratégies de compétition intra-européenne contre-productives", observe la France. "Cette faiblesse ne permet pas l'expression d'une stratégie industrielle claire, qui guiderait ensuite les investissements et l'innovation", martèle-t-elle.

Quel lanceur à l'horizon 2030

Avant de lancer une nouvelle famille de lanceur, la France propose de développer à partir de 2025 un démonstrateur de concept et de technologies. "Les axes principaux de travail à privilégier sont la réutilisation et la propulsion liquide à très bas coût" pour le développement d'une nouvelle famille de lanceurs, estime la France. "Les micro-lanceurs peuvent servir de démonstrateur", explique-t-elle, et "servir de précurseur ou 'Proof of concept' avant de décider de la configuration finale" : propulsion LOX/méthane, sauvegarde autonome, production de carburant par biomasse. Plus largement, le développement d'une nouvelle famille de lanceurs passe impérativement, selon elle, par une forte réduction du coût de l'accès à l'espace.

Comment ? La France privilégie comme architecture des lanceurs bi-étages réutilisables à propulsion liquide (moins de moteurs, moins d'étages). Elle souhaite utiliser plusieurs leviers comme l'innovation technologique comme la généralisation de l'impression 3D, la réutilisation, même à faible cadence. "La réutilisation du premier étage est primordiale, celle du deuxième étage une possibilité, qui pourrait aussi devenir nécessaire à l'horizon 2030 plus", estime la France. La récupération et la réutilisation Autres leviers qui ont toutefois relevé jusqu'ici du vœu pieux : une optimisation de l'organisation industrielle et la mise en place du principe de préférence européenne à l'image du "Buy American Act". En outre, la France souhaite approfondir la communalité en définissant une gamme complète de lanceurs standardisée : étages communs, un seul mode de propulsion, même moteur...

Enfin, la France voudrait que "les lanceurs du futur devront aussi minimiser leur impact sur l'environnement sur l'ensemble du cycle de vie". Selon le document du SGAE, il est possible d'utiliser des bio-carburants comme le bio-méthane produit en Guyane. "De manière générale, la nouvelle famille de lanceurs européens doit être la première éco-conçue", préconise-t-elle. Mais est-ce vraiment la priorité du moment pour la filière lanceur au moment où on s'interroge sur son avenir. Et plutôt que de copier le modèle SpaceX comme le préconise Philippe Baptiste 5 ("Ariane 6 doit s'inspirer un peu du succès de SpaceX"), ne faut-il pas que l'Europe soit beaucoup plus innovante en créant elle-même un nouveau modèle ? D'autant que l'Europe n'a jamais pu vraiment copier le modèle de SpaceX, dont la France voulait déjà s'inspirer en 2013. Sans succès.

