Le Canada coule les FREMM de Naval Group et Fincantieri

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Naval Group et Fincantieri se sont engagés sur une offre de 30 milliards de dollars pour la construction de quinze frégates à la marine canadienne. Cette proposition permet d'économiser au Canada plus de 30 milliards de dollars.
Naval Group et Fincantieri se sont engagés sur une offre de 30 milliards de dollars pour la construction de quinze frégates à la marine canadienne. Cette proposition permet d'économiser au Canada plus de 30 milliards de dollars. (Crédits : Naval Group)
Le Canada ne souhaite pas examiner l'offre commerciale de Naval Group et Fincantieri, qui promettait pourtant à Ottawa une économie de plus de 30 milliards de dollars pour la construction de quinze frégates.

Le coup de poker de Naval Group et de son partenaire italien Fincantieri a fait pshitttt au Canada. Le gouvernement canadien a annoncé mardi dans un communiqué que "les propositions soumises en dehors du processus concurrentiel établi ne seront pas prises en considération". En clair, l'offre soumise par les deux chantiers navals européens en dehors de l'appel d'offres lancé par Ottawa est nulle et non avenue. Ottawa a expliqué s'être engagé "à mener des processus d'approvisionnement qui sont ouverts, équitables et transparents" pour acquérir quinze nouvelles frégates dans le cadre du programme NCC (navires de combat canadiens).

"Établir un processus de soumissions et d'évaluation qui s'applique à tous les soumissionnaires éventuels et s'y conformer est une composante indispensable d'un processus d'approvisionnement ouvert, équitable et transparent. Il est impossible d'évaluer des propositions de manière uniforme et efficace sans exigences harmonisées et critères communs. Le fait de présenter une proposition non sollicitée tout juste après la fin du processus concurrentiel compromet le fondement équitable et concurrentiel de ce processus d'approvisionnement et révèle la possibilité d'un arrangement de contrat à fournisseur exclusif", a expliqué le gouvernement canadien.

En dépit de ces règles de bonne conduite, le Canada n'est pas toujours exempt de reproches. Ainsi, fin 2013, après quatre ans d'un long processus portant sur l'achat de véhicules blindés, le gouvernement canadien avait décidé d'annuler ni plus, ni moins le programme CCV (close combat vehicles) évalué à 2 milliards de dollars. Le Canada avait justifié sa décision en indiquant que les blindés ne faisaient plus partie des priorités d'acquisitions. Ce qui avait provoqué la colère de Nexter, l'un des favoris de la compétition, qui avait investi dans cette campagne plusieurs millions de dollars, en pure perte.

Le tour de passe-passe du Canada

Pourtant, le processus lancé par Ottawa ne semble ni équitable, ni transparent car le Canada et Irving ont changé les règles en cours de procédure pour donner sa chance à BAE Systems, allié à Lockheed Martin Canada. Ce que le gouvernement canadien et Irving expliquent sans état d'âme. "Un processus de pré-qualification ouvert et concurrentiel a été lancé en août 2015 afin de choisir des soumissionnaires éventuels", a souligné le gouvernement. En juillet 2016, ce processus a été rouvert pour "offrir à d'autres entreprises intéressées la chance de participer", en assouplissant les règles. Car BAE Systems n'avait pas "un navire de guerre existant", comme le demandait initialement le Canada. La future frégate britannique T-26 était jusqu'alors un projet de papier.

Les nouvelles règles ont permis de vérifier que "les soumissionnaires éventuels possédaient l'expérience nécessaire pour mener à bien un vaste projet de conception de navires de guerre d'une telle complexité". Le processus a pris fin en octobre 2016, et il en a résulté la préqualification de 12 soumissionnaires, avec qui le gouvernement et Irving Shipbuilding ont depuis collaboré "pour élaborer une demande de propositions (DP)". Cette DP comprend un plan détaillé pour l'évaluation, des critères d'évaluation et un processus de présentation de soumissions. Les candidats avaient jusqu'au 30 novembre pour présenter une offre commerciale ou non. Naval Group et Fincantieri ont préféré une autre voie.

Une économie de 32 milliards de dollars jetée à la mer

Naval Group et Fincantieri proposent une offre commerciale garantissant une économie de 32 milliards de dollars, par rapport à l'évaluation d'Irving (62 milliards). "Cette affirmation est loin d'être évidente", a expliqué le communiqué. Mais comment balayer de la sorte et aussi rapidement une économie de plus de 30 milliards de dollars? Les contribuables canadiens mais aussi Justin Trudeau, qui devrait y regarder à deux fois, auraient le droit de s'en émouvoir.

D'autant qu'a affirmé Ottawa "toute proposition qui est soumise en dehors du processus concurrentiel établi ne sera pas prise en considération". Comment peut-on expliquer de facto que l'offre commerciale de Naval Group et Fincantieri est "loin d'être évidente" sans prendre le soin de l'étudier. Cette affirmation du gouvernement canadien est loin d'être évidente. Pour autant, le Canada a rappelé à raison que "le budget d'un projet de navires de guerre comprend bien plus que la livraison des navires". Il englobe également les coûts des travaux de conception et de définition, de l'infrastructure, des pièces de rechange, de la formation, des munitions... "En règle générale, l'acquisition proprement dite des navires ne représente qu'environ 50 % à 60 % de l'ensemble du budget du projet", a estimé le communiqué. Certes, mais envoyer par le fonds et sans discuter une offre permettant une économie de plus de 30 milliards d'euros est très surprenant pour ne pas dire plus...

