Bombardier : tensions commerciales entre le Canada et les Etats-Unis

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Le gouvernement canadien a fait savoir qu'il réexaminait les projets d'achat de matériel militaire à Boeing
Le gouvernement canadien a fait savoir qu'il réexaminait les projets d'achat de matériel militaire à Boeing (Crédits : Christinne Muschi)
Le Premier ministre Justin Trudeau a promis vendredi de la détermination et de la fermeté pour défendre les intérêts canadiens face aux rétorsions commerciales américaines sur des produits "Made in Canada", dont le CSeries de Bombardier.

Le Premier ministre Justin Trudeau a promis vendredi de la détermination et de la fermeté pour défendre les intérêts canadiens face aux rétorsions commerciales des Américains. "Nous allons continuer à travailler très durement pour défendre les intérêts du Canada (...) face au caractère injuste des mesures de rétorsions des Etats-Unis", a déclaré Justin Trudeau lors d'un point de presse à Vancouver (Ouest). Le président Donald Trump a imposé fin avril des taxes sur le bois de construction importé du Canada et a menacé d'en faire de même pour les produits laitiers.

Puis jeudi, le département américain du Commerce a ouvert une enquête sur demande du constructeur Boeing accusant Bombardier de vendre à perte ses avions aux Etats-Unis grâce à des subventions publiques. La Commission américaine du commerce international (ITC) a ouvert une enquête sur d'autres déclarations de Boeing selon lesquelles Bombardier a vendu l'an dernier 75 CSeries à Delta Air Lines en dessous du prix de revient.

Sur tous ces dossiers, "nous serons toujours déterminés et fermes" dans la défense des intérêts canadiens, a déclaré Justin Trudeau. "Sur le dossier de l'aéronautique, nous défendrons toujours les entreprises canadiennes et les travailleurs canadiens", a-t-il ajouté.

Mesures de rétorsion contre Boeing

Le gouvernement canadien, qui a fermement désapprouvé l'ouverture de l'enquête américaine, a fait savoir qu'il réexaminait les projets d'achat de matériel militaire à Boeing à la suite des allégations faites par ce dernier au sujet de Bombardier. Le Canada avait dit en novembre qu'il comptait acheter 18 Boeing Super Hornet, une mesure provisoire avant le renouvellement complet de sa flotte de chasseurs. La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, qui a également en charge le dossier commercial avec les Etats-Unis, a menacé de rompre les contrats du gouvernement canadien avec Boeing.

Jeudi, le gouvernement américain avait officiellement lancé le processus de renégociation de l'accord de libre-échange nord-américain (Aléna), dénoncé régulièrement comme étant contraire aux intérêts américains par Donald Trump. La négociation entre le Mexique, le Canada et les Etats-Unis commencera formellement à la mi-août.

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Commentaires
a écrit le 21/05/2017 à 8:48 :
Si les canadiens ne veulent plus des F18 Super Hornet de Boeing, ils peuvent toujours contacter leurs cousins français qui se feront un plaisir de les remplacer par des Rafale.
a écrit le 20/05/2017 à 18:37 :
Houla ! querelle entre deux pays anglo-saxons dont la devise est "nous et rien que nous " , ça peut avoir son piquant .....
a écrit le 20/05/2017 à 11:37 :
Le Canada et le Mexique sont des "otages" US, qui les considèrent comme des vassaux, de vagues structures périphériques manipulées par les américains.
On comprend que le Canada veuille à tout prix un accord avec l'Europe. Le CETA pourrait être une opportunité, mais aux conditions de l'UE. Le Canada doit changer de logiciel, abandonner la "pensée" US pour penser UE. Idem pour le Mexique.
Réponse de le 20/05/2017 à 15:19 :
@valbel89: 1) La raison du plus fort est toujours la meilleure, et la vassalisation s'applique à tous les plus petits, dont la France vis-à-vis de l'Allemagne et des US. 2) Le Canada a beaucoup investi pour se rapprocher aussi de la Chine, c'est-à-dire pour élargir ses possibilités commerciales. Le CETA n'est qu'un volet de cet élargissement :-)
Réponse de le 20/05/2017 à 16:58 :
Malheureusement, on est tous des vassaux des us et de la Chine... l'UE n'existe pas vraiment. Cela n'est qu'un accord politique, juridique, commercial, financier et économique qui a traversé le temps. Pas une nation...

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