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Commentaires
a écrit le 27/04/2021 à 4:38 :
C'est perdu. Le secteur privé américain est trop pour les Français. Peut-être qu'à l'avenir, nous pourrons riposter. Peut-être.
Réponse de le 02/05/2021 à 1:01 :
"Riposter" à quoi? Sommes-nous attaqués?
a écrit le 19/04/2021 à 18:25 :
Pour un financement illimité de la recherche, il faut changer de modèle économique : legouteurdevie.hubside.fr
a écrit le 16/04/2021 à 19:59 :
Il faut adopter l'antigravite, utilise par les Etats Unis depuis 50 ans et supprime par eux vicieusement ailleurs dans le monde. SpaceX n'est qu'un ecran de fumee, finance par le Pentagon dans une maniere illimitee. On ne peut pas "concurrencer" "concurrence deloyale" comme cela. Il s'agit de la guerre.
a écrit le 16/04/2021 à 15:18 :
Dire que l'Europe a pris du retards depuis 10 ans s'est peux dire .
Aucune étude sur la réalisation d'un orbiteur (type navette spaciale ) .
Aucun devellopement dè volle habiter ...
Aucune dèmarche dè réutilisation des lanceurs ...
Dire que l'Europe est complètement statique avec Ariane est un minimum ..
Bien sûr tous vas bien , les etats membre règle les factures , donc pourquoi se remettre en question'..
Réponse de le 07/05/2021 à 11:10 :
Le budget de l'ESA est de 5 milliards de dollars alors que celui de la NASA est de 22 milliards de dollars.
Dans le domaine militaire, le rapport est de 20 ou 100.
Un exemple l'US air force fait voler régulièrement une navette automatique X37-B dont on ne sait quasiment rien.
L'ESA serait ravie d'avoir les financements pour un module habité que pourrait lancer Ariane-5, nous, Européens avons le savoir faire. Les missions ATV de ravitaillement de l'ISS (de 2008 à 2014) ont été un succès. Dans l'ISS le module Colombus et le noeud Cuppola fonctionnent parfaitement, merci.
a écrit le 16/04/2021 à 12:03 :
il faut faire sans l'Europe, c'est tout , même si on met 10 ans ..!!!
a écrit le 16/04/2021 à 11:20 :
Après avoir colonisé la Terre, le destin de l'Homme est de coloniser l'Univers. Mais l'Europe ne l'a pas encore compris, contrairement à la Russie, les USA, la Chine, le Japon...
a écrit le 15/04/2021 à 23:46 :
Lorsque l'état ou les fonctionnaires de la commission européenne décide ou décret un programme, à la fin cela ne fonctionne pas et coûte très cher. Il faut laisser faire les privés comme aux États-Unis. U très belle exemple mais les socio/communistes ne vont pas comprendre.
a écrit le 15/04/2021 à 23:37 :
la vraie question c'est : qu'est-ce que l'Europe sait faire ?
Qu'est-ce que la coopération apporte ? On voit bien l'idéologie, le côté "ensemble on est plus fort", et puis systématiquement, sur tous les sujets, on s'aperçoit que le collectif crée le désastre. Les retards et les surcouts.

Il faut d'urgence sortir de ce mythe du collectif. Seuls les Etats savent faire des choses ! L'Europe, c'est pour les ados qui aiment les utopies.
a écrit le 15/04/2021 à 17:22 :
Outre le choix du reutilisable, Space X a fait le choix d' internaliser au maximum. Ils font leur moteur, leur étages, ... Etc. Donc la remise en question du retour géographique est une excellente piste. Space X est aussi internalisée en matière de management. Ils ont un visionnaire à leur tête , pas une armée de fonctionnaires dont certains n'ont pour objectif que de grignoter ce qui passe à leur portée . Chez Space X ils savent recourir à des solutions simples et testables (système de séparation d'étage) (montage des véhicules d'essais avec de simples grues de chantier). Voir aussi leur "houston" : de simple tables avec une bardée de PC. Ils ont la volonté d'économiser sur tous les postes (voir leur façon de récupérer les coiffes), pour avoir cette dynamique il faut un vrai patron qui prend des risques (un peu fous !!) , Même par rapport à la NASA ils sont loin devant.
La France a été avec le CNES à l'origine d'Ariane avec le L3S en son temps, il faut retrouver cette âme et cette volonté, ouvrir la porte aux créatifs.
a écrit le 15/04/2021 à 17:07 :
Pour ceux qui aiment l'actualité spatiale ,regardez Hugo Lisoir sur youtube
a écrit le 15/04/2021 à 16:14 :
Investir dans les start-ups. Arrêter d'alaiter seulement le status quo. Elargir le scope.
a écrit le 15/04/2021 à 14:45 :
Toujours le même problème en Europe trop de monde trop d'idées trop de politiques autour d'une table pour un projet. Airbus est une réussite même, mais nous sommes dans le milieu industriel, quelques erreurs normales dans un tel marché. Aujourd'hui un telle entreprise qui a eu quelques soubresauts ne pourrait voir le jour. Les difficultés récentes pour mettre en place l'avion du futur, les difficultés pour le char de demain, les difficultés pour mettre en place une filière électronique européenne, le début d'une guerre pour une filière hydrogène, puis les annonces pompeuses sans vraiment de lendemains les batteries etc etc. L'Europe reste un marché de pays en compétition pas une entité qui puisse rivaliser avec les US, la Chine et ceux qui arrivent à grands pas l'Inde et demain l'Afrique qui d'ici fin du siècle sera au minimum à notre niveau ou même si nous continuons devant l'Europe. En moins de 50 ans la Chine est devenue la deuxième puissance économique du monde demain la première au dépendant d'ailleurs en premier lieu de l'Europe. A la fin du siècle une bonne partie de l'Europe fournira la main d'œuvre aux pays qui auront su tirer profit de leur l'intelligence politique et intellectuelle ce qui manque à cette Europe sans lendemain. Le déclin entrainera t il une guerre ou serons nous nous réveiller avant le coup fatal????
Réponse de le 16/04/2021 à 14:14 :
Je vous rassure : pour entraîner une guerre, il faudrait que les français soient conscients de leur déclin : mais quand vous voyez que pour les Français, le problème est le séparatisme islamique et non pas le fait que notre industrie et notre recherche sont dans un état pitoyable , vous comprenez qu'on est très loin de la guerre....

