La loi sur le renseignement, une menace pour la liberté de la presse

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Selon l'Association de la presse judiciaire, les journalistes pourront être victimes d'écoutes téléphoniques ou de recueil en masse de données sans même qu'ils en soient informés puisque par nature cette surveillance et ces captations sont secrètes.
Selon l'Association de la presse judiciaire, les journalistes "pourront être victimes" d'écoutes téléphoniques ou de recueil en masse de données "sans même qu'ils en soient informés puisque par nature cette surveillance et ces captations sont secrètes". (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Selon l'Association de la presse judiciaire (APJ), la loi sur le renseignement "porte atteinte aux droits et libertés des journalistes". Elle a saisi la justice européenne.

L'Association de la presse judiciaire (APJ) a annoncé samedi avoir saisi la justice européenne contre la loi controversée sur le renseignement, qui menace selon elle la liberté de la presse et le secret des sources. L'APJ "a déposé une requête devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH)" contre la loi relative au renseignement, qui "porte atteinte aux droits et libertés des journalistes, dont le sacro-saint secret des sources", a indiqué l'association dans un communiqué sur son site.

Cette action intervient le jour même de l'entrée en vigueur de la loi, annoncée par François Hollande deux mois après les attentats de janvier qui ont fait 17 morts. Cette loi vise à encadrer l'activité des services spécialisés en leur donnant des moyens supplémentaires face aux nouvelles technologies ainsi qu'un cadre légal.

Mais pour l'APJ, "l'ingérence secrète que prépare le gouvernement, par le biais d'écoutes téléphoniques ou de recueil en masse de données, aura pour conséquence d'affecter le droit à l'information de notre société démocratique". En effet, les journalistes "pourront être victimes de ces violations sans même qu'ils en soient informés puisque par nature cette surveillance et ces captations sont secrètes", ajoute l'association.

Des techniques d'espionnage élargies

De la prévention d'attentats à l'espionnage économique, le texte définit un large éventail des missions des services de renseignement ainsi que le régime d'autorisation et de contrôle de techniques d'espionnage (écoutes, pose de caméra ou de logiciel-espion, installation chez les opérateurs de télécommunications de dispositifs pour collecter les données de connexion, etc.).

Fin juin, le Parlement avait adopté définitivement la loi à une large majorité gauche-droite, mais avec des voix dissidentes dans presque chaque groupe. Face à la controverse, François Hollande avait annoncé qu'il saisirait lui-même - fait inédit - le Conseil constitutionnel pour apporter la "garantie" que ce texte est "bien conforme" à la Constitution. "Malgré l'aval constitutionnel de la loi, l'APJ ne peut et ne doit rester inerte devant un tel projet gouvernemental, quels que soient les objectifs affichés", a pourtant indiqué le communiqué de l'APJ.

