Dans la lutte que se livre chaque année Airbus et Boeing pour la place de premier avionneur mondial, le seul résultat qui compte véritablement est celui au 31 décembre. Pourtant, un événement comme le salon du Bourget semble en mesure de modifier la donne. L'avantage pris par l'avionneur européen sur ses terres est indéniable. Mais il ne faut pas oublier que Boeing avait pris de l'avance durant les premiers mois de l'année. Pour y voir plus clair, La Tribune fait un bilan sur ce premier semestre qui est...Le Bourget ou comment quintupler ses commandes en l'espace de trois jours. Cela pourrait résumer le salon vécu par Airbus. Avec seulement 178 commandes brutes à fin mai, le constructeur européen était en retard par rapport à Boeing d'une cinquantaine d'appareils. Surtout, il apparaissait loin de son propre temps de passage l'an dernier quand il cumulait déjà 364 commandes.
Pourtant ce décalage est à relativiser. Tout d'abord, le chiffre de l'année dernière était exceptionnel, avec un phénomène de rattrapage post-crise et le besoin pour les compagnies aériennes de prendre des positions de livraisons sur le moyen-courrier pour reconstituer leurs capacités face aux perspectives de trafic retrouvées. À titre de comparaison, en 2018, ce chiffre à fin mai était de 168 appareils pour Airbus.
Les effets d'annonces sont encore de mise
Ensuite, il y a l'effet Bourget. Toutes les « années Bourget », qui se déroulent tous les deux ans en alternance avec le show britannique de Farnborough, le score d'Airbus à fin mai est plutôt faible en vue. Et ce, dans le but d'annoncer un maximum de commandes pendant le salon. Cela se solde en général par un bon score à la fin de l'année. Et Guillaume Faury, président exécutif d'Airbus, a beau avoir déclaré au Paris Air Forum que « l'habitude de tout concentrer au moment des salons a été un peu perdue » et qu'il n'était « pas sûr que nous ayons exactement la même dynamique qu'avant le Covid », le constructeur européen a encore une fois reproduit ce schéma bien rodé.
Et pour cause, il a terminé le salon du Bourget avec 801 appareils commandés. Surtout qu'il faut encore y ajouter sept A350 commandés début juin, ainsi que 70 avions, dont 10 A350, comme l'a annoncé Christian Scherer, directeur commercial du constructeur européen, juste avant le salon. Ces appareils, dont les acheteurs sont encore confidentiels pour l'instant, seront comptabilisés dans le bilan de juin.