Par contre, je conseillerai aux jeunes d'émigrer à l'étranger, si ils veulent un avenir...
a écrit le 15/04/2021 à 12:49 :
Où courent-t-ils ? On cours où à Kourou, reste le courroux !

Le coucou Musk à fait son nid des risées franco européennes.. Le fameux ça marchera pas...
Et voilà ! non seulement ça marche mais il a "stolen a march"...

Bien trouvé la boite à excuse des retours géographiques, joli paravent... un peu gros quand même ! Maintenant c'est la boite à claques...
Of course la réutilisation est le "corner stone" de la réduction drastique des couts de Kourou ! D'où le courroux !
Réponse de le 15/04/2021 à 15:28 :
D'autant plus que le principal "retour géographique" c'est la proximité de Kourou d'avec la banlieue parisienne... ou d'autre endroits de France.
A côté de ça le fait qu'il y ait quelques modules assemblés dans d'autres pays européen est une anecdote...
Réponse de le 15/04/2021 à 20:04 :
Il est sûr qu'Elon Musk doit bien se marrer dans son coin. Il y a 3 ou 4 ans, le PDG actuel d'Arianespace expliquait doctement qu'il n'y avait pas de marché pour les lanceurs réutilisables.

Un visionnaire, comme ce PDG d'IBM dans les années 70 qui ne voyait un marché des ordinateurs personnels que pour une douzaine de personnes.
a écrit le 15/04/2021 à 10:52 :
descision sclerosee type fonctionnaire
reussite europeenne dans toute sa splendeur type A400M
trop d'intervenants type parlement europeen
problemes annonces depuis une decennie
Réponse de le 15/04/2021 à 11:43 :
Absolument d'accord avec vous
Réponse de le 15/04/2021 à 15:55 :
vous confondez l'UE et l'ESA. c'est pas gagné.
Réponse de le 15/04/2021 à 17:35 :
L'europe championne du monde pour la création d'usines à gaz, avec l'argent des contribuables; pas etonnant du tout quand toutes les décisions sont prises par ''des grosses têtes'' qui ne savent pas anticiper comme les Musk et compagnie, des visionnaires.
a écrit le 15/04/2021 à 10:22 :
Le pays ne possède aucune grande entreprise parmi les cinquante les plus innovantes du monde. Les choix spatiaux ont manqué d'ambition pour Ariane 6, c'est vrai mais c'est dans notre culture, on ne change pas une équipe qui gagne. l'épopée du Concorde c'est loin désormais il est vrai qu'à l'époque on a été boostés par le merveilleux objectif lune des américains et ça donnait des ailes.
Réponse de le 15/04/2021 à 11:05 :
Vous n'êtes pas à une approximation près. Votre "suivisme" assumé est la preuve parlante d'un réel manque d'ambition. Sauf que là comme ailleurs on ne vous suit pas. Heureusement. Pour illustrer mes propos je vous invite à reprendre l'histoire spatiale d'abord française. VB os propos sont une insulté à ceux qui ont fait la grande aventure spatiale. Française puis européenne !
a écrit le 15/04/2021 à 10:13 :
Avoir une filière de lanceur est elle stratégique pour un pays ?

