Canada : pas de F-18 si Boeing persiste dans sa plainte contre Bombardier

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Nous ne ferons pas affaire avec une compagnie (Noeign, ndlr) qui s'acharne à nous poursuivre et à évincer du marché nos travailleurs de l'aéronautique, a menacé le Premier ministre canadien Justin Trudeau
"Nous ne ferons pas affaire avec une compagnie (Noeign, ndlr) qui s'acharne à nous poursuivre et à évincer du marché nos travailleurs de l'aéronautique", a menacé le Premier ministre canadien Justin Trudeau (Crédits : Christinne Muschi)
Dilemme pour Boeing au Canada. Si le groupe américain continue de réclamer des droits anti-dumping, il verra s'envoler une commande de F-18. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a reçu le renfort de la Première ministre britannique Theresa May.

Ce sera donnant-donnant pour le Canada. Si Boeing poursuit sa plainte contre Bombardier, il n'y aura pas d'achat de F-18 par le Canada. Très clairement le gouvernement canadien n'achètera pas de chasseurs Super Hornet de Boeing si celui-ci persiste à réclamer des droits anti-dumping au constructeur canadien Bombardier, a confirmé lundi le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, dans une déclaration

"Nous avons examiné le Super Hornet de Boeing dans le cadre du remplacement de notre flotte de chasseurs (...) mais nous ne ferons pas affaire avec une compagnie qui s'acharne à nous poursuivre et à évincer du marché nos travailleurs de l'aéronautique", a averti Justin Trudeau lors d'une conférence de presse. "Si Boeing continue d'insister à vouloir éliminer des dizaines de milliers d'emplois au Canada en s'attaquant à Bombardier, il ne devrait pas s'attendre de notre part, comme gouvernement, à ce que nous lui achetions des avions", a-t-il poursuivi.

Il y a près d'un an, le gouvernement canadien avait prévu d'acheter 18 Super Hornet pour remplacer une partie de sa flotte vieillissante de F18 et en attendant de relancer un nouvel appel d'offres afin de moderniser ses avions de combat. Mais le gouvernement de Justin Trudeau a menacé d'annuler la commande si Boeing, avec l'aide du gouvernement américain, persistait à réclamer des droits anti-dumping sur les avions civils CSeries de Bombardier.  Au printemps, Boeing a accusé Bombardier de vendre son CSeries à un prix bien inférieur à son coût de fabrication et d'avoir reçu plus de trois milliards de dollars de subventions publiques.

Renfort de Theresa May

Justin Trudeau a reçu l'appui de son homologue britannique Theresa May lors de leur rencontre lundi. "J'ai déjà soulevé la question avec le Président (Donald) Trump lors d'un appel téléphonique la semaine dernière. Et je le ferai à nouveau lorsque je le rencontrerai plus tard cette semaine" à New York, a déclaré Theresa May, insistant sur l'importance de Bombardier en Irlande du Nord. Bombardier est un des principaux employeurs en Irlande du nord, avec près de 8.000 personnes, dont 4.200 pour les seules activités aéronautiques dont la majeure partie dans son usine de Belfast où sont fabriqués les ailes et des éléments du fuselage du CSeries.

Les États-Unis, qui ont autorisé la vente des F-18 au Canada, doivent le 25 septembre décider d'imposer ou non des droits anti-dumping à Bombardier pour la commande de 75 avions CSeries par la compagnie Delta Air Lines. Boeing accuse Bombardier d'avoir vendu chaque CS100 à 19,6 millions de dollars américains (16,3 millions d'euros) pour un coût de fabrication de 33,2 millions de dollars.

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Commentaires
a écrit le 19/09/2017 à 15:40 :
Bon courage au Canadiens, c'est une sacrée claque pour les US.
Réponse de le 22/09/2017 à 16:48 :
Une claque pour les américains ? Ils cartonnent partout avec leur F-35 ! Une claque pour Boeing tout au plus et encore rien n’est joué. Le rafale alors, mais c’est un ovni du siècle passé largement inférieur au F-35 et pas vraiment beaucoup moins cher.

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