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Défense : Macron n'exclut pas de faire appel à l'épargne des Français

latribune.fr

Publié le 21 février 2025 à 06:22 - Mis à jour le 21 février 2025 à 13:00

Pour Emmanuel Macron, un produit d'épargne destiné à « financer certains programmes » de défense serait « une très bonne idée ».

Pour Emmanuel Macron, un produit d'épargne destiné à « financer certains programmes » de défense serait « une très bonne idée ».

Reuters

Le Quotidien Numérique

27 juin 2026

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Le président de la République a dit jeudi qu’il « n’excluait pas » de « lancer des produits d’épargne » et de « faire appel à la nation » pour « financer certains programmes » de défense, alors que l’Ukraine semble bel et bien lâchée par les États-Unis.

Emmanuel Macron appelle à muscler notre défense. C'est ce qu'il a déclaré hier aux forces politiques, puis dans un échange sur les réseaux sociaux avec des internautes autour de la guerre en Ukraine. « On entre dans une époque où chacun d'entre nous doit se demander ce qu'il peut faire pour la nation française et la République », a affirmé le chef de l'État, insistant sur l'idée qu'un produit d'épargne destiné à « financer certains programmes » de défense serait « une très bonne idée ».

La France, qui consacre environ 2 % de son PIB à sa défense, doit-elle aller plus loin et tendre, à l'image de la Pologne, vers les 5 % réclamés par Donald Trump ? « Je ne sais pas si 5 % est le bon chiffre pour la France, mais en tout cas, il va falloir monter. »

Trois ans après le début de la guerre en Ukraine, « on entre dans une ère nouvelle », a souligné le président de la République, qui a tenté de rassembler face à « la menace que représente la Russie pour l'Europe et pour la France ».

« Ça va nous imposer des choix très forts pour nous-mêmes, pour notre défense et notre sécurité », a résumé Emmanuel Macron, au terme d'une heure et quart d'échange en direct sur les réseaux sociaux.

Lors de sa réunion avec les forces politiques à Paris, le président a souligné avoir voulu « sonner un peu le tocsin » face aux « efforts » qui se profilent, alors que la France va devoir « revisiter » ses « choix budgétaires ». Sans se montrer plus précis, il a enjoint les Européens à « augmenter » leurs « efforts de guerre » face à « l'escalade des capacités de nos principaux adversaires ». Dans l'immédiat, le président a également martelé qu'il n'avait pas l'intention d'envoyer des soldats en Ukraine. « Ce qu'on envisage plutôt, c'est d'envoyer des forces pour garantir la paix une fois qu'elle sera négociée », a-t-il précisé.

« Il faut avoir un message très clair (...) L'Europe va devoir être un pilier », a déclaré Marine Tondelier pour Les Écologistes, appelant à « ne compter que sur nous-mêmes ». « La voix de la France et de l'Europe aujourd'hui est assez isolée », a répliqué sur LCI Louis Aliot, qui représentait le Rassemblement national en l'absence de Jordan Bardella, attendu à Washington pour un rassemblement des conservateurs. Du côté des Insoumis, Manuel Bompard a jugé intéressant « d'entendre pour la première fois le président utiliser le terme de non-alignement » vis-à-vis des États-Unis, mais a déploré que l'Alliance atlantique reste perçue comme « une obligation dans l'architecture de sécurité » future de l'Europe.

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Dans la « conversation » avec les internautes, qu'il a promis de rééditer, le chef de l'État, désireux de se placer au centre du jeu européen, à l'heure où Russes et Américains ont commencé seuls des pourparlers de paix, a dévoilé ses angles d'attaque avant sa visite à Donald Trump à Washington lundi.

Convaincre Trump de travailler avec les Européens

« Je vais lui dire : 'Au fond, tu ne peux pas être faible face au président Poutine. Ce n'est pas toi, pas ta marque de fabrique, ce n'est pas ton intérêt' », a expliqué le président français. « Comment ensuite être crédible face à la Chine si tu es faible face à Poutine ? », a-t-il encore fait valoir. « La deuxième chose à dire : 'Si tu laisses l'Ukraine prise par Poutine, la Russie sera inarrêtable pour les Européens', car elle 'va récupérer l'Ukraine et son armée, qui est l'une des plus grandes d'Europe, avec tous nos équipements, y compris les équipements américains. C'est une faute stratégique énorme' », a encore plaidé le chef de l'État, qui veut convaincre Donald Trump que « c'est son intérêt de travailler avec les Européens en ce moment ».

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Négociations sur l'Ukraine : l'Europe écartée par les États-Unis et la Russie

Défendant son homologue ukrainien face aux récentes attaques de Donald Trump, le président a aussi souligné que Volodymyr Zelensky avait été élu par un « système libre », contrairement à Vladimir Poutine. Et « personne n'a le droit de dire : l'Ukraine n'a pas le droit de rentrer dans l'Union européenne, l'Ukraine n'a pas le droit d'entrer dans l'Otan ». Le président a d'ailleurs indiqué sur X avoir parlé à son homologue dans la soirée pour lui faire part de ses contacts avec les partenaires européens « désireux de travailler à une paix durable et solide pour l'Ukraine » et pour « préparer » son déplacement à Washington.

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Le chef de la diplomatie américaine défend les pourparlers bilatéraux menés avec la Russie

Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a justifié jeudi de premiers pourparlers bilatéraux menés avec la Russie en début de semaine, assurant que l'objectif principal de Washington était de vérifier si Moscou était « sérieux » quant à la perspective de mettre fin à sa guerre en Ukraine.

« Je ne peux pas encore répondre à la question de savoir s'ils sont sérieux au sujet de la paix », a déclaré le secrétaire d'État américain à la journaliste Catherine Herridge, dans une interview diffusée sur le réseau social X. « La seule chose sur laquelle nous nous sommes accordés c'est que nous allons parler de paix », a-t-il poursuivi, après sa rencontre avec une délégation russe, dont son homologue Sergueï Lavrov, en début de semaine en Arabie saoudite.

Le chef de la diplomatie américaine a par ailleurs rejeté l'idée d'avoir entamé des discussions avec la Russie sans avoir associé Kiev et les alliés européens de Washington. « Il est injuste de dire que nous n'avons consulté personne à ce propos, » a expliqué Marco Rubio, assurant avoir parlé aux Ukrainiens « tout au long de ce processus, ce n'est aussi pas vrai que nous n'avons pas consulté nos alliés en Europe ».

(Avec AFP)

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