La 55e édition du Salon du Bourget n'est pas encore finie. La visite du président de la République vendredi promet encore quelques annonces, et les trois journées grand public devraient encore attirer 170 000 personnes dans les travées du plus grand événement aéronautique mondial qui fermera ses portes dimanche soir. Pourtant, il est déjà temps de dresser un premier bilan.
Début juin, Guillaume Faury, président exécutif d'Airbus et président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), promettait des commandes avec « un environnement très dynamique », tout en prévenant que cela ne sera pas de la même envergure qu'en 2023 où la barre des 1 000 commandes fermes avait été franchie tous constructeurs confondus. Et il est clair que cette édition 2025 est loin du compte.
Dans un salon dominé par la défense, il n'a pas été aisé pour les avions commerciaux à nez rond, d'exister face aux chasseurs à nez pointu et surtout tout le nouvel arsenal des conflits actuels et futurs : drones kamikazes, moyens à très haute altitude ou encore avions spatiaux. C'est un véritable renversement par rapport aux précédentes éditions du Salon international de l'aéronautique et de l'espace - et des autres salons internationaux - où le match Airbus-Boeing faisait vibrer les foules à coups d'annonces faites de centaines d'avions et de dizaines de milliards de dollars.
La mise en retrait de Boeing après la catastrophe d'Air India a forcément contribué largement à cela. Si l'on a pu penser un temps que l'avionneur américain annoncerait tout de même quelques contrats via des communiqués, il n'en a rien été. Il a limité sa présence au maximum, sans son directeur général Kelly Ortberg, tandis que la patronne des Avions commerciaux, Stephanie Pope, se rendait en Inde en urgence. Seules quelques conférences militaires et spatiales ont été assurées. Sans être grandiose en 2023, Boeing avait tout de même enregistré 266 commandes à l'époque.