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a écrit le 04/10/2015 à 23:17 :
Les "grands" groupes de presse étant propriété des milliardaires, il fallait aller jusqu'au bout. Chez nous, c'est fait.
a écrit le 04/10/2015 à 17:48 :
Il y a bien longtemps que le metier de journaliste consiste à copier/coller les communiqués de presse, le plus souvent en faisant du mot à mot. Vite, vite, toujours plus vite. Pas le temps de réfléchir et vérifier. Alors cette loi ne changera rien.
a écrit le 04/10/2015 à 15:52 :
Les libertés républicaines ne sont-elles pas en péril. Si l’Etat peut maltraiter la population, ne devrait-on par des class action empêcher cette malfaisance, on pourrait imaginer une indemnisation des chômeurs alors qu’on ferait de la magie keynésienne ? L’espionnage d’Etat ne nous conduit-il pas vers la stasi et la république de type est-allemand à parti unique qui font des impôts des fonctionnaires et des chômeurs. Ne fait-on pas dans l’insécurité civile et au travail, le sabotage de l’être humain ? L’espionnage citoyen ne devrait-il être indemnisable car toutes les libertés de typa Aron sont abolies. La France pays des droits n’est-ce pas une farce ? Ne devrait-on réaliser des tests de notre totalitarisme ? N’avons-nous pas des salariés précaires au four et au moulin alors qu’on parle de sureffectifs publics ? Aux usa la société renverrait des fonctionnaires chez eux, en France des fonctionnaires ne renvoient-ils pas les citoyens au chômage ? Les fonds de pension seraient réservés aux fonctionnaires.
a écrit le 04/10/2015 à 10:37 :
Il est réducteur (voire nombriliste) de n'évoquer que les conséquences sur la presse de cette loi inique.
L'ensemble des libertés est menacé, tout simplement !
Réponse de le 04/10/2015 à 15:38 :
Tout à fait d'accord.
a écrit le 04/10/2015 à 9:58 :
La encore un gros problème pour la liberté de la presse
Vous savez ceux qui répètent les mensonges des politiques
La liberté des sans dents on s en fout
a écrit le 04/10/2015 à 8:46 :
Pour 150€ leur employeur peux leur acheter un boîtier Square by Vivaction et ils seront protège des grandes oreilles car le coût pour tout décrypter deviendra prohibitif ! Maintenant si ils sont au service d un état comme la plus part des journalistes qu ils se plaignent pas !👹
a écrit le 03/10/2015 à 19:26 :
Je suis au regret de vous annoncer la fin d'une profession: Journaliste.
L'information, c'est devenu l'affaire des "communicants", qui distillent une parole édulcorée, à la limite du mensonge (souvent par omission). L'information, c'est des "éléments de langages"assénés pour qu'ils rentrent dans le crâne du plus grand nombre.L'information, c'est souvent la reformulation des dépêches d'agences.
L'information est inévitablement orientée dans les groupes de presse aux mains de financiers, d'industriels qui font valoir inévitablement leurs intérêts, plus personnels que collectifs (évidemment). L'information, c'est dans le tout et le n'importe quoi d'internet... Dans cet environnement, de plus bien encadré par les nouvelles lois sur le renseignement, être journaliste, avec le risque judiciaire en prime n'est plus une sinécure.
a écrit le 03/10/2015 à 18:40 :
@ BONSOIR : la liberté de la presse quelle liberté ? une presse vendue au grand capital qui fait la pluie et le beau temps ex. LIBERATION .... quelle exemple de liberté ; un exemple je ne parle pas de la presse étrangère ni du "CANARD ENCHAINE" le comprends fort bien que les journalistes se soumettent pour éviter d'être licenciés mais de grâce arrêtez de nous jouer vierge et martyr !
a écrit le 03/10/2015 à 16:51 :
La priorité reste ceux qui nous menacent, comme la dernière agression manquée dans un train qui aurait virer à un massacre de plusieurs dizaines de passagers.
Lors des dernières prises d'otages, certaines chaines ont dépassé les bornes en allant trop loin et en mettant en péril les actions des forces de l'ordre!
Ces chaines n'ont d'ailleurs de presse que le nom. Elles ne font pas que dans le micro-trottoir, mais aussi le micro-égout!
Ensuite les intégristes sont présent sur les réseaux sociaux, blogs et forums et apparemment maitrisent bien le sujet!
C'est la guerre, et le pire est à venir! Bien que je sois un fervent défenseur des libertés, une seule priorité la sécurité des citoyens, de l'économie et la défense française, le liberté peut attendre!
Je fais confiance à l'Assemblée, au Sénat et au Conseil Constitutionnel!
Réponse de le 04/10/2015 à 11:13 :
"Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux", disait Benjamin Franklin.
C'est exactement ce qui nous arrive et j'ai du mal à vous croire quand vous assurez que vous êtes un fervent défenseur des Droits de l'Homme. En regardant qui est exlu du champ d'application de cette loi sur le renseignement, pourquoi les Parlementaires s'en sont-ils exclus ? Un élu serait donc intrinsèquement honnête mais un médecin, un journaliste, un policier, un juge, etc... resterait un terroriste potentiel ?
Que dire également de la situation "d'urgence absolue" mentionnée par la loi et qui permet de s'affranchir de tout pour écouter n'importe qui dès lors que le Premier Ministre le décide ? On a vu sous Mitterrand où la concentration des pouvoirs pouvait mener.
Cette loi établit donc une aristocratie qui se positionne à l'inverse des droits de l'Homme car si le but était réellement de renforcer la lutte anti-terroriste, il aurait suffit de renforcer les compétences des services de renseignements au travers essentiellement des échanges d'informations entre eux ainsi qu'avec leurs homologues étrangers.
B. Franklin a raison, on a perdu notre liberté (mais soyez rassuré, celle des membres de l'Assemblée Nationale et du Sénat - ceux en qui vous avez confiance - est préservée).
a écrit le 03/10/2015 à 15:50 :
Nous aussi, en tant que lecteurs, nous pourrions nous interroger sur la soi-disant liberté de la presse, jusqu'à quel point celle-ci sera affectée ou pas. À ce propos (pas sur la loi sur le renseignement mais sur la censure qui est imposée aux médias occidentaux) le journal britannique "The Guardian" dresse, dans un article signé Jonathan Steele, un bilan accablant du filtrage de l'information de nos véhicules de presse au profit de la propagande d'État.

Pourquoi donc nos journalistes ne suggèrent-ils au gouvernement qu'il existe une ou deux sources "officielles" pour la propagande d'État, tout en gardant d'autres sources libres dans leur liberté d'expression ? Pour ceux qui veulent connaître cet article de J. Steele, en voici le lien:
www.theguardian.com/commentisfree/2012/jan/17/syrians-support-assad-western-propaganda
Réponse de le 04/10/2015 à 0:21 :
@Claire de Lille
Où Claire de Russie (troll)?

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