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Commentaires
a écrit le 09/12/2017 à 15:51 :
Et on a signé avec le Canada un traité de libre échange. Trop drôle...
a écrit le 09/12/2017 à 14:51 :
Dommage pour eux, mais le fait qu'ils est changer l'appel d'offre pour permettre a BEA systeme dè concourir, én dit beaucoups sur la concurance dans ce type de marcher "...
Personnellement, je ne croyais pas que nous pouvions avoir espoirs d'une opportunité... Je crois que la France et l'Italie doivent bien comprendre que le Canada ne nous fera pas de cadeau...... J'espère que nous n'oublierons pas cette attitude....
a écrit le 08/12/2017 à 15:12 :
Airbus aide Bombardier pour vendre les avions de la série C: CS 100 et CS 300 !! ou sont Macron / Merkel / ... pour retirer l' aide Airbus au constructeur Canadien ? en sachant que les Fremm sont d'excellentes frégates (si non les meilleurs sur le marché) et moins chères que les navires concurrents.
a écrit le 08/12/2017 à 7:07 :
Le Canada fait ses commissions presqu'exculsivement chez les Fives Eyes, c'est à-dire les USA, la GB, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Ces pays pourraient lui vendre n'importe quoi, elle l'achèterait sans état d'âme comme ses vieux sous-marins britanniques qui n'ont jamais été opérationnels ou encore des avions militaires CF-18 australiens aussi vieux que ses propres avions. Ce gaspillage de l'argent public se compte en plusieurs vingtaine de milliards alors que le pays fait face un déficit d'une somme équivalente. Les contribuables canadiens, lorsqu'ils réveilleront, devraient se poser la question sur la gestion de leur argent par leur propre état.
Réponse de le 09/12/2017 à 14:53 :
Je suis du même avis, ce pays n'achète que dans les pays anglican...
a écrit le 07/12/2017 à 21:47 :
Les Européens feraient bien de revoir la décision d'Airbus de soutenir Bombardier contre les Américains !
a écrit le 07/12/2017 à 19:34 :
Et c'est avec ces zozos là qu'on a signé un accord de libre échange.... ça promet.
a écrit le 07/12/2017 à 18:41 :
et l europe ouvre les vannes au canada pour envahir l europe de produits agricole qui contiendront des substances interdites en france et en europe

ca me debecque mais ca plait au politique de se faire......................i
a écrit le 07/12/2017 à 16:54 :
C'est pas bien grave, naval group ex-DCNS est fournisseur de BAE pour le T26, un petit monde tout ça... Ca s'appel l'occident...
"https://www.youtube.com/watch?v=F4mGXpRBS_c"
a écrit le 07/12/2017 à 14:04 :
Pourquoi fallait-il se presser pour accepter le CETA ? Quelles sont les relations que souhaitent privilégier le Canada de Justin Trudeau ?
a écrit le 07/12/2017 à 13:54 :
"les propositions soumises en dehors du processus concurrentiel établi ne seront pas prises en considération": comme c'est bien pratique pour ne pas aavoir à dire: on acheter US meme si c'est pas mieux et plus cher
a écrit le 07/12/2017 à 13:49 :
Le marché des armes est fait de pots-de-vin, de rétrocommissions...Pour les payer, il faut que les prix soient élevés. Dont acte. Le marché pour ces frégates n'est pas une exception. Il est la règle... mafieuse.
a écrit le 07/12/2017 à 12:08 :
Si l' aspect financier et technologique, la frégate BAE n' est que sur le papier, quel est le critère de sélection.....Macron devra en être informé au moment de valider le Céta .
Réponse de le 07/12/2017 à 15:32 :
Mais Macron a validé le CETA et il devrait poser la question à Justin !
Réponse de le 07/12/2017 à 16:55 :
Ben oui, un petit coup de canif dans le CETA, juste pour marquer que l'on n'aime pas se faire pigeonner sans réagir....
a écrit le 07/12/2017 à 10:56 :
Quand la logique ne relie plus les causes aux conséquences, c'est qu'il y a un loup, or refuser une offre qui propose 30 milliards d'économie, alors qu'un appel d'offre a été lancé pour précisément en faire, est constitutif d'un dysfonctionnement de réalité, donc quelque part il y a corruption.
a écrit le 07/12/2017 à 10:03 :
Vous imaginez avec le CETA, les futures "affaires" !
a écrit le 07/12/2017 à 7:54 :
Quand on voit les sommes en jeu... Trouille de Trump, corruption : les Canadiens sont t-ils vraiment nos cousins ?
a écrit le 07/12/2017 à 7:52 :
Les contribuables ne risquent pas d'etre choque puisque l'information n'est apparu nulle part dans les grands medias nationaux (cbc news, G&M) si je ne m'abuse.
Grosse deception vis-a-vis des liberaux et de Trudeau, et dommage pour les soldats canadiens dont l'equipement et bien souvent vetuste et risque de le rester du fait de ces processus d'acquisition biaises.

"Pas assez cher mon fils"
Réponse de le 07/12/2017 à 9:19 :
Au moins c'est clair, et ils ne perdront pas leur temps à essayer de leur vendre les navires. Le Canada est de toute façon une chasse gardée US ne leur en déplaise. Les USA viendront y chercher leur eau de gré ou de force dans peu de temps, le jour proche où les USA n'en auront plus

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