Entre Embraer et Bombardier, c'est la guerre

Michel Cabirol avec agences
Il y a une guerre de titans arbitrée par Organisation mondiale du Commerce (OMC) entre Airbus et Boeing sur la conformité des aides publiques qui leur ont été accordées par les États-Unis et l'Europe. Et puis il y a également le duel entre Bombardier et Embraer, qui se déchirent sur les aides publiques accordées à l'avionneur canadien. L'OMC devrait être saisi par le Brésil.
Ainsi, Brasilia va demander vendredi à l'OMC de mettre en place un groupe spécial de règlement des différends pour se prononcer sur sa plainte selon laquelle le Canada affecte la concurrence dans le secteur aéronautique en subventionnant les CSeries, un avion commercial de 100 à 150 sièges fabriqué par le canadien, a annoncé le ministère brésilien des relations extérieures. Cet appareil pèse d'ailleurs lourdement sur les comptes du constructeur aéronautique et de matériels ferroviaires depuis plusieurs années.
Le Brésil estime que l'appareil CSeries a reçu au total environ trois milliards de dollars (2,55 milliards d'euros) de subventions, a précisé jeudi le ministère brésilien dans un communiqué. Les avions Bombardier concurrencent les E195 fabriqués par l'avionneur brésilien, qui peuvent transporter jusqu'à 146 passagers (E195-E2). Cette affaire fait suite à un conflit entre les deux constructeurs, qui dure déjà depuis des décennies.
Bombardier est également dans le collimateur de Boeing. En mai dernier, le département américain du Commerce a ouvert une enquête sur demande du constructeur américain accusant l'avionneur canadien de vendre à perte ses avions aux États-Unis grâce à des subventions publiques. La Commission américaine du commerce international (ITC) a ouvert une enquête sur d'autres déclarations de Boeing selon lesquelles Bombardier a vendu l'an dernier 75 CSeries à Delta Air Lines en dessous du prix de revient.
Les résultats de Bombardier sont restés dans le rouge au deuxième trimestre avec un recul des ventes et surtout des commandes d'avions. Le groupe canadien a annoncé fin juillet une perte de 296 millions de dollars américains au deuxième trimestre, réduite par rapport à la perte de 490 millions entre avril et juin l'an dernier. Le chiffre d'affaires a baissé de 5%, à 4,1 milliards de dollars et le résultat courant avant impôt et frais financiers est négatif de 123 millions. Bombardier n'a toujours pas engrangé de nouvelles commandes pour ses avions CS100 et CS300 depuis le début de l'année et son programme continue de peser sur les résultats.
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Les retards et le renchérissement du programme ont plombé les comptes du constructeur ces quatre dernières années avec à la clé des milliers de licenciements. Depuis la mise en service commerciale du CS100 il y a un an par la compagnie Swiss, puis en fin d'année dernière du CS300 par Air Baltic, ce sont 16 appareils de la CSeries qui sont en service commercial, dont 6 livrés au cours du deuxième trimestre. Ainsi, le chiffre d'affaires de cette division avions commerciaux a reculé de 16%, à 640 millions de dollars et le résultat courant est négatif de 87 millions, "reflétant l'accélération des cadences de production des avions CSeries", a estimé Bombardier dans son communiqué.
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Bombardier a confirmé ses prévisions pour l'exercice, avec un chiffre d'affaires en hausse de "quelques points de pourcentages" et un résultat courant hors éléments exceptionnels "entre 580 millions et 630 millions de dollars", a indiqué son PDG, Alain Bellemare.
Michel Cabirol avec agences