Pour l'europe la réponse est NON, l'europe achètera américain c'est tout.

Au États Unis il n'y a pas que spaceX mais profusion de lanceurs privés et pseudo publics. Blue Origin, SpaceX Delta Boeing plus tous les petits lanceurs sous avion.

SpaceX est devenu très fort et à même crée son propre marché en polluant le ciel avec ses constallations.

L'Europe n'a pas voulu d'indépendance spaciale, l'allemagne va au moins cher donc SpaceX.

Seul la France du fait de sa filière nucléaire a besoin d'un lanceur autonome et fiable, d'ailleurs le choix de la propulsion solide est en grande partie influencé par les missiles nucléaire français.

Faire du réutilisable pourquoi pas mais ça ne marche pas toujours, SpaceX a perdu et perdra encore des lanceurs c'est un coup de dé en sorte.

Il n'y a pas de Dassault pour les lanceurs, les Italiens font cavalier seul, les français ont bradé leurs technos pour avoir des fiancements allemands. Chaque pays veut ses compétences..... et cherchera comme les Allemand l'ont fait pour Airbus a tuer les autres pays européens pour devenir leader.

Il faut donc un leader et beaucoup de péṕètes.... mais en europe mis à part quelques satellittes il n'y a aucun projet d'envergure.

Les USA et la Chine+Russie veulent la lune et ils savent qu'il n'y aura pas de place pour tout le monde, la lune c'est petit. Les européens ne veulent rien ou plutôt ils veulent un leadership européen.
Il n'y a pas de vision stratégique spaciale européene il n'y a aucun leader...

Il est loin le temps où l'europe dominait le monde, l'Europe c'est une aggrégation de petits pays maousse riquiqui.

Même si l'Europe créait le lanceur le moins cher du monde, il serait en faillite par manque de vols institutionnels.

Tous les grands pays du 21eme siècles ont leurs lanceurs, Chine, Russie, Japon, Inde et USA.

