Conviés à une retraite informelle, les 27 chefs d’État et de gouvernement des pays de l'Union européenne ont planché pour renforcer la défense de l'Europe, près de trois ans après le début de l'invasion russe en Ukraine et quelques semaines après l'arrivée de l'administration Trump.La France est-elle en mesure de renverser la table et de convaincre les 26 autres pays de l'Union européenne de s'engager davantage sur une plus grande indépendance de l'Europe dans le domaine de la défense ? L'occasion était belle lundi avec cette retraite stratégique informelle, organisée par le président du Parlement européen. Conviés par Antonio Costa à cette réflexion informelle, les 27 chefs d'État et de gouvernement ainsi que le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte (invité au déjeuner) ainsi que le Premier ministre britannique Keir Starmer (diner) avaient rendez-vous pour « un moment extrêmement structurant pour l'avenir de l'Europe », comme l'a souligné Emmanuel Macron à son arrivée au Palais d'Egmont à Bruxelles. Et ce au moment où l'administration Trump bouleverse radicalement les relations internationales en voulant par exemple s'emparer du Groenland, un territoire danois, y compris par la force.
Avec l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, l'Union européenne (UE) doit également recadrer sa relation avec les États-Unis, définir sa posture et les éléments qui vont fonder une nouvelle relation transatlantique tout en identifiant les points de vigilance pour anticiper les effets de surprise de Washington. Interrogé sur la possibilité que les Européens soient contraints d'assurer leur défense sans les Américains, Mark Rutte a qualifié cette hypothèse de « stupide ». « La meilleure chose que l'Occident puisse faire, c'est de rester uni, et je sais que cette vision a son équivalent aux Etats-Unis, y compris à la Maison Blanche », a-t-il assuré.
Les moyens augmentent, pas autant que la menace
Ce rendez-vous à Bruxelles n'avait pas vocation à donner lieu à des conclusions mais à organiser une discussion libre autour d'une série de thèmes dans le domaine de la défense. Une façon pour les 27 de se dire les quatre vérités qu'elles fâchent ou pas sans un relevé de conclusions à la fin. Dans ce cadre, Emmanuel Macron a poussé « les Européens à être plus unis et plus actifs pour répondre à leurs sujets de sécurité collective ». Très clairement, pas de sécurité de l'Europe sans concertation avec les Européens. Le Chef de l'État incite également les Européens à investir davantage dans leur défense et avoir une préférence européenne pour favoriser leur base industrielle et technologique de défense (BITD).