LA TRIBUNE - Comment êtes-vous impactés par le relèvement des droits de douane par les Etats-Unis ?
Nous sommes évidemment concernés par les décisions de l'administration Trump, nous avons une usine qui fait de la maintenance, de la réparation et du montage de moteurs à Grand Prairie, près de Dallas (400 salariés environ). Toutes les pièces neuves ou réparées que l'on envoie de France ou d'ailleurs, et qui rentrent aux Etats-Unis, sont passibles d'un droit de douane de 10%, contre zéro auparavant. Les chaînes d'approvisionnement et de valeur sont redoutablement intégrées depuis des décennies entre les deux rives de l'Atlantique. D'une certaine manière, ces taxes douanières sont des impôts qui ont vocation à être payés par le consommateur, à commencer par l'utilisateur final aux Etats-Unis.
Cela veut dire que vous répercuterez les surcoûts sur les prix ?
Nous répercutons en effet vers le client final, ce qu'on n'aura pas pu éviter en faisant appel à instruments de la législation douanière ou en adaptant nos flux logistiques lorsque cela est possible. La plupart du temps, nos contrats nous permettent de répercuter les surcoûts qui resteraient aux opérateurs. Pour l'heure, il n'est pas nécessaire de prendre des décisions hâtives mais si cette situation devait persister, nous pourrions être amenés à revoir la distribution du travail entre nos filiales.
En France, l'économie de guerre en France est en panne aujourd'hui pour des raisons de vote de budget de 2025. Avez-vous des commandes ?
Tout le monde connaît la situation des finances publiques. Les responsables politiques ont des décisions difficiles à prendre pour redonner des marges de manœuvre au financement de l'essentiel et de ce qui est porteur d'avenir et de sécurité pour la France et pour l'Europe. Mais aujourd'hui, les commandes tardent à se matérialiser. Il faut passer de la parole aux actes. Typiquement, une entreprise comme Safran Power Unit, une filiale de Safran Helicopter Engines à Toulouse qui fabrique des moteurs de missiles (turboréacteur), dispose d'un carnet de commandes en forte hausse mais provenant essentiellement de l'exportation. La part de la France et celle de MBDA se réduisent de plus en plus, alors que des nations et industriels étrangers s'engagent avec nous sur des contrats fermes jusqu'en 2030 et au-delà.