Aéronautique : comment construire un avion sans la Russie ?
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Production d'un lingot de titane sur le site de l'entreprise russe VSMPO-Avisma, à Verkhnyaya-Salda.
Reuters
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Production d'un lingot de titane sur le site de l'entreprise russe VSMPO-Avisma, à Verkhnyaya-Salda.
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A la question de savoir: "comment faire un avion sans la Russie?", thème d'une table-ronde du Paris Air Forum 2022, Raphaël Danino-Perraud, chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (Ifri), résumait bien la problématique : "Un avion, c'est possible, tous les avions, c'est impossible". Tel est le défi posé par la dépendance de la filière aéronautique européenne à l'égard des matières premières fournies par la Russie, en particulier un métal stratégique : le titane.
Si ce métal ne fait pas partie de la liste des produits soumis aux sanctions européennes imposées à la Russie, en rétorsion à la décision de Vladimir Poutine d'envahir l'Ukraine le 24 février dernier, le secteur aéronautique a toutefois pris conscience de la nécessité de réduire sa trop grande dépendance à ce pays fournisseur. A l'échelle mondiale, l'aéronautique ne représente que 8% de la demande mondiale de titane, dont le principal débouché est le secteur de la peinture. Mais il y a plusieurs qualités de titane, celui de qualité supérieure est utilisé dans le secteur aéronautique, notamment dans la fabrication des moteurs d'avions, avec un titane "premium".
Ainsi sur les quelque 240.000 tonnes de ce titane "qualité aéronautique" produites sous la forme d'éponges, de lingots, de produits semi-finis, ou encore de pièces, le Japon en fournit à lui seul 50%, la Russie 30% à 40%, notamment à travers son entreprise VSMPO-AVISMA, suivi du Kazakhstan. L'Arabie Saoudite sera prochainement présente sur ce marché, et va devenir une source de diversification une fois la qualification aéronautique obtenue. Jusqu'au conflit, le secteur aéronautique européen dépendait de 30% à 50% de ses besoins de la Russie. Aux Etats-Unis, Boeing a annoncé sa volonté de se passer des importations russes en se tournant davantage vers le Japon, mais pas avant la fin 2022.
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Cette nécessité de devoir trouver des alternatives pousse les pouvoirs publics à organiser les acteurs pour rationaliser les besoins. "Chaque mardi, une "task force" sur les besoins en métaux réunit les différents acteurs dont le Gifas pour évaluer l'état des stocks et définir à quelle échéance cette filière d'excellence se retrouverait en danger", explique Oriane Chenin, sous-directrice des matériels de transport, de la mécanique et de l'énergie à la Direction générale des entreprises (DGE).
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