Vous voulez une filière rentable vendez Ariane6 aux Indiens ou aux Chinois... ils sauront quoi en faire...
Réponse de le 15/04/2021 à 11:35 :
Absolument d'accord avec vous
Réponse de le 07/05/2021 à 10:53 :
Avoir son propre lanceur est vital pour l'Europe, allez demander aux Américains ou aux Russes de lancer nos satellites militaires d'observation ou d'écoute. Retour aux années 60 quand ils nous refusaient l'accès au marché télécoms?
Les fusées Ariane ont été leader pendant 30 ans et depuis peu SpaceX a dépassé tout le monde, pas seulement les Européens,
Est-ce que ça veut dire qu'il faut laisser tomber? Non bien sûr, la donne sera peut-être différente dans 10 ans ou 20 ans et il ne faut pas perdre nos connaissances et nos équipes qui sont de très bon niveau.
En attendant, il faut reconnaitre que nous ne serons pas compétitifs car les américains subventionnent leur marché par d'énormes dépenses militaires, ce qui sauve Boeing avions de la faillite d'ailleurs.
Copier le modèle de SpaceX, intégration verticale, ne sera pas simple, les compétences sont réparties. Le fameux "retour géographique" ne fonctionne pas si mal et se trouve en position de bouc émissaire pour de mauvaises raisons, la principale étant les énormes subventions que reçoit SpaceX ce qui lui permet de casser les prix sur le marché.
Last but not least, SpaceX n'est pas infaillible ils ne sont pas à l'abri d'échecs car leur mode de fonctionnement peut avoir des limites.
a écrit le 15/04/2021 à 9:45 :
c'est curieux que les ecolos n'aient pas encore plante le projet vu ce que ca pollue
je propose d'arreter ce projet, et a la place de faire pousser des vers de terre pour nourrir les petits francais dans les cantines des villes ecolos, et de recuperer de la terre glaise pour que les francais puissent se brosser les dents sans enrichir des multinationales capitalistes qui leur vendent du dentifrice
Réponse de le 15/04/2021 à 11:39 :
En les interrogeant, nul doute, en effet, quant à leur réponse
a écrit le 15/04/2021 à 9:45 :
Les deux derniers essais de Space X n'ont pas été vraiment une réussite. Elon Musk est il un visionnaire ou un délirant ? Sans doute les 2, c'est pourquoi je ne mettrai pas un "fifrelin" voire un "sou vaillant" dans ses entreprises.
Réponse de le 15/04/2021 à 11:55 :
Vous n'y connaissez de toute évidence rien du tout, on se passera donc de vos conseils en investissement ;-)
Réponse de le 15/04/2021 à 14:02 :
et si les 198 prochains essais sont réussi à 100% ? Ça vous rassurerait ?
a écrit le 15/04/2021 à 9:22 :
L'industrie des lanceurs est complètement plombée par le retour géographique qui conduit les petits pays à se gaver, par l'incompétence des politiques et des administrations de tutelle sur le sujet, et par le non respect de la priorité aux lanceurs européens pour les tirs. Ce qui fait l'économie ce ne sont pas les acrobaties de space X mais la quantité produite et l'organisation industrielle. Pour ce qui est de la force de frappe, la filière est différente et n'a pas grand rapport, sauf peut-être pour la propulsion à poudre que les compétiteurs n'utilisent d'ailleurs pas.
a écrit le 15/04/2021 à 9:13 :
A force de denigrer l'industrie pour privilegier les services et de reduire nos exigences academiques, voila ou on en est .. C'est bien d'avoir des banquiers , des hauts fonctionnaires et des commerciaux mais il faut aussi garder de la matiere crise pour l'innovation , on le voit sur les lanceurs mais aussi sur les vaccins, la 5G, les Gafa, etc... il est urgent de revaloriser le travail technique et oui aller dans le ciel doit encore faire rever les jeunes .. il nous reste encore des competences mais motivons les avant qu'il ne soit definitivement trop tard.
Réponse de le 15/04/2021 à 10:30 :
Entièrement d’accord avec votre commentaire
Réponse de le 15/04/2021 à 11:27 :
Entièrement d'accord. Si Charles de Gaulle n'avait pas eu la volonté et de l'ambition pour la France, nous serions dépendants d'autres nations. Les lanceurs francais sont utiles pour les télécom, le guidage gps, la surveillance militaire et nombre d'autres applications en particulier pour nos territoires d'Outre Mer et les espaces marins associés. Chacun sait que l'espionnage est devenu agressif, nous devons nous protéger par nos propres moyens. Que nos voisins européens ne veuillent pas de nos avions n'est absolument pas génant, notre autonomie et liberté d'action n'en est que meilleure. Encore que certains de nos nations partenaires industriels s'interposent pour bloquer nos échanges avec d'autres nations, donc plus nous maitrisons nous même les composants de nos productions, meilleur c'est.
a écrit le 15/04/2021 à 8:13 :
Ici, comme dans d'autres domaines, "on" realise les mauvais choix. Le declin europeen n'est plus a prouver, l'impossiblite de creer un vaccin en est la meilleure preuve.
Les USA leader, les chinois en passe de challenger, l'europe, elle est ou ? Y'a pas, y'a plus. Y'aura jamais.
Réponse de le 16/04/2021 à 8:34 :
@Matin calme
Bio N’tech est allemand non ?

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