En pleine montée des cadences, l'industrie aéronautique surveille de très près les progrès de l'intelligence artificielle. Airbus, Daher, Siemens, Tata… la technologie est sur toutes les lèvres depuis l’ouverture de la 55e édition du Salon du Bourget.Caméra postée sur son museau, le chien robotisé scanne les roues du train d'atterrissage. En quelques secondes, il détecte deux défauts grâce à une intelligence artificielle entraînée sur un historique de photos de défaillances aéronautiques. L'information est immédiatement envoyée aux techniciens de maintenance. En enfilant un casque de réalité virtuelle, ces derniers voient une flèche rouge pointer précisément les défaillances sur la roue et les outils nécessaires à la réparation surgissent dans l'image projetée sous leurs yeux.
« Je n'ai pas de meeting qui ne démarre pas en parlant d'IA »
La scène n'appartient pas à un scénario de science-fiction mais se déroule dans le chalet de Tata Consultancy Services (TCS), la filiale technologique du géant indien, qui a validé la faisabilité de cette technologie. Depuis l'ouverture de la 55e édition du Salon aéronautique du Bourget, l'IA est sur toutes les lèvres des exposants. « C'est le sujet du moment dans l'industrie. Je n'ai pas de meeting avec un client qui ne démarre pas ou ne finit pas en me demandant ce que nous faisons en matière d'intelligence artificielle, ce qui était moins le cas lors de la dernière édition du salon il y a deux ans », fait remarquer Jean-Marie Saint-Paul, directeur de département au sein de Siemens.
Pionnier sur le sujet depuis de nombreuses années, le conglomérat allemand se targue d'être « le premier émetteur de brevets dans le domaine de l'IA en Europe avec 1 400 brevets par an ». Le groupe s'appuie sur l'intelligence artificielle par exemple pour faciliter la conception des faisceaux électriques utilisés dans les aéronefs. Un avion est composé de centaines de kilomètres de câbles. « Plutôt que de dessiner le câble, il est possible de donner à l'IA les contraintes techniques et ensuite l'outil va générer automatiquement le faisceau de câbles optimal », décrit Jean-Marie Saint-Paul. Siemens, qui équipe la moitié des automates industriels de France, fait également appel à l'intelligence artificielle pour assurer la maintenance prédictive des machines et éviter les pannes.