Turkish Airlines est de retour. Après les difficultés rencontrées à la suite de la série d'attentats en Turquie en 2016 -dont celui à l'aéroport d'Istanbul- et la tentative de coup d'Etat, la compagnie turque a retrouvé sa rentabilité impressionnante et reprend son expansion. Sa direction prévoit de faire passer la flotte de 329 avions aujourd'hui à 424 appareils en 2023, un niveau qu'elle prévoyait d'atteindre initialement en 2021.
Pour y parvenir, la compagnie turque a signé ce vendredi un protocole d'accord avec Airbus et Boeing pour acheter 60 gros-porteurs, dont 10 en option, qui lui seront livrés à un rythme soutenu.
Une commande que la compagnie turque va comme à son habitude partager entre Airbus et Boeing. Nouveauté néanmoins. C'est la première fois que Turkish Airlines va commander des gros-porteurs de dernière génération puisqu'elle compte en effet acheter 30 A350-900 et 30 N787-9. Dans ces dernières commandes de gros porteurs, la compagnie avait acheté des A330 et des B777.
D'une taille gigantesque, ce troisième aéroport construit près de la mer Noire, au nord-ouest d'Istanbul, devrait ouvrir en octobre. Doté de six pistes, la nouvelle infrastructure a pour ambition d'accueillir à terme 150 millions de passagers par an (certains parlent même de 200 millions) ce qui en ferait l'un des plus grand aéroport du monde, largement devant l'actuel numéro 1 Atlanta (plus de 104 millions de passagers en 2017), mais au même niveau que le nouvel aéroport de Dubai (il prévoit 160 millions de passagers par an), ou encore de Changi à Singapour qui prévoit une forte augmentation de capacités. A titre de comparaison, Roissy, qui a accueilli 69,5 millions de passagers en 2017, devrait atteindre une capacité maximale de 120 millions de passagers vers 2040, une fois achevées les différentes tranches de la construction du terminal 4, dont une première partie ouvrira en 2024.
Ces ambitions ne sont pas une bonne nouvelle pour Air France. La compagnie turque est au moins aussi redoutable que les compagnies du Golfe. Lors d'une audition au Sénat en début d'année, Jean-Marc Janaillac, le PDG d'Air France-KLM, avait bien noté le retour de Turkish Airlines. En 2018, "les compagnies du Golfe, qui s'étaient un peu calmées repartent à l'offensive, suivies par Turkish Airlines qui s'était mise aussi en sourdine", avait-il indiqué.
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